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Coup de théâtre en Gévaudan!
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Dante
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MessagePosté le: Mar Mar 16, 2010 3:26 pm    Sujet du message: Coup de théâtre en Gévaudan! Répondre en citant

Coup de théâtre en Gévaudan !



I. Le théâtre

A l’époque durant laquelle l’ensemble des événements qui nous intéresse s’est déroulé [mars 1764 - juin 1767], nous sommes très loin des fastes de la cour du roi de France Louis XV à Versailles.
La France, déjà fort affaiblie économiquement et militairement parlant par la Guerre de Sept Ans [1756-1763], va devoir essuyer un nouveau revers de taille : la Bête, plus communément dite, du Gévaudan.
Non, nous ne sommes pas à Versailles. Mais à près de 600 km de là, à vol d’oiseau : fin XVIII° siècle, un nombre de journées à cheval certain… Pour qui s’y aventurerait…

Quel est-il donc, ce Gévaudan ? Le découpage départemental du territoire français par décret du 22 décembre 1789 ne lui aura pas donné d’héritier. Le Gévaudan c’est, grosso modo, l’actuel département de la Lozère.
C’est en ce lieu, ainsi que dans une partie de l’Auvergne que se dresseront les épaisses et sombres tentures du drame qui nous attend.

Le théâtre, de forme rectangulaire [70 km sur 55, soit près de 4 000 km²], regroupe cinq départements : la Lozère [48], le Cantal [15], l’Ardèche [07], la Haute-Loire [43] et l’Aude [11].



Source : Historia n° 650, février 2001.

En 1764, loin des éclats de la demeure royale versaillaise et de la Pompadour, le Gévaudan, province royale, est bien reculé des grands axes. La misère et la disette répandues à l’ensemble de la nation, y est, là-bas, bien plus intense. Une grande proportion de paysans, de gens très pauvres, tente, tant bien que mal, d’y survivre…
On y cultive bien un peu de céréales, le seigle, par exemple. Le bétail, vaches et brebis, y trouve de quoi se repaître. Mais, ici, l’altitude oscille autour des 1 000 m. L’hiver dure d’octobre en mai ; plus de la moitié de l’année est placée sous le signe du froid, ce froid qui gèle à pierre fendre, cette pierre, ce granit chaotique alternant avec de sombres forêts de pins, paysage où landes marécageuses et tourbières crèvent de leurs sombres trous noirs notre décor ainsi planté.



Le sommet du Mont Mouchet. Photo Patrick Bard.

Le Gévaudan est âpre pour les habitants. L’arrivée de la Bête va le rendre plus dur encore…


II. La pièce

Coup de théâtre en Gévaudan ! Enfin, ce qui ressemble davantage au premier coup du brigadier sur les planches… Annonciateur funeste des malheurs à venir…

Le 30 juin, une jeune fille de 14 ans, Jeanne Boulet, est découverte morte. Son acte de décès indique qu’elle a été enterrée sans sacrements, « ayant été tuée par la Bête féroce. »
Il faut dire que depuis le mois de mars 1764, la campagne gévaudanaise fourmille de mille bruits en ce qui concerne un mystérieux animal ayant déjà tenté de s’en prendre à une jeune femme au printemps, laquelle a eu la vie sauve grâce à la prompte intervention des bœufs qui étaient sous sa garde… On note quelques autres attaques éparses, sans lendemain. Bref.

Les moissons vont bon train. Jusqu’au 8 août 1764, jour où une deuxième jeune fille est tuée. Attaques et morts se succèdent jusqu’à l’arrivée d’un régiment de dragons mené par le capitaine Duhamel, dont la présence n’infléchira pas la férocité et la hardiesse de celle qu’il est désormais bien convenu d’appeler la Bête, à défaut de pouvoir la nommer autrement. Parce que, maintenant, plus de doute, celui-ci ayant laissé la place à la peur. Alors, parallèlement aux battues menées par Duhamel et ses hommes qui restent dans l’impasse, on s’arme comme on peut : à l’aide de haches, de fourches, voire de baïonnettes…

Le 1° octobre voit une nouvelle attaque et on en déplore d'autres dans le courant de la semaine. Ordre du gouverneur du Languedoc est fait aux femmes et aux enfants de ne plus travailler seuls aux champs. On organise une battue – une autre, encore… – afin de capturer la Bête. Plusieurs loups sont tués, aucun ne semble être la Bête. Les rumeurs enflent sur le fait que la Bête est infernale, n’est pas de ce monde et que l'Homme, lui, pas de taille à lutter contre elle.
L'hiver est rude, la neige tombe dru, ce qui interrompt les battues. Et la Bête tue toujours. Et déchaîne les enfers. Davantage.

A cette époque, les armes à feu sont du domaine du luxe et rares sont les paysans qui en possèdent. On aura bien pensé procéder à une distribution d’armes, mais l’intendant du Languedoc, trouvant l’idée dangereuse, s’y refuse, craignant une jacquerie. Aussi, fera-t-on avec les moyens du bord. Et dans ce temps d’hésitation et de tergiversations, la Bête poursuit sa route sanglante : au moins dix personnes tuées, presque autant de blessées jusqu’à la fin de l’année 1764.
A cette sombre période hivernale qui précède le nouvel an, le pouvoir ecclésiastique monte au pinacle : l’évêque de Mende fait paraître son fameux mandement du 31 décembre 1764, lequel sera lu lors de la messe, le dimanche suivant :



« Une bête féroce, inconnue dans nos climats, y paraît tout à coup comme par miracle sans qu’on sache d’où elle peut venir. Pourtant, elle se montre, elle laisse des traces sanglantes de sa cruauté : la frayeur et la consternation se répandent, les campagnes deviennent désertes ; les hommes les plus intrépides sont saisis, à la vue de cet horrible animal, destructeur de leur espèce, et n’osent sortir sans être armés ; il est d’autant plus difficile de s’en défendre qu’il joint à la force la ruse et la surprise… »

Il faut dire que la Bête en impose. Ne serait-ce que par le nombre de morts qu’elle occasionne. Mais quand on sait qu’elle coupe des têtes sur son passage, qu’elle scalpe parfois ses victimes, qu’elle laboure, ronge les chairs et arrache les entrailles, cela donne un tout autre tableau.
On s’interroge… forcément. De quelle nature peut être une Bête qui cisaille les têtes et les emporte parfois avec elle ?

Le 12 janvier 1765, la Bête prend la fuite face à un petit groupe d’enfants à la tête duquel se trouve Jacques Portefaix, 12 ans 1/2. Qui attaque ? Qui se défend ? La Bête ? Les enfants ? Les uns et les autres ? Quoi qu’il en soit, les baïonnettes des enfants auront raison de la Bête. Atteinte à la mâchoire, souffrant de profondes blessures, elle fuit. Comme pour se venger, on constatera 6 victimes d’ici à la fin janvier. Comme si, à chaque coup porté, elle redoublait d’ardeur.

Versailles s’impatiente. Le Gévaudan également. Duhamel ne donne rien. Louis XV fait afficher un édit royal dans la plupart des lieux publics. Promesse est faite de verser 6 000 livres à quiconque s'emparerait de la Bête ou la tuerait. 6 000 livres qui s’ajoutent aux 2 000 des états du Languedoc, aux 1 000 de l’évêque de Mende, aux 200 des syndics du Vivarais et du Gévaudan… La Bête insensible au prix qu’on lui porte continue sa sinistre besogne.



Le 7 février 1765, la Bête aurait été aperçue à Mont Grand. On y envoie près de 20 000 hommes, sans oublier Duhamel et ses dragons. Ceux-ci forcent la Bête à sortir de sa cachette, afin qu'elle se fasse capturer par les paysans. Erreur de stratégie, les paysans sont mal placés, la Bête s'enfuit à la nage. On la revoit un peu plus tard, on fait feu et on la couche sur le flanc. Elle se relève et s'enfuit encore. Incompréhension…
La rumeur enfle de plus en plus sur l'aspect surnaturel de la Bête : les tireurs affirment l'avoir touchée à mort. On parle d’une cuirasse qui la protégerait des coups… Déjà, Portefaix et ses jeunes compagnons avaient constaté la chose… Le mal qu’ils eurent, du haut de leurs jeunes forces, à piquer de leurs baïonnettes, la peau de la Bête.

Le 17 février 1765 voit l’arrivée de Denneval, accompagné de son fils, de ses piqueurs et de ses chiens. L’arrogance de ce Normand perdu dans les terres du Gévaudan [il est considéré comme le plus grand louvetier du royaume et aurait, dit-on, tué plus de 1 200 loups], ainsi que son agacement face aux impressions des habitants à propos du caractère surnaturel de la Bête, enfin, le dialecte local qui le coupe de l’ensemble de la population, tout cela participera à son incapacité de faire rendre gorge à la Bête. Tout comme Duhamel, il court partout et reste bredouille

Le 7 avril 1765, Duhamel et ses dragons s’en vont. On respire, les dragons, autant que la Bête, ont ravagé le pays qu’ils ont considéré comme conquis. Comme de fait exprès, nouvelle victime le jour même.

En mai et en juin, c'est la panique, la Bête frappe de plus en plus et de plus en plus près des habitations, elle s'enhardit. 1765 est en passe de devenir paroxystique.

Louis XV, désireux de mettre un terme à la diffusion internationale de l’affaire [les Anglais n’hésiteront pas une seconde à se moquer du Roi de France à cette époque, incapable qu’il a été d’arrêter les massacres d’une vulgaire bête sanglante…], envoie Antoine de Beauterne, Maître de la Chasse Royale [autrement dit, le premier chasseur de France], et 20 hommes en finir avec la Bête.
Devant son insuccès, Denneval est suspendu dans ses fonctions et quitte le Gévaudan.

Le 9 août au soir, la Bête tue une laitière sous les fenêtres du Château de Besset où séjournait justement Monsieur Antoine. Comme un pied de nez, en somme.
Très étrangement, on peut avoir la sensation d’une forme de synchronicité macabre et cynique de la part de la Bête… Ses coups de dents semblant redoubler du fait de la présence en Gévaudan de membres représentant l’autorité royale…

A Versailles, l’objectif de Loi XV est simple : tuer la Bête officiellement. Afin que cessent les sarcasmes. Le plus tôt sera le mieux, d’où la présence d’Antoine de Beauterne en Gévaudan.

Après qu’on lui ait indiqué la possible présence de la Bête, il se rend sur les lieux le 18 septembre 1765, accompagné de 40 chasseurs. La battue commence. Et une bête sera au rendez-vous. Antoine tire. Sa balle traverse l’œil de l’animal et fracture les os de la base du crâne. Elle se relève ! Antoine, consterné et désarmé, appelle à l’aide. Un de ses chasseurs survient et tire à son tour. Cette fois, elle tombe raide, pense-t-on. Même pas, l’animal se relève et s’en va. Pas loin. On la retrouvera morte.
Il s’agit d’un loup. D’un loup pas tout à fait comme les autres. Et qui ressemble à s’y méprendre aux multiples descriptions qui ont été faites de la Bête jusqu’ici : bien plus grosse qu’un loup, les flancs roussâtres, une ligne noire sur le dos, une queue bien fournie…

L’animal tué par Antoine de Beauterne est examiné avec soin . Il est énorme : 130 livres [un loup de taille moyenne n’en pèse pas plus de 50…], 190 cm du museau à l’extrémité de la queue. Pas de doute, c’est Elle ! On l’empaille. Antoine de Beauterne file à Versailles avec son trophée au tout début du mois de novembre 1765. Et, comme de bien entendu, la Bête ne tue plus. Puisque M. de Beauterne l’a lui-même tuée.

Voilà. L’affaire se termine là. Gévaudan et Auvergne respirent à nouveau. Au passage, Louis XV ne manque pas de se moquer de la crédulité des paysans gévaudanais, eu égard à cette bête point si apocalyptique que cela. Juste un gros loup. Pas de quoi en faire une affaire d’état, en somme… Ce qu’il semble ignorer ou oublier, c’est que cette Bête aura fait, jusque là, pas loin de 60 victimes.
On remercie M. Antoine de Beauterne. On lui accorde même le privilège de porter la Bête du Gévaudan dans ses armes, à cet usurpateur !

Sauf que, sauf que… L’histoire se termine ici, mes bons amis…

Ahhh ! Dernière dépêche, pas loin d’un mois après le départ de Beauterne, une nouvelle attaque a lieu. Non mortelle. On peut se dire que… non, ce n’est pas Elle, encore. Et, pourtant, si : le 21 décembre 1765, une tête coupée rappelle aux Gévaudanais de bien mauvais souvenirs.
Peu importe. A Versailles, on s’en lave les mains. La Bête n’est-elle point morte ? Le Gévaudan devra se débrouiller sans l’appui du pouvoir royal, puisque, de toute façon, la Bête est officiellement morte pour lui.

Nous sommes au tout début de l’année 1766 et près de 18 mois d’horreur attendent le Gévaudan. Désormais, la Bête va frapper moins souvent. Bon an, mal an, 50% des attaques restent cependant mortelles. Même si leur nombre a relativement baissé par rapport à la seule année 1765.
La Bête reste toujours active certes, mais en dents de scie…
Quelques attaques non mortelles entre les mois de mai et août 1766.
Interruption des massacres entre le 1er novembre 1766 et le 2 mars 1767. Pendant ces 4 mois, il n’y a aucune victime. Puis, reprise des tueries : 29 attaques dont 18 mortelles de mars à juin 1767.

Le 17 juin 1767, comme si la boucle était bouclée, la Bête tue pour la dernière fois. Une jeune fille, Jeanne Bastide, 19 ans. C’est presque l’âge qu’aurait eut sa première victime si cette dernière avait survécu ; une jeune fille au prénom similaire : Jeanne Boulet.

19 juin 1767. Nous sommes à près de 60 km au nord-ouest de la petite localité de Saint-Etienne-de-Lugdarès qui aura vu la première victime. Nous sommes près du Mont Mouchet qui semble être devenu le quartier général de la Bête. Chastel père s’y trouve aussi. Il s’est embusqué. Alors, il voit venir à lui un animal qui ne fait pas de doute. Celui-ci observe patiemment Chastel, s’assoie sur son arrière-train et attend. Quoi ? Impossible de le savoir. Quel conciliabule se trame-t-il alors dans le silence observé par l’homme et la Bête ?
Chastel tire et touche la Bête à l’épaule, elle ne bouge pas. Alors, les chiens de Chastel se jettent sur elle. La Bête est morte.

Elle pèse 110 livres, a le poil rougeâtre et une sombre ligne de poils sur le dos. Des témoins l’identifient. On lui ouvre le ventre, on y trouve une tête de fémur d’enfant.

Chastel s’en va à Versailles avec la dépouille afin de la montrer au roi. Elle y arrive dans un état de putréfaction avancée au mois d’août. Buffon identifie un loup. Le roi, agacé par la venue de Chastel – grands dieux, la Bête est morte en 1765, Chastel l’oublierait-il ? – lui signifie son manque de respect : quel est-il ce pauvre bougre et sa charogne puante ?

Au final, elle sera enterrée dans un coin du parc du château de Versailles et Chastel repartira avec une récompense de… 72 livres !

Et là, enfin, les crimes cessent. Définitivement.


III. Les coulisses : le sang et l’encre

On aura dit beaucoup de choses sur la Bête. Cependant, les chiffres froids et implacables dissimulent bien des tourments :

Ardèche : 1 attaque [1 mort]
Aude : 3 attaques [1 mort]
Cantal : 21 attaques [9 morts]
Haute-Loire : 61 attaques [33 morts]
Lozère : 71 attaques [36 morts]

1764 : 26 attaques [17 morts]
1765 : 87 attaques [40 morts]
1765 : 15 attaques [5 morts]
1767 : 29 attaques [18 morts]

Total : 157 attaques dont 50% sur 5 départements en un peu plus de 3 ans. Avec des creux, un point d’orgue : la Lozère en 1765.

On aura dit beaucoup, en effet. Tant les contemporains de la Bête, témoins ou non, que de nombreux auteurs par la suite.
Nous n’avons pas la prétention d’échafauder une nouvelle théorie, non. Juste de faire part de quelques éléments de réflexion sur la question.
On aura imaginé la présence non pas d’une seule Bête mais de plusieurs, eu égard au don d’ubiquité dont elle semblait être dotée. Rappelons que le terrain de chasse de la Bête [4 000 km²] était à sa mesure. Un simple loup peut parcourir aisément 200 km en une seule nuit…
Ce qui est frappant, c’est sa vitesse d’exécution. Celle-ci est rendue d’autant plus grande qu’à l’époque les moyens de communication n’étaient pas ceux d’aujourd’hui.
En ce qui concerne la diffusion nationale et internationale de cette affaire, il faut penser à la relative vitesse de propagation des informations écrites via les colporteurs, entre-autres. La technique du copier/coller existait déjà et faisait merveille, ce téléphone arabe n’était pas toujours le meilleur moyen de savoir ce qui se passait réellement en dehors de la zone des crimes. Sans compter que beaucoup de soi-disant témoins n’ont jamais vu la bête en vrai. Ce qui a donné lieu à des idées fantasmagoriques sur son identité, tant du point de vue écrit que pictural. Il n’y a qu’à voir les diverses représentations de la bête pour se rendre compte que leurs auteurs avaient une imagination prolifique ! D’ailleurs…













On a imaginé un lynx, un ours, une hyène. On y a même vu un animal à écailles digne du plus parfait des caïmans ! Un souvenir « exotique » mal dressé? On a pensé à un hybride qui aurait donné lieu à notre monstre. On aura pensé à une foule d’animaux, mais au loup, jamais ! Et puis, les témoins sont formels : ils n’ont pas reconnu en la Bête un loup. D’autant plus que les Gabalitains, les loups, ils connaissent. Un loup est naturellement craintif face à l’homme. Il s’angoisse très rapidement devant la position verticale de n’importe quel bipède.
Non, s’il s’est agit d’un loup, cela n’était pas qu’un simple loup. Vu les dégâts que la Bête a perpétrés, il y a forcément un petit plus qui fait toute la différence.
Un hybride ? De loup et de chien ? C’est tout à fait possible, étant tous deux du genre canis. Mais cela n’explique pas pour autant le comportement de l’animal.
On a évoqué son caractère surnaturel. Le mot loup-garou s’est trouvé sur certaines langues. Peut-être bien un meneur. Humain. Qui aurait commandé la Bête. Là, notre regard se tourne du côté des Chastel, réputés être d’excellents dresseurs d’animaux.
En tout état de cause, si elle a existé, l’association homme-animal aura fait merveille. La thèse du meneur d’animal n’est pas si stupide, on aura bien dressé des chiens de guerre jusqu’au XVI° siècle…

Si jamais il y a un homme ou plusieurs derrière tout cela, on en arrive au fond du fond : pourquoi ? Assouvissement de pulsions de la part d’un sadique, d’un déséquilibré? Serial killer? Avec les autorités qui ferment les yeux voire qui en profitent? Un groupe de gens réunis autour de ce projet?
Y avait-il des gens importants parfois dans les tués? Si oui, peut-être selon la thèse du complot, des meurtres de « pouvoir », que l'on déguise et masque grâce à la mort de petites gens?
Des gens importants dans les tués ? Pas à notre connaissance. Des enfants et des femmes surtout. Des vachers, des paysans, des gens pauvres. Et puis, s’il y avait eu des personnes importantes parmi les décès, nous ne pensons pas qu’on en aurait fait mention, cf. la théorie du complot ! Il est possible qu’une forme de société secrète ait été à l’œuvre là-bas durant ces 4 années. Ce qui est troublant, c’est que dès que Chastel père tue la bête, plus de meurtre, plus rien !

Peut-être que s’il y a eu complot, celui-ci s’est drapé de cette protection supplémentaire qui a peut-être aidé à noyer le poisson. En tout cas, le battage médiatique à l’époque n’aura eu d’égal que l’immensité des battues organisées pour débusquer l’animal et, éventuellement, en venir à bout. A cette époque, mobiliser des milliers d’hommes qui crèvent de faim pour la plupart, des hommes qui se rappellent encore de la terrible famine qui aura touché le Gévaudan au milieu du siècle, et cela pour un résultat quasi nul… Il faut quand même que les organisateurs des battues aient été suffisamment convaincants pour emmener ces hommes à la traque pendant près de 3 ans, sans compter les exactions commises par les dragons sur ces terres relativement pauvres à l’époque.

On mobilise tout un tas d’hommes, on fait venir des experts et, au final, c’est un autochtone à lui tout seul qui fait son affaire à la Bête.

Ce qui est fascinant, ce sont les moyens mis en œuvre pour rien. Ce qui accentue davantage le caractère surnaturel de notre tueuse. Cependant, n’oublions pas qu’à l’époque, rares sont les paysans qui possèdent des armes à feu… Aux battues, on y allait avec des lances, des piques, des fourches, des faux. Il n’y a donc pas eu une puissance de feu considérable. Et dès lors que les armes à feu faisaient parler la poudre, on s’est rendu compte que cela n’était guère dommageable pour la bête à chaque fois qu’elle aura été touchée. Cela est à mettre sur le compte de la médiocre qualité des armes à feu de l’époque. Pas encore de Winchester dans le Gévaudan…


Sources :

-Grands reportages n°258, juillet 2003.
-Historia n°650, février 2001.
-La Bête du Gévaudan, François Fabre, Editions de Borée, 2002.
-La Bête du Gévaudan, Michel Louis, Tempus, 1992.
-B.A.-BA Animaux mystérieux, Jean-Paul Ronecker, Pardès, 2000.


AngeNoir/Dante




L’iconographie moderne perpétue le souvenir de la Bête. Dessin : Lucien Gires.
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MessagePosté le: Mar Mar 16, 2010 4:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Des membres de ma famille m'ont dit avoir entendu parler de cette bête dans leur enfance en Auvergne,peut-être le soir au coin du feu...
Plus de 150 ans après les faits.
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Fredericus
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MessagePosté le: Mar Mar 16, 2010 5:22 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Se pose tout de même le problème de l'atypique solitude de ce "loup".

Sait-on ce qu'est devenu l'empaillé d'Antoine de Beauterne ?

Joli travail que ce topic.

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MessagePosté le: Mar Mar 16, 2010 8:12 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Pour l'empaillé mal conservé, il a finit par se putréfier au fil du temps si mes sources sont exactes.
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MessagePosté le: Mer Mar 17, 2010 2:34 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Et bien, ça valait le coup d'attendre ^_^

Magnifique travail que vous nous avez fait là :applause:

En fait, l'empaillé est resté dans une réserve jusqu'au début du XXème siècle, mais les poils étant tombés, elle a fini brulée:
Citation:
(Archives du Puy-de-Dôme C.1737)
D’aprés Jacques DELPERRIE de BAYAC le grand loup de M. ANTOINE resta dans les « greniers » du Muséum jusqu’au début de ce siècle; Puis tous les poils étant tombés, on le brûla.

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MessagePosté le: Mer Mar 17, 2010 5:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

:bisous:
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MessagePosté le: Mer Mar 17, 2010 5:44 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Se pose tout de même le problème de l'atypique solitude de ce "loup".

Et de sa psychologie, surtout.

Elle se moque des autres animaux, ce qu'elle veut, c'est l'Homme.

Elle est dotée d'un esprit de vengeance, par là même n'hésitera pas à s'en reprendre mortellement à quelques personnes lui ayant asséné quelque bon coup de baïonnette.

Elle est narquoise. Viendra narguer Antoine de Beauterne sous ses fenêtres alors qu'il ne l'a toujours pas vu et qu'il la croit partie dans une autre direction, à quelques kilomètres de là.

Elle est attentive et réfléchie. J'ai noté une récurrence troublante qui concerne l'arrivée des hommes qu’AngeNoir et moi-même avons évoqué dans le post précédent : Duhamel, Denneval et Beauterne. A chacune de ces arrivées, la Bête semble temporiser, alors, ni attaque ni mort ne sont à déclarer. Elle temporise 10 jours à l'arrivée de Duhamel, 4 à celle de Denneval, enfin près de 2 semaines à celle de Beauterne en Gévaudan. Comme si elle étudiait l'adversaire, en somme.

Elle ne craint pas l'Homme, bien au contraire, n'hésite pas à charger celui qui se met sur son chemin, elle accule les gens jusqu'à chez eux, jusqu'au pas de leur porte, forçant ceux-ci à marcher à reculons, tout en faisant face à ses assauts !

Voici quelques-uns des comportements atypiques de la Bête.

Citation:
Magnifique travail que vous nous avez fait là

:bisous:
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MessagePosté le: Mer Mar 17, 2010 6:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

C'est marrant, mais le peu de détails physique sur la bête du Gévaudan me fait penser à un Loup à crinière.

Il a le pelage roux comme un loup roux ou un renard, très haut perché, des grandes oreilles arrondies et une sorte de crinière noire qui lui fait une ligne sombre le long de l'échine.

Et c'est un loup solitaire.

Par contre il est relativement léger, on est loin des 100 et quelques livres.


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MessagePosté le: Mer Mar 17, 2010 6:54 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Et il est censé vivre en Amérique du Sud...

On reviendrait à l'idée d'une participation humaine ?

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MessagePosté le: Mer Mar 17, 2010 6:56 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Par contre il est relativement léger, on est loin des 100 et quelques livres.

En effet, il en faut bien trois comme lui pour faire la Bête. Et puis, le loup à crinière sud-américain est bien loin du Gévaudan, de ses 20 cm d'ouverture de gueule maximale et de ses presque 40 mm de longueur de crocs Cool
Je regrouperai les sources les plus fiables au sujet de la description de la Bête, histoire d'en monter un "portrait robot".

Citation:
On reviendrait à l'idée d'une participation humaine ?

Il est possible d'en douter mon cher Fred Cool
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Khaine Dragonheart
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MessagePosté le: Mer Mar 17, 2010 7:02 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je me souviens d'un détail qui m'avait frappé dans un "mystère" consacré à la bête du Gévaudan (mais était-ce un vrai fait ou une intox médiatique à base de déformation infomative?), c'était le fait que les victimes étaient déshabillées mais comme on le ferait à la main, pas juste les vêtements déchirés.
On précisait même que les épingles d'une fille avait été trouvé en tas juste à côté du corps.

Ce genre de truc m'avait persuadé que c'était un maniaque sexuel qui dissimulait ses méfaits et les preuves physiques de ses agressions en tuant et en faisant déchiqueter les malheureux par un gros dogue ressemblant à un loup travestis en "bête" démoniaque.

Et dès qu'il sentait que ca chauffait, hop, il laissait un de ses dogues se faire tuer, le cadavre passait pour une sorte de gros loup... Et lui reprenait un autre dogue et partait un peu plus loin chercher des victimes.
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Dante
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MessagePosté le: Mer Mar 17, 2010 7:06 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Je me souviens d'un détail qui m'avait frappé dans un "mystère" consacré à la bête du Gévaudan (mais était-ce un vrai fait ou une intox médiatique à base de déformation infomative?), c'était le fait que les victimes étaient déshabillées mais comme on le ferait à la main, pas juste les vêtements déchirés.
On précisait même que les épingles d'une fille avait été trouvé en tas juste à côté du corps.

Le coup des épingles, je ne connaissais pas, le reste si. C'est du même acabit que certaines têtes coupées replacées sur le cou pour faire croire que... Une forme de maquillage visuel qui fait que... Mais je reviendrai sur cet aspect ainsi que sur celui que je cite plus haut.
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Khaine Dragonheart
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MessagePosté le: Mer Mar 17, 2010 7:13 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Un petit reportage sur Youtube si certains sont intéressés.
http://www.youtube.com/watch?v=OTpJdQ131pw
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Daleth
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MessagePosté le: Mer Mar 17, 2010 8:57 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'vais dire une c*nnerie mais il paraît que "la bête" aurait sévit en Périgord, au alentours de Sarlat... (me frappez pas !!! Embarassed )
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Khaine Dragonheart
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MessagePosté le: Mer Mar 17, 2010 9:56 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Vraiment "amusant" quand même, une bête qui mutile plus qu'elle ne dévore réellement, de sucroit que des femmes, de très jeunes garçons et des petits enfants non armés.

Plus je lis des détails et plus l'intervention humaine me semble la thèse la plus plausible.

C'est étrange aussi le fait de couper la tête? Un nécromancien sadique qui manquait de matière première?
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