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Nokomis ~°Allié(e) Magique°~

:  Inscrit le: 15 Nov 2005 Messages: 1111 Localisation: Sur le chemin
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Posté le: Dim Nov 18, 2007 7:10 pm Sujet du message: [Encens] Autour du feu: Comment tout à commencé |
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Autour du feu: Comment tout à commencé
Le feu et ses parfums
[Toutes les informations sont tiré du livre"Le Guide de L'encens" de Suzanne Fischer Rizzi et traduit par Astrid Williot et Dominique Thomas]
L’histoire de l’encens débute avec celle du feu. Il y a des millions d’années, les êtres humains étaient déjà assis autour d’un foyer. Celui-ci les réchauffait, les protégeait et leur procurait de la lumière. Après des journées épuisantes, en ces temps périlleux, c’est lui qui, dans une grotte, une tente ou une cahute, leur offrait chaleur et apaisement.
Autour du feu, d’innombrables légendes se racontaient, une multitude de chants étaient entonnés, sans oublier les danses. Le feu rapporchait les individus, créant un lien entre eux. Dès qu’un bout d’écorce de résineux ou une plante aromatique étaient jetés dans les braises, l’atsmospjère changeait ; chacun constatait que les effluves dégagés par la fumée étaient agréables. Les fumigations accompagnaient également les rituels. Elles servaient aussi de messagères véhiculant les prières que l’on formulait en vue de bénéficier d’une chasse couronnée de succès, d’un temps clément, d’une bonne santé, ou que l’on adressait aux êtres d’un autre monde.
Ce sont, semble t il, les premiers hommes qui peuplèrent l’Afrique qui découvrirent l’usage du feu. Des objets découverts dans une grotte près de Johannesburg montrent que l’Homo erectus se servait déjà du feu il y a plus d’un million d’années, mais qu’à cette époque il ne savait pas encore l’allumer et le maitriser.
Ce n’est que plus tard, il y a environ 400 000 ans, que l’homme apprit à produire des étincelles avec des pierres ou allumer un feu en frottant deux bouts de bois. C’est peut être là la plus grande découverte qui fit le genre humain. Notre très vieille attirance pour les fumées odorantes y est sans aucun doute étroitement liée.
Les premieres traces de pratique de l’encens correspondent à l’époque ou l’humanité découvrit le feu. C’est là, autour des premiers foyers, que l’homme prit conscience de cette expérience nouvelle. Son odorat était alors beaucoup plus développé que maintenant car sa survie en dépendait. Les premiers hommes connaissaient les odeurs révélatrices d’un changement de temps, de la proximité d’animaux sauvages, du danger, de la sécurité, des aliments comestibles ou toxiques. C’est donc avec cette faculté sensorielle extrêmement aiguisée, leur permettant de prendre des décisions importantes à leur survie, que les hommes primitifs respiraient l’odeur dégagée par le feu. Cette connaissance est restée profondément gravée dans nos mémoires, ce qui fait qu’aujourd’hui encore l’odeur du feu éveille en nous des sensations relevant de l’archétype.
Nos ancêtres commencèrent à récolter des plantes en fonction de leurs senteurs. Un jour, ils découvrirent que certaines parties de ces végétaux dégagaient des effluves particuliers, que l’odeur produite par les branches de genévrier jetée dans le feu créait une atmosphère agréable, que la résine du sapin purifiait l’air, que les graines de datura provoquaient des visions. Peut etre ont-ils acquis ce savoir par hasard. A moins qu’à l’époque, les plantes parlaient aux êtres humains et leurs aient transmis la connaissance des vertus dont elle étaient porteuses.
Se pourrait il que l’homme de Neandertal, qui vivait entre 90 000 et 35 000 ans av JC, ait possédé un cerveau d’une taille supérieure afin de disposer d’un espace cérébral plus vaste lui permettant de tirer parti de ses expériences olfactives ?
Des recherches en paléontologie montrent que les hommes de Neandertal pratiquaient deja des rituel au cours desquels il était fait usage de plantes. Des fouilles effectuées à Skanidar en Irak, dans les grottes habitées environ 60 000 ans avant notre ère, ont mis au jour des tombes creusées dans le sol et tapissées de différents végétaux, probablement destinés à aider l’âme des défunts dans leur voyage vers l’au-delà. Certaines de ces espèces sont toujours utilisées de nos jours comme encens. _________________
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Nokomis ~°Allié(e) Magique°~

:  Inscrit le: 15 Nov 2005 Messages: 1111 Localisation: Sur le chemin
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Posté le: Dim Nov 18, 2007 7:11 pm Sujet du message: |
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La connaissance des chamans
C’est à l’âge de pierre, quand les hommes vivaient encore dans des grottes ou sous des tentes, que naquit la tradition chamanique. Les guérisseurs, hommes et femmes, commencèrent à garder en mémoire les différents effets des substances odorantes et à les classer de manière précise. Un savoir très ancien était en train de naître et de se répandre. Pour la première fois, une culture spécifique se développait. Il devint possible de choisir l’odeur que l’on souhaitait voir régner dans une grotte, sous une tente ou même sur son propre corps. Le feu étant considéré comme un don des dieux, sa fumée ne pouvait dons s’élever que vers les royaumes divins. Dès lors, elle servit à transmettre des messages aux Dieux, à leur témoigner de la gratitude et à leur adresser prières et requêtes. Grâce à la fumée et à ses senteurs on pouvait alors vénérer l’inexprimable. Les chamans gardaient jalousement la connaissance consistant à savoir quel encens était destiné à telle ou telle divinité. Des rituels impliquant la fumigation étaient pratiqués pour aider prières et requêtes à s’élever vers le ciel et les dieux. C’est à cette époque que les hommes commencèrent à apprendre à utiliser différentes résines et parties de plantes pour élaborer d’agréables mélanges. Ce savoir se développa et se transmit de génération en génération, comme nous en avons la preuve aujourd’hui grâce aux objets retrouvés.
Parmi eux, les plus anciens datent d’environ 7200 ans av JC. On a en effet découvert au Danemark, et dans le sud de la Suède, des pâtes à fumigation qui, lorsqu’on les brûle, rappellent l’odeur de l’oliban et de la myrrhe.
Dans les temps anciens, les chamans connaissaient également les secrets de plantes susceptibles d’ouvrir aux hommes les portes de la conscience et de développer leur perception des mondes subtiles. En outre, ils avaient découvert le pouvoir des plantes hallucinogènes qu’ils vénéraient et considéraient comme un don des dieux. Ces plantes leur permettaient d’explorer d’autres réalités et leur servaient de passerelle vers un espace mystique intemporel. Pour entrer en transe et communiquer ainsi avec les dieux ou accomplir des rituels de guérison, ces chamans utilisaient la fumée de certains végétaux spécifiques, tels que le datura, la mandragore, la jusquiame et le pavot. Les premières assemblées vouées à un culte se déroulèrent probablement autour d’un feu, dans la fumée de plantes sacrées et magiques. Brûler de l’encens nous relie à un savoir qui remonte aux origines de l’homme et qui demeure latent en chacun de nous.
Les cérémonies célébrées à des fins curatives se sont, elles aussi, développées en lien étroit avec ces techniques de fumigation. Sans aucun foute nos ancêtres y avaient déjà recours, soumettant à la fumée un membre douloureux, rhumatisant, ou en brûlant certaines résines pour remédier à un refroidissement. Très vraisemblablement, les ingrédients utilisés dans ce but étaient des résines de conifères, des branches de genévrier et de cèdre, ou du thym. _________________
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Nokomis ~°Allié(e) Magique°~

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Posté le: Dim Nov 18, 2007 7:12 pm Sujet du message: |
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Le rythme de la nature
Aujourd’hui encore, après des milliers d’années, le feu et avec lui la perception des odeurs qui lui sont associées, nous fascinent. Aucun autre sens ne nous touche aussi profondément que l’odorat. Ce que Janosch exprimait à ce propos pourrait bien être vrai : « Sans l’expérience de ces éléments, nos âmes s’atrophient. »
De nos jours, après une journée de travail, nous sommes toujours assis devant une source de lumière mais il ne s’agit plus d’un feu crépitant et odorant : nous l’avons remplacé par la pâle lumière cathodique et inodore de la télévision. Nous avons coupé le lien salutaire avec le feu et la nature environnante. Nous pouvons toutefois renouer avec les énergies de la nature qui nous entourent et, comme nos plus anciens ancêtres faire brûler des résines d’arbres ou des plantes aromatiques séchées. Cela permettra de suivre consciemment le rythme des saisons, les transformations, de la végétation et les énergies de la vie. Cette ouverture au cycle de la nature peut renforcer notre équilibre intérieur et nous aider à surmonter le caractère anonyme de la vie moderne. Prendre ainsi conscience du rythme de la nature peut nous être très bénéfique.
Les méthodes anciennes de fumigation, à base d’une seule plante- résine ou branches de sapin, genévrier, sauge séchée, thym, armoise ou d’un mélange, sont plutôt adaptées au plein air. Elles nécessitent en effet un bon feu crépitant qui, à lui seul, va déjà avoir un effet bienfaisant sur nos âmes si souvent coupées de la nature. Nous pouvons contempler les pierres qui entourent le feu et le bois entassé, nous nourrir de la lueur des premières flammèches. De petites langues de feu s’élèvent en dansant ; elles ont des couleurs orange, jaune, bleu et rouge.
Nous plaçons alors sur le feu des branches séchées de génévrier et sur les pierres chaudes des résines. L’odeur des forêts d’antan et le souffle de la nature pénètrent notre être et nous inspirent des récits, des danses et des chants associés depuis des temps immémoriaux au feu, à la fumée et aux parfums qu’elle exhale. _________________
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Nokomis ~°Allié(e) Magique°~

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Posté le: Dim Nov 18, 2007 7:15 pm Sujet du message: |
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Les résines aromatiques des conifères
On utilisait autrefois pour les fumigations les résines de conifères aux parfums balsamiques, car le bois de ces arbres est plus riche en résine que celui des arbres à feuilles caduques. Nous ne savons pas précisément comment ces arômes étaient alors employés au cours des rituels ou à des fins curatives. Nous pensons néanmoins que les hommes de cette époque connaissaient les vertus médicinales de ces résines. Ces substances ont en effet des propriétés désinfectantes et vulnéraires et elles firent partie des premiers remèdes élaborés par l’homme. Certains peuples primitifs utilisent encore de nos jours des crèmes à base de résine qu’ils appliquent sur les plaies. Cette coutume existait d’ailleurs dans nos contrées jusqu’au début du XX e siècle, avant de disparaître. Les remèdes à base de résine ne sont plus employés maintenant qu’en médecine vétérinaire.
L’odeur des conifères nous ramène dans ces temps éloignés ou l’Europe était entièrement couverte de forêts et ou nos ancêtres comprenaient encore le langage des arbres médecine. Les résines de pin, d’épicéa, de sapin, de mélèze et de genévrier ont des parfums légèrement différents. Il est facile de se procurer des résines d’encens semblables à celles utilisées autrefois. Lorsque vous vous promenez dans une forêt de conifères, vous voyez surement des arbres d’où s’écoule de la résine. Cela se produit dans l’écorce et le bois sont blessés.
Théophraste, un philosophe grec qui fit des recherches en botanique, conseillait de la récolter au moment ou l’étoile Siruis apparaît dans le Ciel. Cela correspond aux périodes de canicules, aux jours les plus chauds de l’année. Il est en effet intéressant de recueillir la résine en été puisque, du fait de l’évaporation, la teneur en eau dans cette substance est alors particulièrement faible. Et moins il y a d’eau dans une résine, plus sa combustion produit une senteur subtile. Vous pouvez gratter facilement avec un couteau ou une spatule cette substance qui suinte de l’arbre. Le mieux est de l’envelopper dans du papier aluminium avant de la rapporter chez vous.
Pour obtenir un encens de bonne qualité, il est préférable de la laisser sécher pendant environ un an. C’est à ce moment là qu’elle pourra dégager au mieux son parfum balsamique. Les résines naturelles produisant beaucoup de fumée lorsqu’on les brûle, il est préférable de les employer en plein air ou la fenêtre ouverte.
Pour brûler cet encens, disposez en de petits morceaux sur un charbons ardent ou sur une pierre chaude à côté du feu. _________________
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Uri Membre en Promenade

Inscrit le: 07 Nov 2007 Messages: 26 Localisation: Dans des Sphères merveilleusement instables ..
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Posté le: Dim Nov 18, 2007 7:21 pm Sujet du message: |
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C'est très intéressant cette Histoire du feu et de l'encens Je me demandais toujours d'où tout ça venait réellement je te remercie de nous avoir fait partager un extrait du livre Il est vrai que c'est toujours agréable de se retrouver autour du feu et de sentir la fumée, voire de l'agrémenter avec quelques plantes : une façon de se retrouver autour du strict nécessaire qui est nettement plus agréable et enrichissant que toutes ces choses superflues .. En tout cas bel article  _________________ MCH/MDE/MNE/MPA/MRU/MSH/MTA/MO/MPSYNE//S--/S---/w/!N/N*/PX----/Dd(+)/A/a(+)/CHp/Gp/Q++/666-/Y/
'La magie ne consiste pas à contrôler les choses mais bien à agir dans leur continuité ..'
Uri' |
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