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Le symbolisme du petit chaperon rouge
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Ménousia
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MessagePosté le: Ven Sep 28, 2007 10:38 am    Sujet du message: Le symbolisme du petit chaperon rouge Répondre en citant

Pour répondre à Jessilia qui demandait : « serais-tu d'accord de nous faire un sujet sur le sens initiatique du Petit Chaperon Rouge et "tout" (enfin plus ou moins bien sûr ) ce que tu en sais ? »
Je me décide enfin, mais avant je voudrais d’abord vous raconter ma version du petit chaperon rouge (elle est la synthèse d’un certain nombre de versions populaires)

Le petit chaperon rouge

Grelots, grêlou, grêle ou grenu
Gare au loup, gare à vous
Garde à vue, garde à vous
Huluberlu j’ai vu le loup
Huluberloup, j’ai la berlue

Grelots, grêlou, grêle ou grenu
Le loup du bois est aux abois
Le bois du loup n’est pas pour toi
Fillette qui a vu le loup
Tu ne trouveras pas d’époux

Grelots, grêlou, grêle ou grenu
Gare au loup, gare à vous
Garde à vue, garde à vous
Huluberlu j’ai vu le loup
Huluberloup, j’ai la berlue

…Le loup vient souvent
Sur les pas du vent…

C’était quand le temps était dans le temps. Au temps des fées et des sorcières, au temps des ogres et des lutins. C’était dans un petit village, au bord d’une rivière, pas très loin d’une forêt.
Dans ce village vivait une fillette, seule avec sa mère. L’enfant n’était pas la plus jolie mais avec ses yeux noirs pétillants de malice, sa petite bouille toute ronde et ses belles boucles rousses, elle était très mignonne et ce qui ne gâtait rien très débrouillarde. Si délurée d’ailleurs que sa maman se reposait de plus en plus sur elle pour faire les courses.
Ce jour là, la mère avait fait cuire le pain, elle en prend une boule encore chaude qu’elle pose dans un panier avec un pot du beurre qu’elle avait tourné la veille. Elle tend le panier à sa fille :
-« Tiens prends ce panier et porte à ta grand le pain de la semaine. Tu connais le chemin, ne traîne pas en route. »
La fillette prend son chapeau rouge qu’elle aime tant, le panier et part aussitôt pour aller porter le pain et le beurre de la semaine à sa grand-mère qui habite le village de l’autre côté de la forêt.
Elle marche jusqu’au pont au-dessus de la rivière le traverse puis s’enfonce dans la forêt. Elle grappille d’ici de là les fraises tardives, les mûres précoces, cueille des fleurs. Elle entend des bûcherons pas très loin. Fatiguée de sa marche, elle s’assoit sur une souche sous de vieux arbres près des trois chemins. Elle épie les oiseaux quand…. Elle entend craquer une branchette derrière elle, elle se retourne et voit une fourrure noire trouée de 2 éclats brûlants : ce sont les yeux d’or d’un loup qui l’observe. Bien qu’effrayée la fillette ne bouge pas. Le loup, qui avait entendu les bûcherons, s’approche d’elle et lui parle le plus doucereusement possible.
-« Qui es-tu ?
- Je suis le petit chaperon rouge
- Et où vas-tu ?
- Je vais chez ma grand, lui porter le pain et le beurre de la semaine
- Et où habite ta grand-mère ?
-A la sortie de la forêt c’est la première maison, devant il y a trois grands chênes et dans la cour il y a un prunier. »
Le loup prend le temps de réfléchir puis demande :
-« Et quel chemin vas-tu prendre : celui des aiguillettes ou celui des épinglettes ?
- Celui des épinglettes, il est plus long mais il y a moins de ronces.
- Au revoir donc, petite, au plaisir !
Le loup laisse l’enfant et s’élance par le chemin des aiguillettes, filant comme le vent, ne sentant pas la morsure du roncier. Le temps de le dire, il arrive devant la maisonnette de la grand-mère. De sa patte il toque tous secs 3 coups à la porte.
-« Hé qui est là ?
- c’est moi le petit chaperon rouge
- Comme tu es enrouée mon enfant entre vite !
- Venez m’ouvrir, la porte est fermée !
- T’as donc plus ta tête avec ce rhume, tire la chevillette et la bobinette cherra ! »
Sitôt dit, sitôt fait, le loup tire la chevillette, la bobinette choit et la porte s’ouvre. D’un bond il entre, deux autres bonds il est sur la grand-mère, la tue, en avale les trois quarts, découpe le reste en morceaux, met la viande à chauffer dans une marmite avec oignons et légumes et verse le sang dans un pichet qu’il pose sur la table.
Puis l’air content comme un chat qui vient de lécher le beurre, il remet le ménage en ordre, referme la porte à la chevillette, tire les rideaux, se coiffe du bonnet de nuit de la grand-mère, puis s’enfonce dans le lit en ramenant les draps jusqu’aux bords des yeux.
Il vient à peine de s’envelopper dans les draps quand il entend frapper à la porte.
- « Qui est là ?
- C’est votre petite fille qui vous apporte le pain et le beurre de la semaine
- Entre mon enfant, tire la chevillette et la bobinette cherra
- Je sais Grand, je sais »
La fillette tire la chevillette, la bobinette choit et la porte s’ouvre. Elle entre, malgré la pénombre elle distingue une forme allongée dans le lit.
- « Êtes-vous malade, mère grand, que vous restez au lit ?
- Je suis bien vieille et j’ai le froid de la tombe dans mes os, pose ton pain et ton beurre dans la maie. Puis prends un peu de viande dans la marmite qui est sur le feu et sers-toi du vin du pichet qui est sur la table. Mange et bois ensuite pour te reposer de ta marche et me réchauffer tu viendras te coucher dans mon lit. »
Le petit chaperon rouge prend une écuelle dans l’arche, se sert copieusement de la viande et s’assoit à table. Elle boit un grand bol de « vin » du pichet avant d’entamer de bon appétit son assiettée. Pendant son repas, le chat de la maison murmure :
- « Vilaine tu manges la chair et tu bois le sang de ta grand. »
- « Grand, vous avez entendu ce que me dit le chat ? »
- « Il dit que dans les chênes il entend le vent ! mais prends le balai et chasse-le jusque dans le petit passage. »
Sitôt dit, sitôt fait. A peine la fillette recommence t’elle à manger que le coq saute sur la table et dit :
- « Vilaine tu manges la chair et tu bois le sang de ta grand. »
- « Grand, vous avez entendu le coq ? »
- « Il dit que je suis bien vilaine depuis que j’ai 100 ans. Mais prend le balai et chasse-le jusque dans le petit passage. »
La fillette obéit puis finit son repas.
- « Maintenant que tu as bu et mangé, viens te coucher. »
Le petit chaperon rouge commence par ôter ses sabots.
- « Où mettre mes sabots ?
- Jette les au feu, tu n’en auras plus besoin »
Et la petite fille les jette au feu
- « Où dois-je mettre mon tablier ?
- Jette le au feu, tu n’en auras plus besoin.
- Où dois-je mettre ma robe ?
- Jette la au feu, tu n’en auras plus besoin. »
Et passent au feu la robe, le cotillon, les chausses. Le loup dit à la fillette alors qu’elle n’a plus sur elle que sa chemise :
- « Quitte ta chemise et jette la au feu, tu n’en aura plus besoin. »
Elle quitte donc sa chemise et la jette dans le feu puis se glisse sous les draps.
- « Oh mère-grand que vous êtes poilue !
- C’est la vieillesse et la traînesse, j’ai tant trainé dans les bois que le poil m’a poussé pour me tenir plus chaud.
- Oh mère-grand que vous avez de grands pieds !
- C’est la vieillesse et la traînesse, j’ai tant trainé dans les bois que les pieds m’ont poussé pour mieux marcher.
- Oh mère-grand que vous avez de grands bras !
- C’est la vieillesse et la traînesse, j’ai tant trainé dans les bois que les bras m’ont poussé pour mieux porter mes fagots.
- Oh mère-grand que vous avez de grands ongles !
- C’est la vieillesse et la traînesse, j’ai tant trainé dans les bois que les ongles m’ont poussé pour mieux me gratter
- Oh mère-grand que vous avez de grandes oreilles !
- C’est la vieillesse et la traînesse, j’ai tant trainé dans les bois que les oreilles m’ont poussé pour mieux entendre les sangliers.
- Oh mère-grand que vous avez de grands yeux !
- C’est la vieillesse et la traînesse, j’ai tant trainé dans les bois que les yeux m’ont poussé pour mieux voir dans les futaies
- Oh mère-grand que vous avez un grand nez !
- C’est la vieillesse et la traînesse, te dis-je, j’ai tant trainé dans les bois que le nez m’a poussé pour mieux sentir les champignons.
- Oh mère-grand que vous avez de grandes…. »
La petite fille s’interrompt brusquement, elle a compris avec qui elle est couchée. Il lui faut vite trouver une idée pour s’échapper !
- « Oh mère grand, je ne peux pas m’endormir avant d’aller pisser.
- Mais fais au lit mon enfant !
- Grand-mère ! Je veux aller faire dehors !
- Bien, mais pas pour longtemps… »
Le loup lui attache un bout de ficelle autour de la cheville et tient l’autre bout pour qu’elle ne puisse pas s’échapper. Il la laisse aller. Quand la petite est dehors, elle délie sa cheville, fixe le bout de la ficelle au prunier de la cour et s’enfuit à toutes jambes. Au bout d’un moment le loup s’impatiente :
- « Tu fais donc des cordes ! »
Il tire sur la ficelle mais ça résiste, il tire plus fort puis se jette au bas du lit pour aller voir. S’apercevant qu’il est dupé, il renifle l’air et part à la poursuite de la fillette.
Pendant ce temps, le petit chaperon rouge est arrivée devant la rivière juste à l’endroit du lavoir où quelques femmes battent le linge.
- « De grâce, aidez-moi à traverser, je suis en grand danger ! »
Les lavandières, en voyant cette fillette nue comme un ver, prennent pitié, attrapent les draps secs sur l’herbe et les tendent au-dessus de la rivière. L’enfant d’un pas léger court sur le linge et traverse l’eau. Sans se retourner, elle crie un merci et fille se réfugier chez sa mère.
Flairant la piste, le loup arrive près des lavandières
- « Avez-vous vu passer une fillette que l’on nomme le petit chaperon rouge ?
- Oui, da, elle est passée sur les draps étendus
- Etendez-en pour moi ! »
Les femmes reprennent les draps mouillés et les étendent sur l’eau. Le loup s’engage de son pas pesant, arrivé au mitant de la rivière, le drap s’enfonce et se referme sur lui comme un piège. Le loup a beau se débattre, il se noie dans son linceul.
… sous le poids de l’eau
Le loup a trouvé le repos…

C’était quand le temps était dans le temps
Au temps des fées et des sorcières
Au temps des ogres et des lutins
Quand les fillettes étaient rusées
Et les loups pas très malins.


Je suis très attachée à cette version car contrairement aux versions de Perrault ou des frères Grimm, elle donne tous les épisodes qu’on peut trouver dans les versions traditionnelles bien antérieures à Charles Perrault. En particulier le choix des chemins dans la forêt, le repas cannibalesque, le déshabillage de la fillette, la ruse pour s’échapper et la mort du loup. La comptine d’entrée de conte est tirée de charaloubia un texte de Jeanne-Marie Pubelier d’enfance et musique

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Ménousia
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MessagePosté le: Ven Sep 28, 2007 2:04 pm    Sujet du message: Symbolisme du petit chaperon rouge Répondre en citant

Pour répondre maintenant à la question de Jessilia je prendrais appui sur différents articles parus sur l’analyse de ce conte.

Selon Bruno Bettelheim, auteur de la Psychanalyse des contes de fées, le Petit Chaperon rouge symboliserait le personnage de la petite fille aux portes de la puberté, le choix de la couleur rouge du chaperon renvoyant au cycle menstruel.
Le village et la maison de la grand-mère sont des endroits sûrs, chemin entre l’enfance et l’âge adulte. Pour arriver à destination, il faut emprunter un chemin qui traverse une forêt, lieu de danger ou rôde le Grand méchant loup. La mère indique à la fille le chemin à suivre, le « droit chemin » et la met en garde contre les mauvaises rencontres. La fillette a une attitude ambiguë, puisque, faisant mine de se débarrasser du Loup, elle lui donne en réalité toutes les indications pour que celui-ci trouve la grand’mère, et la mange… Arrivée à destination, la fillette voit bien que quelque chose ne va pas, (« Que vous avez de grandes …) mais finit dans le lit du Loup. Le Loup, présent dans d’autres contes comme prédateur (Le Petit Poucet), est ici la figure du prédateur sexuel
D’après Marc Alain Descamp l’analyse psychanalytique est encore plus poussée on frôle le délire sexuel : Le petit chaperon rouge nous mène aux limites de la régression dans le sadisme oral féminin. Et il pose le problème universel des mères célibataires qui veulent se passer des hommes. Chez des mères célibataires, il y a trois générations de femmes. La mère et la grand-mère sont folles de leur fille et la traitent en garçon-phallus à tête rouge, le chaperon rouge du gland décalotté. Le masculin est vu par elles trois comme un loup dévorant. Chez la grand-mère se trouve le masculin, l’animus de son père, qui dévore les petites filles. Le cannibalisme dévorera le sang et la chair. L’origine de ce sacrifice se trouve dans la découverte de la différence des sexes. « Le petit Chaperon rouge se déshabille et va se mettre au lit, elle fut bien étonnée de voir (le loup) comment sa mère-grand était faite en son déshabillé ». Le voyeurisme-exhibitionnisme précoce engendre chez l’enfant la conviction que l’acte sexuel est une dévoration. Nous sommes parvenus là à la limite de la régression, l’Oedipe prégénital oral décrit par la psychanalyste Mélanie Klein. Le petit chaperon sur le mode oral a accompli l’inceste originaire par la dévoration unifiante. Il n’y a aucun remède ; c’est le seul exemple de cure ratée de ce corpus.

L’histoire connaît de nombreuses versions dans la tradition orale ; l’ethnologue Yvonne Verdier en a étudié une quarantaine, collectées sur un territoire étroit allant du bassin de la Loire au nord des Alpes. Charles Perrault s’inspire directement de la tradition orale française et signe la première version écrite et imprimée. Parmi les versions recueillies après lui, certaines présentent des traits et des motifs absents chez lui, et donc issus de la tradition orale, quelques-unes doivent tout à la version de Perrault et sont retournées à la tradition orale, d’autres sont mixtes : elles contiennent à la fois des éléments issus de la version imprimée et des éléments indépendants.
La réussite de Perrault tient notamment à son écriture maîtrisée, faisant appel à des éléments appartenant au style oral : dialogues présentés en style direct, répétitions, « formulettes » (« Tire la chevillette et la bobinette cherra »). Sa version comporte des différences avec la tradition orale ; il rajeunit l’héroïne, invente le motif du chaperon rouge et supprime plusieurs épisodes : celui du choix laissé par le loup à l’héroïne entre le « chemin des épingles » et celui « des aiguilles » celui du repas cannibalesque (elle se voit offrir par le loup un peu de chair et de sang de sa grand-mère qu’il fait cuisiner selon une recette rituelle), la scène du déshabillage progressif de la fillette accompagné d’un dialogue répétitif, et enfin le dénouement heureux présent que l’on retrouve dans la version des frères Grimm.

Selon Yvonne Verdier, ces motifs évoquaient divers rites de passage ponctuant le destin des femmes dans les sociétés traditionnelles. Lors de son séjour chez sa grand-mère, l’héroïne était instruite de son avenir féminin (par le biais de la couture, de la cuisine, de l’initiation sexuelle). Sous la plume de Perrault, le récit devient un simple « conte d’avertissement », jouant notamment sur la métaphore « avoir vu le loup » (pour une fille, avoir eu des relations sexuelles). Les connotations sexuelles sont clairement énoncées dans la moralité.
Dans cette perspective, le psychanalyste Bruno Bettelheim reproche à la version de Perrault son « excès de simplification, joint à une moralité exprimée sans ambages », qui font de cette histoire « un conte de mise en garde qui énonce absolument tout » (« On supprime toute la valeur du conte de fées si on précise à l’enfant le sens qu’il doit avoir pour lui. »), et lui préfère la version des frères Grimm à laquelle il consacre son analyse

Après l’analyse générale prenons symbole après symbole.

• Le chaperon rouge sorte de coiffure fort répandue à l’époque de Perrault. le chaperon de velours rouge est le symbole de la menstruation ; la petite fille dont on nous conte les aventures, devenue une femme, doit maintenant faire face aux problèmes du sexe. – Ne point s'écarter du chemin, pour ne pas tomber et briser le pot de beurre, qu'est-ce d'autre qu'une mise en garde contre le danger du sexe et la perte de la virginité ?



• La question du chemin à prendre, qu’il soit entendu au sens propre ou figuré, occupe une place centrale dans la plupart des versions, orales ou littéraires, du Petit Chaperon rouge.
"Quel chemin prends-tu ? dit le loup, celui des Aiguilles ou celui des Épingles ?"
Fonctionnant sur le modèle de la devinette avec des objets voisins aux termes quasiment interchangeables, la question se charge d’un double sens lorsque l’on connaît la valeur symbolique des épingles et des aiguilles dans la société française de l’Ancien Régime : Dans une version du Forez, le petit Chaperon rouge choisit cependant "le chemin des épingles avec lesquelles on peut s’attifer" au lieu du "chemin des aiguilles avec lesquelles il faut travailler". Le côté des épingles symbolise la vie sociale de la jeune fille en quête d’époux alors que le côté des aiguilles se tourne davantage vers la vie domestique et son cortège de contraintes. Loin d'êtres "absurdes" ces détails constituent un langage, un langage couturier de l'épingle et de l'aiguille qui peut se comprendre quand on le replace dans le contexte ethnographique. Les ustensiles de couture y jouaient en effet un rôle important dans l'éducation des filles. Dans ces villages, les filles étaient envoyées un hiver, celui de leurs quinze ans, auprès de la couturière. Il ne s'agissait pas tant d'apprendre à "travailler", à coudre, autrement dit d'utiliser les aiguilles, que surtout de se "dégrossir", de s'affiner, d'apprendre à se parer, à s'attifer donc, ce que la couturière exprimait en disant de ses jeunes apprenties : "Elles ramassaient les épingles". En cet hiver de leurs quinze ans, se signifiait, et par l'entrée chez la couturière, et par l'entrée cérémonielle dans le groupe d'âge consacré à Sainte-Catherine, l'accession à la vie de "jeune fille", c'est-à-dire la permission d'aller danser, d'avoir des amoureux, dont il apparaît que l'épingle est le symbole. C'est en leur offrant des douzaines d'épingles que les garçons faisaient autrefois leur cour auprès des filles c'est en lançant des épingles dans les fontaines que les filles s'assuraient un amoureux. Enfin c'est au phénomène biologique lui-même, à la menstruation, qui fait de la fille une "jeune fille" que s'associe l'épingle. Les propriétés des épingles (elles attachent et sont les outils de l'attachement amoureux, mais elles piquent et sont alors instrument de défense contre les garçons trop entreprenants) s'accordent à celles que l'on attribuait au sang menstruel, ingrédient des philtres d'amour mais aussi empêchement à tout rapport sexuel. Dans ce contexte, la jeune fille pubère a pu être définie comme la porteuse d'épingles. Quant à l'aiguille munie d'un chas, à l'inverse, elle renvoyait dans le folklore des couturières à un symbolisme sexuel appuyé : les couturières qui cousent "courent", et elles ont du "fil à l’aiguille" ; "couturière mariée aiguille enchâssée" dit le dicton ; le jeu d’"enfile-aiguille" joué par les femmes au mardi-gras dans le Berry, était accompagné de couplets obscènes Épingles et aiguilles ne peuvent être confondues. Ce que nous donne donc le motif du chemin des épingles ou des aiguilles, c'est une indication sur l'état des personnes : une petite fille qui prend le chemin des épingles pour s'attifer, soit le chemin de sa puberté ; une grand-mère qui, elle, est déjà passée par là, elle en est aux aiguilles, et même aux aiguilles "à trous", car elle ne voit plus clair. L'histoire peut donc maintenant se dire ainsi une fille est envoyée sur le chemin des épingles, c'est-à-dire en apprentissage de couture, à la rencontre de sa puberté. Les épingles qui attifent s'opposent aux aiguilles associées au travail et aussi au raccommodage des robes trouées, et plus encore aux aiguilles à gros trous (usées ? qui ont déjà beaucoup servi ?) des vieilles femmes, des grands-mères qui ne voient plus clair. C'est là une seconde indication sur l'état de la grand-mère, car, si l'on peut comprendre comme nous le proposons le langage de l'épingle et de l'aiguille, celui de la vision, du regard, peut l'être aussi dans le même contexte rural traditionnel. Voir c'est en effet avoir ses règles, ne plus voir, c'est ne plus les avoir. Il s'agit donc d'une histoire qui se passe essentiellement entre une jeune fille pubère et une vieille femme ménopausée, entre une petite-fille et sa grand-mère, et le terme "petite fille" ne renvoie pas à une indication de taille mais est à prendre au sens généalogique, doublé du terme également généalogique "grand-mère". On peut aussi noter que le mot aiguillette servait aussi à désigner le sexe masculin (nouer les aiguillettes était un sort fort prisé des femmes de l’époque). Donc on peut déterminer que le petit chaperon rouge est une fille pubère entre 14 et 16 ans, quand à la grand-mère c’est une femme ménopausée de plus de cinquante ans.



• Un repas fortifiant : Arrivée chez sa grand-mère, la petite fille est invitée par le loup à se restaurer). Il lui dit de prendre de la viande dans le placard, ou le coffre, ou l'armoire, et de se servir un verre de vin. La scène est intime, domestique, le loup dans son lit la regarde s'affairer elle fait tous les gestes de préparation du repas, sort les ingrédients, allume le feu, remue les casseroles. S'il est bien clair dans toutes les versions que le loup mange sa part de grand-mère, nulle trace de cuisine pour lui, il ravale toute crue, et sait fort bien ce qu'il fait. Dans quelques rares versions seulement, il semble se remettre à table avec la petite fille. À l'inverse, le repas de la petite fille présente toutes les caractéristiques d'un repas d'Atrée : cannibalisme involontaire – du moins non-conscient – et préparation culinaire élaborée. À quelle sauce la grand-mère est-elle donc mangée ? Rappelons les gestes du loup : il arrive, tue la grand-mère, la dévore en partie, la saigne, met le sang de côté dans une bouteille, un verre, un plat, une terrine, une écuelle, une assiette ou un bol, et réserve la chair – c'est le terme employé –- qu'il range comme des provisions dans le coffre, l'armoire ou le placard. Suit l'épisode culinaire qui concerne la petite fille : ou bien le loup lui propose de manger ce qui cuit déjà sur le feu, ou, plus souvent, il lui demande de prendre la viande dans le placard à provision et de la faire cuire, viande qui n'est autre que la chair de sa grand-mère. Dès la première bouchée, l'horreur de son geste est immédiatement signalée à la petite fille : "Tu manges la chair de ta grand-mère !". Selon les versions la consommation du sang se fait ensuite sous deux formes ou bien elle le boit sous forme de vin ; une voix lui murmure alors : "Tu bois le sang de ta grand !". Ou bien, comme dans toute une série de versions, la version tourangelle et la série des Hautes-Alpes, elle le fait cuire à la poêle. Par deux fois, cette cuisine du sang est celle de boudins. On l'aura remarqué, dès le début de l'épisode, le code culinaire utilisé est sans équivoque il n'est autre que celui du cochon depuis l'abattage jusqu'à la cuisine. Les tâches sont bien partagées : office masculin, le loup tue, saigne, réserve la chair comme s'il s'apprêtait à la saler ; office féminin, la fille cuisine. Le sang fricassé directement à la poêle, ou les boudins, sont les deux formes exclusives de préparation du sang du cochon, et leur consommation est associée au "sacrifice" de la bête. La "fricassée" désigne tout à la fois, dans certaines régions, la technique (sauter à la poêle), le plat, préparé avec le sang, le foie et le cœur, et les portions distribuées aux parents et voisins le jour du "sacrifice" : "une assiette garnie d'un morceau de boudin disposé en cercle avec au centre des morceaux de foie, de cœur, de panse, le tout recouvert d'un peu de coiffe (péritoine)". Aussi, le terme fricassée, outre le sang qui en est l'élément principal, suggère-t-il également la consommation de certains organes : foie et cœur. Si donc le loup dévore en partie la grand-mère, l'accent est mis sur le repas de la petite fille, repas doublement médiatisé par l'utilisation d'ustensiles de consommation (verre, écuelle, assiette) et par la cuisine. Chair fait chair et vin fait sang, dit le proverbe, nous rappelant l'équivalence vin-sang du conte, mais nous montrant également qu'il s'agit d'une véritable incorporation, celle donc d'une grand-mère par sa petite fille. Dans cette incorporation, le sang, qu'il soit sous forme de vin ou sous forme de fricassée, est toujours cité. En ce qui concerne la chair, deux versions précisent les morceaux qu'absorbe la petite fille. Si le code culinaire du cochon nous donne bien l'indication du caractère sacrificiel du repas, comme si la grand-mère était sacrifiée par le loup pour l'enfant, les parties du corps que la petite fille absorbe, le sang et les mamelles, qui ne sont autres que les organes de la procréation féminine, précisent le sens de ce sacrifice. Après le motif "pubertaire" des épingles, cette phase de l'histoire concernerait donc l'acquisition par la petite fille du pouvoir de procréer. Aussi le motif du repas macabre du Petit Chaperon rouge peut-il se comprendre par rapport au destin féminin qui se joue en trois temps puberté, maternité, ménopause ; trois temps qui correspondent à trois classes généalogiques : jeune fille, mère, grand-mère. Le cycle de la reproduction se trouve en effet, du point de vue de la société, bouclé quand, du fait qu'une femme devient mère, sa mère devient grand-mère : le jeu se joue donc à trois. La petite fille élimine déjà un peu sa mère le jour de sa puberté, encore un peu plus le jour où elle connaît l'acte sexuel, et définitivement plus si celui-ci est procréatif, en d'autres mots, au fur et à mesure que ses fonctions génésiques s'affirment. Mais c'est aussi une image vampirique qui nous est proposée quand le sang afflue chez la fille – condition première de son destin génésique – il doit quitter la mère qui va se trouver dépossédée de son pouvoir de faire des enfants comme dans un jeu de vases communicants. Et le conte dit plus la fille conquiert ce pouvoir sur sa mère, elle le lui prend, elle l'absorbe au sens propre. Ce que nous dit donc le conte, c'est la nécessité des transformations biologiques féminines qui aboutissent à la supplantation des vieilles par les jeunes, mais de leur vivant les mères seront remplacées par leur fille, la boucle sera bouclée avec l'arrivée des enfants de mes enfants. Moralité les mères-grands seront mangées



• Et le loup ? Que devient-il dans l'histoire ? Il semble qu'il soit là pour effectuer le passage, comme terme médiateur. Apparemment, il peut dévorer/coucher avec tout le monde, la grand-mère, la fille. Rencontrant la petite fille et apprenant sa visite chez la grand-mère, il se réjouissait d'avance, disent certaines versions, de les dévorer toutes deux. Contrairement aux femmes du conte, il n'a pas de statut généalogique bien spécifié, cependant il est la condition même de leur destin. Et ce que dit aux filles le conte au travers du loup, c’est : "Tu seras mangée par l'homme", être sans nuances, (ne dit-on pas toujours le loup ?), qui aura déjà mangé (crues bien sûr, et sans trop regarder aux différences) ta mère ou ta grand-mère. Qu'il y ait en effet d'une certaine manière et au passage initiation sexuelle de la fille qui, rappelons-le, vient de manger en fricassée tous les organes génésiques de sa mère grand-mère, ressort clairement de l'épisode du déshabillage qui précède son coucher, fort développé dans cette version nivernaise : "Dhabille toi mon enfant, dit le bzou, et viens te coucher vers moi. – Où faut-il mettre mon tablier ? – Jette-le au feu, mon enfant, tu n'en as plus besoin". Et pour tous les habits, le corset, la robe, le cotillon, les chausses, elle lui demandait où les mettre. Et le loup répondait ; "Jette-les au feu mon enfant, tu n'en as plus besoin". Ainsi se trouve-t-elle dépouillée de ses vêtements essentiels – de ceux que l'on jette par-dessus les moulins – et va-t-elle se coucher avec le loup. Le loup figurerait-il donc simplement l'homme de service dans cette histoire qui semble se dérouler surtout entre femmes ? Mais les choses se compliquent dans le lit, quand s'entame le dialogue.



• Les questions ou exclamations de la fillette portent presque invariablement sur l'aspect velu de ce compagnon de lit, tout au moins c'est l'objet de la première question : « Oh ! ma grand-mère que vous êtes poilouse ! » Et le loup de répondre presque systématiquement : "C'est de vieillesse mon enfant, c'est de vieillesse". Or, le loup, on s'en souvient, s'est travesti, il a pris la place de la grand-mère, il a mis sa coiffe, ou son bonnet, et même ses lunettes. Alors pourquoi ne pas le prendre au mot ? Prenons-le donc pour ce qu'il prétend être, la grand-mère, visage en tous cas sous lequel il se montre à la petite fille. Celle-ci se trouverait donc face à une grand-mère fort poilue, c'est-à-dire pourvue d'un attribut physique masculin dont la cause est attribuée à la vieillesse. Le dialogue d'une version italienne donne quelques détails sur les raisons de ce vieillissement : "La petite fille se glissa dans le lit. Quand elle sentit la main de sa grand-mère, elle dit : "Grand-mère, pourquoi as-tu la main si velue ? – C'est à cause des années que m'a fait porter mon mari". Puis elle sentit les bras "Pourquoi sont-ils si poilus ? – C'est d'avoir trop travaillé". Elle sentit la poitrine : "Pourquoi tous ces poils ? – C'est d'avoir trop allaité. – Et cette panse poilue ? – C'est d'avoir eu trop d'enfants". Ici, le poil, l'aspect velu, attribut masculin, est donc associé à la détérioration, à l'usure des facultés génésiques féminines : c'est à cause des années que m'a fait porter mon mari, d'avoir eu trop d'enfants, d'avoir trop allaité ! Si donc on prend le loup au mot, ne figurerait-il pas la vieille femme elle-même, qui, dépouillée de son pouvoir d'enfanter, de tous ses attributs féminins – son sang menstruel, ses mamelles, sa panse – nous venons de le qualifier, n'aurions nous pas affaire à une grand-mère loup ?



• Mais c'est peut-être en finir un peu rapidement avec le loup et se laisser prendre à son jeu d'illusionniste que d'en rester là avec lui car ce jeu le caractérise tout entier. Personnage à éclipse, qui ne montre jamais son vrai visage, mais joue à cache-cache, se travestit, porte masque, change sa voix au point de se rendre en quelque sorte invisible, il est cependant toujours là, à chaque transformation de la petite fille. À la croisée des chemins, lorsqu'elle choisit les épingles, c'est lui qui est à l'origine du choix ; c'est ensuite face à lui, sous son regard et à sa demande que la petite fille s'incorpore sa grand-mère et se déshabille. Autant dire que chaque pas vers ce destin féminin se fait par rapport à lui. Mais à chaque fois il révèle ses dons d'acteur ; badin, flirtant comme un jeune homme lorsque la petite fille prend les épingles jouant à la perfection la vieille dame lors de la deuxième rencontre. Sans visage à force de mimétisme, il posséderait la matérialité du miroir, renvoyant aux femmes le reflet de leurs transformations à elles, et ce serait face à ce loup-miroir que se jouerait le destin des femmes qui les fait rivales entre elles



• Qui a mangé la galette ? demande l'enfant, resté sur le Petit Chaperon rouge englouti peu après la grand-mère. Question sinon facétieuse, car, on le sait, la petite fille ne part pas les mains vides. Dans les versions qui nous occupent, il ne s'agit pas toujours de la galette et du petit pot de beurre de Perrault, mais de produits parfaitement comparables : pain et en général un produit laitier. la démarche de la petite fille apparaît tout à fait ordinaire, quotidienne, dans le contexte villageois. En effet, porter leur souper aux vieux fait partie des services que les enfants rendent plus généralement la circulation de nourriture – telle celle par exemple du pain bénit – entre maisonnées se fait par leur intermédiaire. Circulation qui fait intervenir trois termes : celui qui donne – celui qui fait passer – celui qui reçoit. Ce rôle de passeur est donc donné aux enfants, et l'équation de l'échange alimentaire dans notre conte devrait s'écrire ainsi : celle qui prépare (donne) la mère ; celle qui fait passer (porte) la petite fille ; celle qui reçoit (mange) la grand-mère. Or, la grand-mère ne recevra pas son souper, il disparaît curieusement au cours du récit, et l'enfant a raison qui demande "Qu'est devenue la galette ? Qu'est devenu le petit pot de beurre ? la nourriture destinée à la grand-mère n'atteint pas son but. Qu'elle ait été subtilisée par le loup, ou beaucoup plus souvent oubliée – on n'en parle plus – au cours du récit, dans tous les cas la grand-mère n'en sera pas nourrie. Et c'est aussi l'indication que la petite fille ne joue plus son rôle enfantin de porteuse de nourriture. En vérité, elle fera tout autre chose : bousculant tous les termes de la circulation de nourriture, elle prendra tout à la fois la place de cuisinière de sa mère, et celle de consommatrice de sa grand-mère. Aussi nous est-il bien signifié que la petite fille change de rôle, prend ceux de sa mère et de sa grand-mère, et sur le dos de celle-ci pourrait-on dire : car c'est elle qu'elle cuisine et mange.

• La maison dans la forêt : Qu'est donc venue faire cette petite fille chez sa grand-mère ? Conquérir sa féminité, connaître les lois de son destin ? Notre conte traiterait-il donc, en somme, le thème de l'initiation ? Voyons de plus près quel est le parcours, quels sont les lieux. La petite fille se rend dans une maison située au fond des bois au bout d'un chemin, le long duquel elle ramasse des épingles. Cette maison, on dit souvent qu'elle est sombre – c'est même parfois une caverne- sa porte s'ouvre toujours avec difficulté ou tout au moins un système bien compliqué dont seule la grand-mère connaît le code ; la petite fille en ressort le plus souvent saine et sauve après y avoir accompli un certain nombre de choses : cuisiné, mangé (sa grand-mère), dormi (couché) avec le loup. Voyons comment on y entre, et comment on en sort, quand on sort. L'épisode de l'entrée de la petite fille dans la maison est toujours "marqué", Quelle que soit la formule, la petite fille est toujours obligée de se débrouiller elle-même pour entrer, en suivant les indications orales de sa grand-mère-loup qui, couchée, malade, prétend-elle, ne peut se déranger pour lui ouvrir. Dans une version de la Haute-Loire, le passage du seuil de la porte prend un tour encore plus particulier : "Quand la petite arrive, elle crie à sa mère d'où elle passera que la porte est fermée. Le loup couché dans le lit de la femme répond à la petite : "Passe par la chatouneyre que la poule noire y a bien passé ! – Ah ! ma mère, j'ai passé mes pieds, le reste y passera bien aussi. Ça va bien." Passer les pieds devant, on le sait, est une expression sans ambiguïté, et signifie une naissance inversée, une entrée dans le monde des morts. Ce mode d'entrée si singulier et si parlant est à rapprocher du mode de sortie de la maison commun à toute une série de versions, en particulier les nivernaises, versions où elle s'échappe, sous le prétexte de faire ses besoins, un fil attaché à la jambe. Une fois dehors, elle se délie soit en attachant le fil à un arbre, soit en le cassant, soit encore en sortant ses ciseaux et en le coupant comme on coupe le cordon ombilical d'un nouveau-né. N'est-ce pas là, après cette entrée pareille à une mort, une sortie pareille à une naissance ? L'épisode de la sortie est parfois en quelque sorte redoublé et suit alors au plus près les rites de naissance tels qu'on peut les observer dans la société paysanne traditionnelle. En effet comme on l'a dit plus haut, dans quelques versions l'histoire continue. Le loup, s'apercevant de la ruse, poursuit la petite fille. Celle-ci trouve un obstacle dans sa course, une rivière à franchir. Mais des laveuses sont en train de faire leur lessive ; en tendant leur drap au-dessus de l'eau, elles la font passer de l'autre côté, et elle se retrouve libre. Quand arrive le tour du loup, elles lui proposent également de le faire passer, mais elles lâchent le drap, il tombe à l'eau et se noie. Ce double rôle tenu ici par les laveuses, faire passer la petite fille du bon côté, la sauver, faire noyer le loup, le faire mourir donc, s'accorde à leur rôle dans la réalité sociale villageoise. En effet, la charge de "faire les passages", "aider" les enfants à naître et "aider" les gens à mourir, est tenue par une seule et même personne, une femme âgée, une femme qui peut tout à la fois manier le lange et le linceul, qui lave les bébés comme elle lave les morts, une femme que nous avons pu définir comme une laveuse. Si c'est bien à mourir qu'est conduit le loup par les laveuses, c'est à naître qu'est conduite la petite fille. Le séjour dans la petite maison de la grand-mère présente donc toutes les caractéristiques d'un séjour initiatique comme en témoigne la façon dont on entre et sort de la maison : – entrée vécue comme une mort, sortie comme une renaissance symbolique. Dans la maison, la petite fille est instruite de son avenir féminin, et lui sont transmises les facultés génésiques de sa grand-mère au travers d'un apprentissage technique, l'apprentissage de la cuisine – attribut des mères et des épouses. Sur le chemin, un autre apprentissage technique lui avait été inculqué, celui de la couture, associé à la vie de jeune fille. Enfin, par son passage auprès des laveuses, elle se trouve introduite à un troisième savoir féminin fondamental : la lessive, technique de l'accouchement, technique des vieilles femmes



La petite fille n'a donc pas perdu son temps en allant rendre visite à sa grand-mère ! Initiée à son destin de femme, instruite dans tous les arts de la vie domestique, elle peut rentrer à la maison. Si elle a "vu" le loup, on ne peut plus s'en tenir à la morale qui se dégage de la version écrite par Perrault le destin féminin dont nous parle la tradition orale du conte est loin de se jouer avec le loup comme unique partenaire. Le conte met en effet en évidence le fait que les femmes se transmettent entre elles la faculté toute physique de procréer, cependant que le caractère radical de cette transmission met à jour l'aspect conflictuel – rivalité qui va jusqu'à l'élimination physique – des relations des femmes entre elles sur ce point. Classées par rapport à la maturité de leur corps, les femmes se retrouveraient divisées et inégales. Peut-être pourrait-on voir là la source principale de la violence de leurs conflits ?

Références :
Bruno Bettelheim Psychanalyse des Contes de fées. Robert Laffont, 1976
"Petit Chaperon rouge, le" Encyclopédie Microsoft® Encarta®
Le langage oublié. Payot, 1951
Le Petit Chaperon rouge dans la tradition orale" D’Yvonne Verdier publié dans Les Cahiers de la Littérature orale, IV (1978
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MessagePosté le: Sam Sep 29, 2007 12:39 am    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai pris le temps de tout lire, merci Ménousia pour ce superbe post!

Et voilà comment en si peu de mots on peut transmettre tant de non dits et de notions de sagesse populaire.

Sais-tu si on peut trouver encore le livre de Bruno Bettelheim car il semble avoir été publié il y a longtemps?
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MessagePosté le: Sam Sep 29, 2007 1:03 am    Sujet du message: Répondre en citant

oui il est toujours édité mais l'analyse de Bettheilheim ne porte que sur les contes de Perrault, des frères Grimm et certains d'Andersen. Les versions populaires ne sont pas prises en compte. De plus il considère le conte dans la perspective d'une utilisation qu'auprès des enfants. ça reste un classique de l'interprétation des contes.
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MessagePosté le: Jeu Oct 04, 2007 8:10 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Très intéressant, mais si nous nous intéressions au symbolisme en lui-même ?
Que signifie le fait d'éduquer par le symbolisme ? Serait-ce que les mères, perpétuant un tabou parce qu'ayant été mangées par le loup, sont obligées de se taire car un peu coupable et un peu complice ou la portée est-elle moins psychanalytique et beaucoup plus pédagogique ?

Notre façon de parler ou ne parler des choses et comment on décide d'en parler est assez un révélateur des tabous, des forces conscientes et inconscientes qui nous poussent à le faire... Rolling Eyes

Symbole veut dire signe...Parler par symbole, ça veut dire quoi, dans l'intention de communiquer, selon vous ? Confused
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MessagePosté le: Jeu Oct 04, 2007 9:05 pm    Sujet du message: Répondre en citant

[quote="Isis 0"]Très intéressant, mais si nous nous intéressions au symbolisme en lui-même ?
Que signifie le fait d'éduquer par le symbolisme ?
Notre façon de parler ou ne parler des choses et comment on décide d'en parler est assez un révélateur des tabous, des forces conscientes et inconscientes qui nous poussent à le faire... Rolling Eyes
Symbole veut dire signe...Parler par symbole, ça veut dire quoi, dans l'intention de communiquer, selon vous ? Confused[/quote]

d'accord avec vous parler par symboles c'est dire sans dire car le tabou est si fort que nous ne pouvons pas dire qu'un chat est un chat ou un loup un homme.
Mais en même temps l'image symbole peut parler à l'inconscient que la parole crue ne peut pas toucher.
La symbolique n'est pas comprise par tous, dans les contes on peut les prendre au premier degré et peu à peu, à force d'entendre la même histoire y déceler les symboles qu'on est prêt à comprendre.
Le symbole est la force des religions, la bible est une collections d'images symboles qui permettent de changer la signification suivant les époques.
Je crois, mais ça n'engage que moi, qu'il est important d'éduquer à la symbolique, parce que j'ai l'impression que c'est une forme qui parle à l'âme plutôt qu'au mental. Je n'en suis pas sure mais c'est une impression qui me vient à partir de l'art plastique, certaines formes sont si chargées de symboles qu'on arrive à comprendre et à ressentir face à un tableau abstrait.
Pour en revenir au conte et en particulier celui-ci, si une mère disait crument "moi j'ai rencontré un homme qui a abusé de moi donc méfie toi !"
quelle serait la portée de ses paroles ? L'expérience de l'une n'est pas une leçon pour les autres, seules ses propres expériences apportent des renseignements et des ressentis. Si on est une enfant très liée affectivement à sa mère on aura peur des hommes, si c'est le contraire on aura tendance à aller vers l'interdit, même si le temps n'est pas encore venu.
Le symbole n'empêche en rien la franchise ce sont deux modes qui ne s'annulent pas si on les utilise en complément : je pense à mes enfants qui ont l'un comme l'autre posés des questions très pertinentes sur l'abandon après l'écoute du petit poucet et après la symbolique la parole franche et la discussion a permis d'apaiser l'angoisse chez ces deux enfants abandonnés par leur père. Sujet qui ne serait certainement pas venu aussi en profondeur s'ils n'avaient pas saisis qu'un "abandon" permet de grandir plus vite et qu'il n'est pas forcément défavorable à ceux qui l'ont subi.
Voilà en gros ce que je pense de la symbolique c'est un peu brouillon, désolée.
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MessagePosté le: Jeu Oct 04, 2007 9:13 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Pour Althea,

Tu peux trouver le livre de Bettelheim aux éditions Poche Pocket:

http://www.amazon.fr/Psychanalyse-contes-f%C3%A9es-Bruno-Bettelheim/dp/2266095781

Mais tu peux aussi le trouver aux éditions 10/18, qui sont un peu plus chères.
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MessagePosté le: Jeu Oct 04, 2007 9:24 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ce qui est drôle avec ce conte, c'est qu'il a longtemps été utilisé pour sermonner et culpabiliser les filles, les mettant en garde contre les hommes, contre la sexualité.
Sans doute l'expression "avoir vu le loup" pour désigner le fait d'avoir eu une relation sexuelle avec un homme, vient de ce conte.

Le petit chaperon rouge est quasiment le seul en son genre où l'on trouve aussi forte une critique de la sexualité et une diabolisation de celle-ci. Et on plaque dans une même histoire en même temps le thème de l'inceste avec le tabou, mais aussi la défloration.

Peau d'Ane pourrait se trouver dans la même catégorie mais la jeune fille n'est plus une enfant comme on présente le petit chaperon rouge. Elle est donc moins innocente, plus femme.
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MessagePosté le: Jeu Oct 04, 2007 9:32 pm    Sujet du message: Répondre en citant

ce sont les versions de Perrault et des frères Grimm qui font du petit chaperon rouge une petite fille mais en fait dans les versions populaires antérieures à Perrault c'est une jeune fille vierge mais pubère.
Perrault en a fait un conte d'avertissement réprobateur du sexe avant l'heure, mais dans sa forme populaire le conte est vraiment une initiation où le loup n'est qu'une anecdote, ça se joue surtout dans le passage de pouvoir de générations où on élimine la plus vieille qui n'est plus "une femme" pour laisser à la plus jeune la place de procréatrice potentielle.
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MessagePosté le: Ven Oct 05, 2007 8:47 am    Sujet du message: Répondre en citant

très franchement je n'avais jamais vu aucune symbolique de ce genre dans ce conte.une moralité oui mais pas toute cette explication de texte ^^
je pense que pour les symboles il faut les replacer dans leur contexte d'époque ou l'on ne disait pas les choses .je ne pense pas que nos enfants, saturés de télé, jeux et même éducation y verront encore la même chose:)
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MessagePosté le: Ven Oct 05, 2007 11:56 am    Sujet du message: Répondre en citant

Les enfants ne percevront pas tous ces symboles au niveau du conscient.
Et d'autant moins à notre époque où les parents préfèrent les planter devant la télé, l'ordinateur que de leur lire des contes ou de les inciter à en lire. Mais lorsqu'ils liront un jour ces histoires, ou les verront en film, quelquechose se passera au plan de l'inconscient et leur parlera de toute cette symbolique.

A noter quand même que le conte du petit chaperon rouge n'a été repris en dessin animé que détourné par Tex Avery et en films pour adultes.
Jamais Disney n'a eu l'idée de le mettre en scène. Trop de symbolique sexuelle sans doute...Idem pour Peau d'Ane, seulement traité au cinéma par Jacques Demy. (si les parents n'ont pas l'envie de le leur montrer, la plupart ignoreront complètement ce conte).


Pour autant, malgré le peu d'ouverture culturelle et livresque de nos chères têtes blondes, j'ai souvent été surprise, quand je m'occupais d'un atelier pour enfants en grande surface avec une activité coloriage et des dessins à choisir parmi les contes de Disney, vers quel genre de contes ils allaient plus facilement et pourquoi...

Les petites filles prenaient le plus souvent les coloriages se rapportant à la petite sirène et Cendrillon. Il n'y en avait jamais assez. Les gamines me disaient: "tu comprends, nous on préfère des filles qui agissent pour trouver le prince. Blanche-Neige, la Belle au Bois Dormant et les autres, elles attendent trop des garçons. Mais les garçons c'est bête si les filles décident pas les choses..."
Laughing J'étais écroulée de rire par ces remarques de petites filles entre 5 et 8 ans.

Bien sûr notre vie moderne est passée par là (familles monoparentales, libération des moeurs, féminisme), le discours des mères a changé. Et donc les petites ont intégré à travers les contes, la nécessité de se battre pour trouver l'amour. Elles choisissent donc de préférence des héroïnes volontaires, actives.

En même temps, ces héroïnes sont peut-être plus dans un registre sacrificiel (Cendrillon qui a une vie de misère, endure toutes sortes de mauvais traitements, la petite sirène qui renonce à sa voix pour avoir des jambes) que leurs consoeurs princesses.

Ont-elles déjà inconsciemment l'impression qu'une femme active doit payer le prix de ses choix??? On peut se le demander...Et ce n'est pas forcément le conte qui le leur dit au départ, mais c'est déjà véhiculé par leurs mères et elles retrouvent implicitement et symboliquement ce discours au travers du conte.
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MessagePosté le: Ven Oct 05, 2007 12:48 pm    Sujet du message: Répondre en citant

[quote="eve"]très franchement je n'avais jamais vu aucune symbolique de ce genre dans ce conte.une moralité oui mais pas toute cette explication de texte ^^
je pense que pour les symboles il faut les replacer dans leur contexte d'époque ou l'on ne disait pas les choses .je ne pense pas que nos enfants, saturés de télé, jeux et même éducation y verront encore la même chose:
)[/quote]

Faux selon moi : la grande popularité de ces contes malgré les siècles qui nous séparent de leur invention prouve que la société surmédiatisée n'a aucune incidence sur le fait que les symboles passent. Aucune production à laquelle on n'a trouvé aucun intérêt ne reste longtemps ni n'est lue ou écoutée par le public.
Les contes s'adressent à l'inconscient collectif : il pourra y avoir autant de jeux video que la société de surconsommation voudra, rien n'empêchera à l'humain d'avoir des histoires, des désirs, des peurs d'humains.
Je ne me fais aucun souci quant au fait que les symboles passent Smile : cela est évident. Very Happy
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MessagePosté le: Ven Oct 05, 2007 1:30 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Les symboles ont la vie dure...ils sont protéiformes, répondent à notre soif d'appréhender, éminement populaires, ils renaissent de leurs cendres car ils trouvent leurs sources à la fois dans l'inconscient collectif comme le dit justement Isis, mais aussi des toutes les traces de l'expression humaine, notament artistique, comme des piqûres de rappel à notre propre inconscient, comme le précise Muse.

Les contes parlent de nos désirs et des peurs qu'ils engendrent, ils ont donc encore de beaux jours, sous une forme ou une autre... Smile
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MessagePosté le: Ven Oct 05, 2007 1:57 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Les petites filles prenaient le plus souvent les coloriages se rapportant à la petite sirène et Cendrillon. Il n'y en avait jamais assez. Les gamines me disaient: "tu comprends, nous on préfère des filles qui agissent pour trouver le prince. Blanche-Neige, la Belle au Bois Dormant et les autres, elles attendent trop des garçons. Mais les garçons c'est bête si les filles décident pas les choses..."


voila ce que pense une petite fille de maintenant .elle y voit donc autre chose par rapport à son propre vécu visuel, social et familial.
(c'est ce que je voulais dire plus haut ^^)

encore une chose, pour y voir des symboles autres qu'imaginatifs, un enfant à quand même besoin de quelqu'un (parents en général) pour se faire si non guider au moins avoir quelques indices explicatifs.
je ne vois pas un enfant lire un conte et en déduire tout seul qu'il y a inceste ou autre perversion.
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MessagePosté le: Ven Oct 05, 2007 2:10 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Pour autant, Eve, la symbolique fonctionne par-delà même l'éducation reçue. Même si l'enfant n'a pas les ressources intellectuelles pour les verbaliser, les réaliser consciemment.

Je ne sais pas si tu peux te procurer le dvd de Peau d'Ane de Demy. Tu as dans les bonus du dvd, le conte vu et raconté par les enfants, filles et garçons. C'est particulièrement intéressant de voir que, sans intervention d'adultes, les enfants expriment clairement les différents tabous que soulève l'histoire, même s'ils n'arrivent pas toujours à expliquer pourquoi Peau d'Ane part de chez elle, pourquoi le père veut épouser sa fille.
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