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[Egypte/Magie égyptienne] La Magie en Egypte Ancienne
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van-wolf
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MessagePosté le: Mar Fév 14, 2006 12:48 am    Sujet du message: [Egypte/Magie égyptienne] La Magie en Egypte Ancienne Répondre en citant



Pour faire la synthèse d'un concept eb réalité fort complexe, nous pouvons dire que la magie est un système de croyances, d'idées et de rituels grâce auquel l'homme pense pouvoir influencer l'univers environnant. La perception antropomorphique des forces naturelles a fait jaillir des idées magiques organisées afin de prendre une forme plus concrète et rationelle. Cette forme déjà dévellopée au Néolithique, était la religion. Pour cette raison, en Egypte, la religion et la magie sont toujours liées. En recitant une formule magique, l'homme imagine qu'il exerce une influence directe sur le cosmos. Avec la prière, en revanche, il implore l'intervention d'un dieu. Il convient de mentionner ici une différence importante entre l'Egypte et les autres cultures de l'Antiquité. En Egypte, l'homme n'était pas le simple relais de transmission du pouvoir divin. Il était lui-même détenteur de ce pouvoir grâce à la connaissance des formules magiques.

Ceci était la conséquence logique de la foi que vouaient les Egyptiens au pouvoir créateur du verbe, parlé ou écrit. Ils élaborèrent des concepts magico-religieux qui reposaient sur des raisonnements absolument logiques et que sous-entendait leur foi en l'existence de forces supérieures. Par ailleurs, leur prétendue puissance magique est sans fondement car leurs propes textes révèlent qu'aucun miracle ne peut se produire au sein du monde matériel.

Il est possible de distinguer une magie "spirituelle" et proche de la religion(à laquelle elle était d'ailleurs inextricablement associée), d'une magie pétrie de naïveté (pour les classes populaires). Pour les Egyptiens, elles n'existaient nullement si ce n'est dans l'opinion de certains individus. La magie que l'on appellait heka comme le dieu Héka qui en était la personnification, était étroitement liée non seulement à la religion, mais aussi à la science (et notamment à la medecine). En ce concerne lesu tilisation "pratiques" de la magie, nous allons voir qu'elle pouvait être protectrice, créatrice ou offensive. Si les deux premières finalités étaient assez courantes, la troisième était plutôt rare.

La magie protectrice était la plus ancienne et comprenait toutes les pratiques visant à anéantir le pouvoir des forces négatives. Il existait pour cela des formules, et des amulettes adaptées à toutes les occasions. Magie et religion étaient liées même dans ces cas. En effet des amulettes (aspect magico-religieux) pouvaient être employées contre des animaux dangereux et des prières (aspect purement religieux) adressées à des divinités protectrices spécifiques.
Dans le domaine de la médecine (voir la magie utilisée en médecine), la magie était principalement utilisée au sein des classes populaires. Cependant, les médecins connaissaient les causes matérielles des maladies et dans les différents papyrus madicaux qui nous sont parvenus, l'examen clinique ou la chirurgie sont rigoureusement scientifiques et bien distincts des pratiques magiques. Les remèdes sont donc empiriques. Toutefois, derrière les effets physiques observables, il pouvait y avoir des causes métaphysiques qui échappaient à l'examen médical. Dans ce cas, un autre expert intervenait pour les identifier ; elles pouvaient être liées à la colère d'un divinité, à des esprits malins, ou à des défunts mécontents. Le spécialiste devait repousser les causes négatives de la maladie avec les formules appropriées. Souvent, le médecin et le mage n'étaient qu'une seule et même personne, et au remède concret, chirurgical ou pharmacologique, était ajouté le remède métaphysique : la récitation de formules adaptées. Il est fort probable que l'expérience des médecins égyptiens a du leur permettre de prendre conscience du pouvoir de l'effet placebo, preuve que la foi en une formule peut aider la guerison.
Les statues guérisseuses de la Basse Epoque (Harpocrate, cippes d'Horus, Khonsou), couvertes d'inscriptions avaient pour fonction de guérir le malde qui buvvait l'eau que l'on avait fait couler sur elles, l'imprégant ainsi du pouvoir des inscriptions. Ce concept se perpetua ensuite dans une pratique largement répandue en Nubie : des versets du Coran étaient inscrits sur des feuilles de papier, et l'eau était bue après avoir parcouru les lignes d'écriture.
Toujours dans le domaine de la magie protectrice, il convient de mentionner les pratiques utilisées au services de l'Etat et du pays afin d'assurer la sécurité des frontières. Des images de prisonniers figuraient dans des textes alignant des malédictions et étaient frappées, endommagées ou détruites. Mais les pharaons savaient que ces pratiques n'étaient efficace que lorsqu'elles étaient associées à d'importantes expéditions militaires et à de dures batailles.

En ce qui concerne la magie créatrice, on la rencontre partout, notamment dans l'au-delà. Que l'on songe un instant aux rituels qui, par magie, devaient procurer la nourriture du défunt ou lui permettre de commencer une nouvelle vie dans l'au-delà ; aux statues qui devaient fournir un corps de rechange au défunt ; aux images d'aliments qui, sous les yeux du défunt, devaient évoquer les objets réels ; aux innombrables représentations sereines d'outre-tombe, censée se réaliser grâce à la simple réciation de formules adaptées.

La magie offensive était beaucoup plus rare et n'interressait que les couches les plus basses et les plus supersticieuses de la population, qui pouvaient s'en remettre aux sorciers pour porter préjudice à d'autres personnes. Des figurines de cire étaient utilisées pour jeter des sorts, ainsi que des rites fort peu différents de ceux que l'on prescrit encore de nos jours pour profiter de la crédulité populaire.

Pour conclure, nous pouvons dire que la magie egyptienne ne fut qu'un ensemble complexe d'interactions entre la foi religieuse et l'espérance que suscite l'inconnu, ce lieu où la vie échappe à l'homme. Les pouvoirs fabuleus de la magie egyptienne existèrent uniquement dans l'imagination de ceux qui, en visitant l' Egypte à l'Epoque Hellenistique et, plus encore, à l'Epoque Romaine, s'interressèrent à la culture levantine. (en particulier babylonnienne), transplantée à Alexandrie. Les hiéroglyphes furent considérés comme les sources de connaissances mystérieuses. Les rites des Mystères, comme ceux prescrits dans le cadre du culte d'Isis furent élaborés par les cultures levantine, grecque et romaine, puis attribués à l'Egypte, dont les vrais secrets, souvent d'une grande spiritualité, étaient alors oubliés.

source :dossier enregistrer
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§ Tite Jenny §
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MessagePosté le: Sam Mar 04, 2006 6:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Donc d'après ce que tu dis la relation magico-religieuse était fort importante dans le monde égyptien mais les dieux, eux, font partit de quel partie, la magie ou la religion?? Parce qu'il est vrai que les égypteins avait dotés les dieux de pouvoirs, par exemple, Osiris qui était le dieu de la fertilité et du développement végétal avait, d'après les égyptiens le "pouvoir" de rendre leur terre fertile ainsi de rendre leur culture plus riche, donc il y a vraiment confusion!!


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van-wolf
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MessagePosté le: Sam Mar 04, 2006 8:51 pm    Sujet du message: Répondre en citant

je pense que les dieux ete plus du domaine religieux mais ceux qui les venerait voyait en eux la magie qu'il pratiquait un peut comme nous avec nos croyance .
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Horapollon
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MessagePosté le: Sam Mar 04, 2006 9:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Il faut bien un intermédiaire entre les hommes et les pouvoirs magiques, c'est parfois ce que l'on apelle un dieu.

Un exemple de texte qui figurait sur les cippes d'Horus:

Hommage à toi,
Dieu, fils du dieu(bon);
Hommage à toi,
Chair,
Fils de chair;
Hommage à toi,
Taureau, fils de Taureau,
enfanté par la vache divine;
Hommage à toi,
Horus sortant d'Osiris,
enfanté par la déesse Isis,
je parle en ton nom,
j'agis par ta puissance,
ma parole est dans ta parole,
mes vertus dans tes vertus;
tu as créer ton oeuvre
...par ta bouche(ta parole)
ton père Seb ta prescrit son nom,
ta mère Nout t'assiste
pour fermer la bouche
à tous reptile;
Viens à l'Edorosi
en ces jours,
garde le
du venin
de tous serpents,
tous reptiles,
tous scorpions,
du ciel et de la terre.




Les cippes d'Horus représentent la victoire de la lumière sur les ténèbres, du verbe sur la confusion, de l'ordre sur le chaos, de la vie sur la mort, de la jeunesse sur la décrépitude, du bien sur le mal, de la vie sans cesse régénérée.

On comprend pourquoi celà était utilisé comme phylactère pour protéger les nouveaux-nés pendant toute leur existence.

C'est vraiment une philosophie inspiratrice.

Mais bien sûr comme à notre époque il y avait les superstitieux, les grands spirituels et les septiques, et chacun possède à sa manière sa propre magie.


Smile
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van-wolf
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MessagePosté le: Sam Mar 04, 2006 9:51 pm    Sujet du message: Répondre en citant

merci pour cette aport tres constructif sur le sujet .
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Galanodel de Bray
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MessagePosté le: Sam Mar 04, 2006 10:14 pm    Sujet du message: Répondre en citant

C'est très interessant, j'adore l'égyptologie, donc, si je comprend bien, la magie et la religion étaient deux chose dissossiables dans l'égypte ancienne?
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MessagePosté le: Sam Mar 04, 2006 10:57 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
C'est très interessant, j'adore l'égyptologie, donc, si je comprend bien, la magie et la religion étaient deux chose dissossiables dans l'égypte ancienne?

Pour le peu qu’on en sait, c’était plutôt le contraire ; le "spirituel" et le "profane", ainsi que la vie et la mort étaient intrinsèquement liés et surtout omniprésents dans la vie des anciens égyptiens.
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MessagePosté le: Dim Mar 05, 2006 1:02 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Guère de choses ont changés depuis; la figuration d'Horus piétinant les crocodiles se retrouve dans saint george tuant le dragon.

Et les pratiques magiques n'ont guère évoluées.

Déjà il faut avoir conscience qu'il y avait les grands dieux certes mais aussi des innombrables semi-dieux ou génies des foyers.

Bès faisait partit de cette catégorie prisée par le peuple car il répondait directement aux attentes des plus humbles.
On pourrait aussi parler des amulettes (Le terme "heka" est employé pour désigner les textes et les formules magiques inscrites sur les amulettes...)perçues comme des symboles, le pilier djed, le noeud d'Isis, l'oudjat, le scarabé, etc...

Il ne faut pas perdre de vue non plus que la pensée à évoluée(pas forcément en bien) au cours de la longue histoire de l'égypte antique.

Sinon on peut dire que la magie égyptienne sur le tard, c'était un peu comme aujourdhui, un peu de tout et de n'importe quoi, des maléfices pour blesser untel, des demandes de désespérés, sous forme de formules de statuettes etc...ce qui s'apparente souvent à de la superstition.

Il faut dire aussi que parler de religion n'a de sens que pour nous, ce n'était pas l'esprit d'un egyptien.
Donc c'était indissociable bien que les utilisations profanes et sacrés sont différentes car appartenant à des classes sociales différentes, alors disons que seuls les moyens changent.

La magie est universelle et heka représente le potentiel primordial dont fût investi le dieu créateur au commencement des temps, "avant que la dualité fût".
C'est la force de la vie et la médecine en est sa véritable représentation, d'ailleurs parfois heka est représentée par un dieu tenant des serpents...



Hiéroglyphe héka, composé des serpents enlacés et du ka.
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Arnaud THULY
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MessagePosté le: Dim Mar 05, 2006 1:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ha bah j'ai été pris de cours par horapollon.
Rien à rajouter, tout est très bien expliqué, bravo! Smile

(si, finalement j'ajouterais juste quelques mots pour dire que dans l'antiquité et chez les égyptiens comme chez la plupart des autres cultures, la "magie" était avant tout pratiquée pour protéger contre ce qui pouvait faire du tort aux personnes, bien plus que nous ne le faisons aujourd'hui, car les peuples antiques étaient extrêmement superstitieux, et très souvent, ces pratiques étaient réalisées directement par des prêtres, on voit donc bien qu'à l'époque, le rôle de prêtre et de mage était souvent indissociables.
Il y avait aussi l'équivalent de nos "sorciers de campagnes", pratiquant une magie profane, et qui eux, s'occupaient plus de tous les petits tracas des personnes plus pauvres, mais toujours en gardant ce lien avec les dieux, car comme l'a très bien dit horapollon, le panthéon égyptien était très vaste, mais également très adapté à chaque nécessité ou problème de la vie quotidienne, et eux seuls pouvaient les résoudre)
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Galanodel de Bray
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MessagePosté le: Dim Mar 05, 2006 6:27 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ca c'est super, les cours d'histoire égyptienne de 6ème ne parlaient pas de magie, on se demande bien pour pourquoi Laughing Laughing Laughing Laughing

En tout ca merci tout le monde pour ce post très interessant Wink
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Kalaxa
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MessagePosté le: Dim Mar 05, 2006 6:57 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
[...] dans l'antiquité et chez les égyptiens comme chez la plupart des autres cultures, la "magie" était avant tout pratiquée pour protéger contre ce qui pouvait faire du tort aux personnes, bien plus que nous ne le faisons aujourd'hui, car les peuples antiques étaient extrêmement superstitieux [...]

Pour ceux que ça intéresse d’en savoir un peu plus ; voir mon post Egypte Antique & Pratiques Magiques ! Wink
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sopdetmuti
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MessagePosté le: Jeu Déc 13, 2007 7:39 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Donc d'après ce que tu dis la relation magico-religieuse était fort importante dans le monde égyptien mais les dieux, eux, font partit de quel partie, la magie ou la religion??


Non, c'est un TOUT, il n'existe pas de mot pour dire religion en ancien égyptien mais il en existe un pour désigner la magie : "la Héka". Autrefois magie/religion/pouvoir temporel était intimement lié et pas nécessairement vu de façon séparé comme nous le faisons aujourd'hui. Le monde était envisagé de façon plus globale, un Tout avec un jeu d'interaction et non d'un coté la politique, de l'autre la magie, de l'autre encore la religion... chaque domaine étant inter-dépendant des autres...

Chez les anciens égyptiens, dieu ou la divinité est désigné par le terme Ntr (translitération) on écrit neter, nether ou encore netjer (masculin singulier), neterou ou netjeru (masculin pluriel)....etc. Les neterou sont des puissances créatrices, des qualités manifestées présentes et à l'oeuvre dans toute la création, et les multiples visages/noms/facettes du neter comme principe divin primordiale. C'est pourquoi étudier la magie égyptienne, requiert l'étude de sa religion et des neterou, afin de connaître ses "puissances en action".

La magie égyptienne se nomme Héka (qui est aussi le nom d'un dieu ou neter). La Héka est tout à la fois une divinité et le concept de la magie égyptienne d’essence divine. La magie est l’utilisation sur le plan physique et matériel, des pouvoirs psychiques et latents de l’homme ; pouvoirs supérieures venant d’en-haut c'est-à-dire hérités des neterou, mais aussi des forces présente dans la création, dans la nature. En effet, la Héka est une arme offerte par le démiurge (dieu créateur de l'univers que ce soit Ra, Atoum, Djehouty selon les théologies) aux humains, ses enfants, pour se défendre de divers maux. Tout le monde peut y avoir accès, même si il existe quelques spécialistes de sa maîtrise. Idéalement, elle doit servir la Maât (concept de justice, harmonie, équilibre, équité, ordre du monde...).


Héka la divinité

Le neter Héka est fréquemment représenté aux côtés de Ra, sur la barque solaire, avec HOU (le verbe créateur) et Sia (intuition, pensée créative). Il assiste Ra dans sa lutte quotidienne contre le serpent Apophis, dispensateur d’Isefet le désordre. Il est la personnification du pouvoir magique du soleil, du pouvoir de la parole et de la magie divine dispensatrice de la vie. Iconographie : homme ou enfant tenant dans ses mains deux serpents et un ankh ; grand serpent ; crocodile ; grenouille.

La Héka à plusieurs niveaux
La magie d’état, dont pharaon est le plus haut représentant assisté des prêtres dans les temples, a ce rôle. Par les rites quotidiens, ils maintiennent la présence divine dans les temples et l’Egypte (khemet), ainsi que son rayonnement bienfaiteur. Les temples sont à ce titre des centres de magie divine, des réservoirs et des générateurs de leurs puissances bienfaisantes, garant d'un certain équilibre. Les prêtres, les mages et médecins travaillent en étroite collaboration, car leurs disciplines sont complémentaires et intimement liées. La frontière entre les deux est parfois mince. En dehors de la magie des rites d’Etat, les anciens égyptiens recouraient également à la magie dans le cadre privé pour se protéger ou prévenir les maux du quotidien. Ainsi, les moments de passage comme la naissance et la mort, réputées pour exposer l’individu à des dangers sont l’objet de nombreuses pratiques protectrices ou défensives (papyrus magiques, talismans...etc).

Quelques exemples de supports et pratiques magiques khémites :
- la puissance du verbe et du son (l'écriture, la parole prononcé, nom des dieux, nom des personnes, psalmodie à haute voix, instrument de musique)
- le parfum (encens, huile, onguent)
- les pierres précieuses et minéraux
- l’usage des plantes
- les oracles (animaux sacrés, rêves, pratiques divinatoires divers…)
- dialogue avec les défunts (lettres…)
- magnétisme curatif (circulation du fluide de vie)
- amulettes, bâtons et sceptres
- pureté rituelle, méditation, jeûne, danse rituel…
- symbolisme et magie de la forme (bas-relief, les formes sculptés sur les différents supports, le hiéroglyphe)
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Arnaud THULY
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MessagePosté le: Jeu Déc 13, 2007 8:19 pm    Sujet du message: Répondre en citant

merci pour ces approfondissements, c'est très intéressant!

Citation:
Autrefois magie/religion/pouvoir temporel était intimement lié et pas nécessairement vu de façon séparé comme nous le faisons aujourd'hui.

Cette phrase est très juste, mais en même temps elle m'intrigue.
Le lien existant entre religion et magie était certe existant, notamment de par le corpus des divinités existantes, mais pour autant, n'existait-il pas pour autant chez les égyptiens une véritable distinction entre la magie/sorcellerie de l'époque et la religion d'état ou la religion initatique, comme c'était le cas dans la majorité des cultures du monde?
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MessagePosté le: Ven Déc 14, 2007 11:54 am    Sujet du message: Répondre en citant

Les différentes interventions de ce sujet sont un régal, merci, aussi pour la remonté de topic...

Au sujet de la conception égyptienne magie/religion, on peut sans doute se servir d'une autre distinction religion/croyances.
Cela diffère bien-sûr selon les époques, mais classiquement, je crois que l'on peu considérer Le Pharaon, détenteur d'un pouvoir maqique en tant que divinité incarnée, ou peut-être comme un principe divin incarné...
Ce qui complique les choses, c'est l'existence d'un panthéon complexe, qui varie selon les époques, les nômes, et donc qui dépasse la simple omnipotence d'un clergé d'Etat...
De plus, on peut en effet se demander si le clergé était le seul dépositaire de la magie...et là, on constate une énorme évolution au cours de l'histoire de l'Egypte....
Ce qui était réservé à la famille royale, puis bien plus tard aux nobles, fut accessible encore plus tard au peuple...
Il est possible qu'il est existé des "agiciens non-conventionnés" ( Laughing ) dès le Moyen-Empire, des recettes, des amulettes, des invocations qui se vendaient "sous le manteau"...mais qui gardaient, bien-sûr, les références aux dieux...
La magie semble à la fois "liée" aux pouvoir des dieux, mais une distinction semble pouvoir se faire, puisque des dieux "font" de la magie, ils ne sont pas "magie", à par Héka, bien-sûr.
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weels still turns
what ever you do now
fire still burns"
(D.M.)
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sopdetmuti
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MessagePosté le: Ven Déc 14, 2007 11:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
n'existait-il pas pour autant chez les égyptiens une véritable distinction entre la magie/sorcellerie de l'époque et la religion d'état ou la religion initiatique, comme c'était le cas dans la majorité des cultures du monde?


Pas vraiment, enfin pas dans le sens où nous l'entendons aujourd'hui (le mot sorcellerie est plus récent que le concept de Héka) ou dans le sens où cela a pu se retrouver dans certains courants ou cultures. Il n'y a pas de mot égyptien pour dire sorcier, ni sorcière et très peu de sources archéologiques, littéraires en parlent (je ne me souviens d’aucune à vrai dire).... le pratiquant de la magie dont nous parle les sources est le magicien Hekaï. Cela n’exclue pas l’existant de jeteurs de sort de village, mais d’eux si ils ont existés, ils ne restent quasiment aucune trace, ils ne sont pas considérés, reconnus, ils n’ont pas de nom pour les désigner, voir ils sont perçu pas comme des « vrais magiciens » ou pratiquants de la Héka … le mot sorcellerie n’appartient pas à la culture égyptienne antique. Dans les contes anciens, on retrouve le nom de certains de ces magiciens : Djedi (époque de Chéops), le prêtre lecteur et magicien Djadjaemankh (conte des rameuses, époque de Snéfrou), le conte de Satni Khâmois parle d’un magicien et celui de Siousire…etc.

Il y a des magiciens en général « Hekau » (pluriel), « Hekai »(singulier) et parmi eux des spécialistes d'un domaine. Sau, pratiquant d'une magie défensive et protectrice... 'Ahau' pratiquant d'une magie plus agressive, offensive... Bob Brier (égyptologie) dans son livre sur la magie égyptienne relève que sous l'appellation scribe de la maison de vie (sesh per ankh) se trouvaient parfois aussi désigné certains de ses magiciens, car ils recevaient leurs enseignement de cette institution Per Ankh (=maison de vie) rattaché aux temples, bien qu'ils ne se destinaient pas tous à une carrière sacerdotales (un magicien n'est pas nécessairement un prêtre). Les médecins y étaient aussi formé... les prêtres étaient aussi magiciens, voir médecins en plus de leurs charges (entre autre les prêtres de Sekhmet), voir astronomes ou physiciens/magiciens (Sau)... la connaissance et l'enseignement de la magie est lié au temple et lié à la magie d’état, au culte, aux initiations et mystères qui ont pu s’y dérouler… à la religion, elle est en fait partie. Rappelons que les hiéroglyphes ou medou-neter (terme qui signifie "bâtons de dieu") sont porteurs de magie également (Thot leur créateur est un dieu magicien comme Isis) et que pour en user, il fallait savoir lire et écrire, donc avoir un minimum d'instruction....

Et pas nécessairement besoin d'acheter des amulettes sous le manteau à un apprenti-sorcier de village, car les particuliers pouvaient venir consulter les prêtres sur le sens d'un rêve, un problème de santé, obtenir une amulette protectrice ou savoir par le jeu des astres les jours fastes ou néfastes à leurs affaires, par exemple le papyrus dit “Calendrier du Caire”, est un rouleau de papyrus acheté par le Musée du Caire à un antiquaire en 1943. Celui-ci est rédigé en hiératique, abîmés par endroit par des insectes. Le papyrus présent les jours de l’année, si ceux-ci sont favorables ou défavorables, et ce que l’on doit faire ce jour. Il est composé de 3 livres sur ce thème. Le premier et le troisième sont assez endommagés, le second est quasiment complet et intact pour tous les jours de l’année. Au sanatorium du temple d'Hathor à Dendera, les malades étaient soignés selon les indications de la déesse notamment donnée par des rêves ou oracles. Serge Sauneron (égyptologue français) traite dans ouvrage sur les prêtres de l'Egypte ancienne des pratiques oraculaires des temples, qui parfois pouvaient aussi servir à régler les affaires courantes humaines comme aider à trouver un coupable lors d'un procès, innocenter une personne...etc. La conspiration du harem de la seconde épouse Tiy sous Ramsès III fait aussi intervenir la magie, les gardes ayant été endormis selon les témoignages par envoûtements au moyen de figurines de cires... où il me semble ce seraient des prêtres qui auraient concouru à la réalisation du volet magique du plan de conspiration (à vérifier j’ai un doute et je ne retrouve plus mon document sur le sujet Cool )… Dans le temple de Sethi 1er en Abydos a été aménagé un espace sacré à Bès dans lequel il rendait des oracles. Le bien-être qu'il inspirait conduisaient les fidèles à venir se reposer dans les dépendances de son sanctuaire et à y faire interpréter les rêves. Cet espace a fonctionné jusqu'au IV éme siècle de notre ère où tout un chacun s'y rendait pour faire interpréter ses rêves ou recevoir l'oracle du dieu, au sujet le plus souvent de "petites" tracasseries quotidiennes.... une mère de famille savait aussi réaliser des amulettes, connaissait quelques trucs pour protéger ses enfants, les siens, son foyer… la magie imprègne aussi le quotidien, certains actes comme ceux des artisans, Citons par exemple Irtysen, un sculpteur du Moyen Empire, qui après avoir détaillé ses compétences techniques et artistiques, proclame : " Quant à toute forme de Héka, j'en ai la connaissance ". Car sculpter une statue est en effet faire œuvre de Héka. L'égyptien antique ne voit pas seulement une commémoration, ni une œuvre esthétique, mais aussi un moyen de renouveler magiquement et pour l'éternité un peu de l'existence de son modèle dans cette statue.
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