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Temple Astral n° 2 : Dérive et Loa-subjectifs
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MessagePosté le: Dim Mar 09, 2008 2:37 am    Sujet du message: Temple Astral n° 2 : Dérive et Loa-subjectifs Répondre en citant

Bonjour,

Suite au topic d’airzombie, nous souhaitons ici, avec Inila/coach/Mulder ouvrir un nouvel « espace astral » ou « temple » fonctionnant sur des principes différents de ce qu’a pu donner le précédent.

Notre temple s’articule autour d’une mythologie interne partagée qui, finalement revient à une forme spontanée de l’exercice proposé par zombie sur ce même forum.

Souhaitant partager notre expérience en la matière en vue d’élargir notre auto-liturgie nous commencerons donc par exposer les principes selon lesquels s’est articulée la mise en place de ce que nous préférons nommer « prairie » (nous y reviendrons, rien de bien champêtre là dedans).

Notre posture s’est construite selon deux principes :

Le premier principe est la découverte de ce que nous nommons, d’un commun accord, et fort librement sûrement nos loa’mait’tête :

    Le principal but du laver-tête (baptême initiatique vaudou) est d’ un lien particulier et permanent entre le néophyte et un loa et correspond au placement du « loa’mait’tête ». Dorénavant le novice est consacré à un esprit particulier qui sera son protecteur et qui « dansera dans sa tête » plus fréquemment que les autres loa. […] Malgré les droits qu’il possède, le loa mait’tête ne s’offusque pas si d’autres loa s’incarnent en celui-ci

    Métraux-Le Vaudou Haïtien p.179

. N’étant ni houmfo ni des puristes en matière « magique », nous avons découvert nos loa’mait’tête par voie spirite. Au bout de quelques séances communes, deux entités entretenant un genre de glossolalie se sont présentées comme nos protectrices/collègues/armes/aspects sous la forme de « loups noirs ». Ces deux loups noirs, d’après leurs enseignements représenteraient deux aspects de nos personnes respectives. L‘un mâle, sous la forme d’un loup noir et sec, hantant le subconscient de Inila/coach/Mulder portant le nom d’Hotouob, et le second, à polarité féminine rattaché à moi, baptisé Hijigop, manifesté à moi plus tôt dans ma vie sous la forme d‘une chienne.

Les loups peuvent être définis, toujours selon eux, comme entités attachées par une instance supérieure et absolue désignée par le terme générique de « La Loi » en vue d’une réalisation spirituelle marquant un retour à cette dernière que les loups désignent également fort aisément comme Néant. Ces loups représenteraient donc une certaine « frange » des entités/daïmons rattachés aux êtres peuplant notre distorsion de réalité en vue de « la constatation de La Loi par Elle-Même ».

Il serait ici déplacé, sûrement, de parler de karma, néanmoins, les loups noirs revendiquent bel et bien un retour de l’âme fondant l’expérience de soi, marquant et impliquant les entités des deux rangs engendrant une expérience commune de La Loi. Ce conduisant soit à un dépassement des « plans » ou illusions de réalité occupés par les uns et les autres, soit à une régression menant respectivement à une réunion avec le principe premier ou à une dissolution dans l’énergie noire et fondamentale représentés par La Loi. A ce titre, l’image de la prairie est directement liée à un aspect d’Inila/coach/Mulder illustrée ici. La prairie est devenue , en conséquence le cadre symbolique de son expérience, mais reste une image parmi une multitude possibilités.

La manifestation des loups représenterait en elle-même une transgression de La Loi que La Loi impose comme nécessaire (Le péché est indispensable avant Dieu. Comme dit zombie/Raspoutine) afin de réunifier deux aspects d’une genre de mémoire de cette dernière par ses créatures. Cette étape est désignée par Hotouob par l’intitulé « réunification » qui vise, en premier lieu, une fusion passant par la différenciation des instances de notre psyché, dont la clef demeure cet apport occulte qu’offre le contact avec le loups ou loa’mait’tête.

Il va de soi que la forme du « loup » n’est ici qu’illustrative. Hijigop s’est manifestée à moi en tant que chienne récurrente au sein de mon illusion de réalité ou dans des épisodes oniriques mais peut tout aussi bien se présenter sous les traits d’une vieillarde obscène et distante, d’une quadragénaire slave ou d’une voie ferrée.

La forme du loup est avant tout due à notre fascination commune pour l’arcane (au sens premier) XVIII du tarot :

Et semble avoir servi de trame à la manifestation des entités en question.
Néanmoins, il ne s’agit en aucun cas, ici, de fixer une « forme » mais simplement d’illustrer par le biais de notre propre expérience, la manifestation de ce type d’entité. Nous l’avons par exemple identifié de façon naturelle au topic malheureusement effacé (qui a fait ça au fait ?) de Necro Spiritual à propos de son apparition d’Anubis.
Ces entités assument l’aspect dont le démiurge de la pourriture ( "nous sommes inaptes à la réalité et vous aussi" Hotouob-9/03/2008) a besoin. Aussi, l’élargissement de notre prairie, semble t il approuvé par nos propres loa’mait ‘têt’, nécessite la manifestation libre et sincère des loa’têt’ des participants. C’est à partir de la transgression nécessaire que pourra se construire la manifestation de la mythologie interne.
    "nous sommes chacun à "part de vous" que vous cachez, et il appartient à vous de nous montrer"
    Hotouob-09/03/08

Le second qui nous est finalement naturel consistant en ce que beaucoup définissent aujourd’hui comme « dérive », que j’avais envisagé au départ, de mon côté, à partir de la théorie de Debord en conjonction avec bien des aspects de TAZ, et surtout à partir de ce que nous nommons notre « pourriture intrinsèque » désignant par là une pratique erratique, sûrement répandue, quasi quotidienne personnifiant les décorum traversés comme synecdoque de la Loi , ou breloques de Mâyâ, ou encore pour Inila/coach/Mulder, une conjonction de « rêves » au sens chamanique, et que je définis comme interfaces de réalités successives. Qu’importe, l’élargissement de notre prairie nécessite la mise au point des propres de désignations des participants. En substance, les chaotes étant passés, comme toujours, par là, notre forme exploratoire peut se définir comme dérive magique sous certains aspects :

    Le terme “dérive”, fut adopté pour la première fois dans ce sens par l’Internationale Situationniste, pour se référer à de longues marches, sans but, autour de nos villages et dans nos villes, réimaginant les tours résidentielles, les monuments et les fontaines publiques comme s’il s’agissait de châteaux de sagesse, de points d'eau susurrante ou de sources d’éternelle jeunesse.

    Le but de la dérive était de reconnaître la beauté dans le paysage urbain et de reconquérir du terrain sur la tyrannie de la planification austère et oppressante, à travers le pouvoir transformateur de l’imagination. Par la technique de la dérive, les situationnistes pouvaient changer radicalement leur expérience de la ville et convertir les espaces gris urbains et décadents en paysages magiques remplis de merveilles et d’enchantements sans limites. Malgré cela, ils en arrêtèrent peut-être trop rapidement l’exercice, au lieu de le porter jusqu’à sa conclusion logique.

    Une fois pelée l’écorce grise de l’urbanité du monde et découvert un monde magique plein d’esprits, la phase suivante consiste à voir ce que tu peux faire avec cet univers d’esprits et enquêter sur ce qu’ils pourraient également faire pour toi.

    La technique de la dérive ne révèle pas seulement une magie, mais aussi tout un processus qui nous y relie. Elle a beacoup d’applications différentes et peut être utilisée dans des contextes trés variés. On peut s’en servir comme d’une méthode de communication directe avec le “genus loci” ou esprit d’un lieu en particulier ou d’une aire géographique plus étendue, ou bien encore comme une façon de dialoguer avec n’importe quelle entité avec laquelle on travaille. Elle peut servir de méthode pour recueillir de puissants ingrédients et matériaux pour les rituels, ou pour chercher des réponses à des questions de divination. Les applications pratiques de la dérive sont nombreuses et le magicien imaginatif en découvrira sans doute une grande quantité. Elle peut être appliquée pratiquement à n’importe quel endroit et à n’importe quel moment ; ainsi, elle est idéale pour les situations où tu n’es pas préparé et où tu veux improviser l’une ou l’autre forme de magie puissante.

    Les mécanismes de la dérive sont simples. Tu essaies de marcher entre les mondes pour en ramener quelque chose d’utile. C’est essentiellement un voyage chamanique qui se déroule en temps réel, par opposition au concept de voyage interne (comme les transes au tambour des tribus indigènes, telles que les jivaros). La dérive t’entraîne hors de ton temple bien confortable, pourvu du chauffage central, et elle te place dans un monde comme peu de pratiques occultes le feraient. Tu y portes ta magie vers le monde, dans un sens très réel et très physique.
    source


Pour ma part, ayant pratiqué la dérive au sein de collectifs, sous le terme « dérive urbaine » je reste sur ma première impression : il existe, à mon sens, "des tempéraments" à dérive, qui ont sûrement plus à voir avec une sensibilité aux « scories » de notre bonne vieille matrice, qu'à une attitude « magique » entrant dans une perspective initiatique strictement ésotérique mais une problématique métaphysique profonde. Ce n’est là qu’un point de vue.

La dérive, au sein de notre prairie, et à la suite de ce fil, n principe, si les candidats cherchent à saisir notre démarche s’ancre dans un environnement urbain, principalement, n’excluant pas des décors dits plus « naturels », mais ne cherchant en aucun cas à célébrer la Nature en tant que divinité vague, bienfaisante ou je ne sais quoi. L’aspect fondamental de cette démarche reste la posture du rêveur : le décor quotidien comme celui qui est propre à la dérive sera considéré comme artifice, scène de s Loa têtes, de la Loi. A ce titre, toutes les digressions à propos de Matrice, plutôt en vogue ces temps derniers, seraient adaptées, en tant que point de départ. Pour ma part je définis définitivement cette posture et la nature même de notre réalité comme suit :

http://fr.youtube.com/watch?v=6LZvcFDI-p4

(signe que la prairie grossit : je viens de remettre la main dessus à l’écriture de ce topic « Merveilleux signe« dit coach/Inila/Mulder).
Pour finir sur la dérive, nous nous contentons de conclure sur l’idée que le moment de dérive « gnostique » n’est finalement idéalement qu’une façon de rentabiliser une posture quotidienne face au monde : pourriture art de rêver ou je ne sais quoi, qu’importe.

La dérive à pour but de dépister de ce que nous nommons, arbitrairement, des Nexus. Il s’agit de lieux de station et de passage, qui frappent par leur beauté, leur laideur, leur étrangeté etc représentant par leur intensité immédiate ou non, des points « limites » de la Matrice de La Loi ou Illusion de réalité. Les nexus représentent les bornes de Mâyâ, des lieux de célébrations et d’exécrations de cette illusion. C’est en grande partie grâce à eux que la construction d’un « temple » ou d’autre chose de « commun » reste possible. Les participants devraient nous présenter leurs rencontres avec leurs propres nexus afin d’enrichir l’expérience et de générer des interactions effectives.
Inila/Coach/Mulder devrait énumérer nos nexus communs plus loin afin d’illustrer notre propos.

Possessions

Notre prairie est augmentée, en plus des nexus dégagés à partir des dérives, de personnages qui nous possèdent pour, ce qui pourrait ne paraître que rire. Nous avons de la sorte rencontré une multitude de personnage récurrents dont par exemple l’agent Mulder doublé de sa Scully, la « copine de Ronan » , « la pimbêche arrogante » plus récemment etc et bien d’autres encore qui ne sont, au fond, que le passage momentanés des reflets de l’illusion que représentent les passants et figurants de la prairie au rang de guédé/ loa, daïmon mineurs lors de la possession, accompagnée ou non de libations sur lesquelles nous reviendrons. Ils célèbrent le grotesque de notre distorsion de façon obscène ou cynique ou encore simplement burlesque et peuvent, à ce titre être rapproché de la figure de Baubo, e tant qu’illustration de ce que ce que ce rire a d’important :

    L’histoire de Déméter à Eleusis ayant été calquée sur les rites des mystères pour les expliquer, bien loin qu’elle puisse en être l’origine, on est fondé à croire, puisque les mystes buvaient le cycéon au sortir d’un jeûne, que l’absorption de ce liquide régénérateur était précédée d’un éclat de rire, motivé par quelque exhibition analogue à celle qui avait réussi à dérider la déesse. Dans l’hymne homérique à Déméter, cet épisode est atténué par l’esprit de discrétion et d’euphémisme qui caractérise toute cette littérature déjà courtoise et savante ; mais ce sont encore les bouffonneries non spécifiées d’une femme (appelée Iambé par Homêre) qui arrachent un éclat de rire à la déesse. Les polémistes chrétiens des premiers siècles se sont fort scandalisés de cette histoire, dont ils ont fait un reproche sanglant au paganisme, oubliant qu’il en est d’aussi fâcheuses dans l’Ancien Testament et qu’une religion qui dure et se transforme ne saurait être rendue responsable de quelques survivances grossières d’un lointain passé. Ici encore, on est bien surpris de trouver quelque chose d’analogue dans le Kojiki ou « livre des choses anciennes », publié au Japon, d’après de vieilles traditions orales, en 712. Au milieu du désordre produit par les ravages du dieu des Tempêtes, la « femme terrible du ciel » relève le cordon de son vêtement jusqu’au-dessus de sa ceinture : alors « les 800 myriades de dieux rient en même temps ». Cette curieuse analogie m’a été obligeamment signalée par M. Marcel Hébert [35].

Voir le Rire Rituel ici pour plus d’explications : http://www.psychanalyse-paris.com/Le-rire-rituel.html

Libations

L’alccol reste, pour notre part, la façon la plus simple et la plus accessible d’entrer en état de gnose. Nous y ajoutons l’insomnie, d’autres stupéfiants, mais restons attachés au mythe de l’alcoolémie transcendantale, variable en fonction des goûts, de la capacité, de l’état physique et financier. La prise d’eau de feu, en soi n’a pour aspect sacré que le sacrifice systématique d’un peu du liquide à La Loi en versant, sans autre démarche rituelle qu’un genre de geste systématique, sur ce qui se présente au hasard des dérives . L’ivresse ici en jeu à très peu à voir avec une posture dionysiaque mais reste une façon de ravager l’appréciation de l’espace au cours de la marche et de libérer les loa/daïmon etc des entraves imposées par le siècle. Au demeurant, le vomissement ou tout autre retombée psycho physiologique due à l’alcool sont pleinement inclues dans l’expérience. Le rêve ne s’arrête pas avec l’ivresse. Ceci étant, il s’agit pour nous d’une composante rituel, il n’est en rien exemplaire.

Hymne et chants

Un hymne à la gloire de nos loa’mait’têt’ et marquant nos dérives s’étant imposé comme composante, il nous parait intéressant de le présenter. Non seulement afin d’ancrer nos participations suivantes à ce propos dans leur contexte, mais également, toujours dans une perspective de partage des hymnes à la gloire des loa’mait’têt’ ou passagers des participants qui viendront enrichir cette expérience. Le notre reste un classique :

http://www.deezer.com/track/39163

Horses représente l’essence de ce que peuvent être nos loa et donc une part de notre psyché etc. C’est aux aspirants de définir celui qui convient à leur expérience.

Les chants eux occupent une autre part. Il peut bien évidemment s’agir d’hymnes scandés lors des dérives, mais également de chants spontanés provoqués par les figurants ou les éléments participant à l’expérience. Ainsi, nous avons et continuons de chanter la gloire d’un oiseau misérable, immobile qui s’était présenté à nous lors d’une station sous un pont-nexus nommé arbitrairement mamie-watta sous la forme « mamiewataaaa pou’koi’ ne bouj’tu pas» etc, la suite dépend du degrés d’alcoolémie, des évènements récents etc. Pur exemple.

En ce qui concerne la restitution des expériences, la narration nous parait, de notre côté parfois inutile et préférerons sans doute une expression morcelée parfois illustrative, mais dont la forme n’est pas « calibrée » et ne vise que l’exploration collective de la prairie, la rencontre avec d’autres loa, d'autres systèmes etc.

En espérant que ce topic deviendra multitude. :chapeau:


Dernière édition par Invité le Ven Mar 28, 2008 12:03 am; édité 5 fois
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Invité







MessagePosté le: Dim Mar 09, 2008 4:14 am    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Inila/Coach/Mulder devrait énumérer nos nexus communs plus loin afin d’illustrer notre propos.





Le fleuve trop peu profond reçoit des offrandes et des munitions, sous le pont large et vieux qui interdit la pluie, momentanément.
C'est qu'elle tombe à chaque fois, participation assidue.
Il y a juste derrière un dortoir pour clochards, qu'il faut traverser pour finir par se perdre joyeusement. Pour finir par demander le chemin du retour à deux aveugles aimables qui nous escortent jusqu'à un carrefour connu.
Il y a cette bâtisse, que surplombe une coupole sublime, tout ici est gluant, l'air sent la maladie, la peste a balayé ses appartements. Les arbres qui y poussent sont creusés de curieux visages qui semblent torturer leurs hôtes sans parvenir à intéresser les passants.

Les ruelles les plus glauques mènent toutes chez moi, tout du moins la plupart ; tenté et re-tenté. Traverser les parkings, contourner des églises démesurées, et revenir au parvis de celle qu'on sait maintenant vide. Les barres rouillées qui s'accrochent aux pierres, et les chats maladifs qui guettent on ne sait quoi.

Un joueur de Khéna a fait vibrer l'air si joliment, il eût été facile de gâcher une larme pour avoir ainsi joué à un enterrement.



L'attente dans la gare sans jamais "perdre son temps". Les voyageurs sans but doivent avoir appris à étirer le temps pour lui faire épouser les contours de l'ennui. C'est le désert qui passe, défile inlassablement derrière la vitre sale. La route est longue, les rails tracent même sur l'eau, s'élançant à travers l'Imposture sans faire cas des murmures des danseurs.



Les rails dur et froids, les vieux chemins de fer sous lesquels des souris ont décidé de vivre. La route trace où que l'on aille, encombrée de passants, parfois et de spectres qui errent et qui parfois nous parlent. Les platanes qui la bordent sont un hideux décors, c'est l'horizon certain qui appelle tout à lui, et Elle reste droite et plate, quand même on tenterait de feinter, empruntant les ruelles tortueuses lors des errances nocturnes.

A travers la prairie il faut continuer, la marche n'a qu'une fin qui n'est même pas sûre d'elle. Contourner les marais pour ne pas s'y noyer, ne pas trop perdre pieds. Toujours, sous la pluie même pas incommodante qui semble avoir choisi de suivre ses enfants, leur coeur grossièrement emballés dans le linceul froid que novembre a tissé. Douce malédiction que de toujours attendre le mal-aimé qui pleure.
Errer, plier et s'affaisser sans cesser de marcher, dans les désert peuplés d'espoirs tout mutilés, sans savoir comment "être" autrement. Rêver et constater..

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Blodeuedd
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MessagePosté le: Dim Mar 09, 2008 1:03 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Voilà une démarche très intéressante et qui me parle vraiment Smile. J'avais déjà lu avec intérêt le topic d'airzombie, mais celui-ci semble me toucher un peu plus. J'ai toujours eu de l'intérêt pour l'ésotérisme, mais jusque là, et peut-être à tort, je ne me suis jamais sentie trop à l'aise, un peu comme si ce que j'en lisais et en comprenait ne s'accordait pas à mon tempérament. Du coup je ne trouvais pas vraiment de "bonne" porte d'entrée. Cependant cette voie expérimentale m'intéresse beaucoup, certainement parce qu'elle se trouve plus en accord avec mon mode de fonctionnement.

Ceci-dit j'ai un peu de mal à me lancer, peut-être un peu un manque d'assurance et l'impression d'être un peu loin du compte au niveau des connaissances "pratiques". En fait, pour tout dire, je me documente énormément, je me nourris de beaucoup de choses et les laisse "faire leur travail" chez moi plus que je ne m'en sert dans un but précis. Par contre, pour ce dont il est question ici je ne pense pas avoir de problèmes majeurs. Donc je suis partante si cela ne vous pose pas de problèmes (à tout le moins ce topic m'aura donné des pistes pour me remettre en question et me redéfinir dans mon rapport à l'ésotérisme, comme quoi quand on ne sais plus où on en est et qu'on demande au chemin de se dévoiler avant de dormir on a de bonnes surprises au petit matin Smile). En tout cas au plaisir d'en lire d'avantage.
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MessagePosté le: Dim Mar 09, 2008 5:01 pm    Sujet du message: Répondre en citant



La Porte des Jacobins
La porte.
    Tu es beau comme un cerbère mon opprimé
    Hotouob, Février 2008

Elle est haute et organique. L’immense exosquelette de la vanité. Si haute qu’elle peut mêler les eaux des cieux à celles de la Terre.
    Atibon-Legba, ouvre-moi la barrière, agoé !
    Papa-Legba ouvre moi la barrière
    Pour que je passe
    Lorsque je retournerai, je saluerai les loa
    Vaudou Legba, ouvre-moi la barrière
    Pour que je rentre;
    Lorsque je retournerai, je remercierai les loa, Abobo

Il aura fallu s’affaisser à la porte noiraude et cloûtée. A la porte inquisitrice.
Il aura fallu vomir le whisky pour bénir le pavé dévoré d’herbe. Si, je peux toujours rire en vomissant. Si, je peux marcher sous la pluie grasse en supportant les spasmes. Pour courir à toi, Legba. Pour s’écraser avec La Silencieuse contre ce haut portail qui la fait chanter et danser comme Achille-Piment.
Et le faux coma qui fait mieux entendre la pluie. L’Asile clos est vide et froid, nous le saurons plus tard, sœur.
Il n’y a pas d‘après. Ce qui est, était et sera, agoé !
Il n’y a pas de foudre blanche pour abattre le décor. Il n’y a que La Loi qui frappe comme la pluie printanière, rien ne sert d’accuser les grenouilles.

Ce n’est qu’une porte. Qu’un arbre à pendus bavards. Ceux qui chanteront la fin.
Il n’y a pas de guide, il n’y a que les loups. Que ma chienne bâtarde de bulldog. Qui lape les mains avec pitié et empressement. Pour marquer l’ouverture, jamais la fin du rêve.

C’est l’orée, sœur. Mais jamais aucun ne parlera la même langue. Nous sommes les miroirs de La Loi.


La Coupole des pestiférés
Cet instinct d'humilié face à tout ce qui peut puer la peste. La peste des rois et des saints - la chair gâtée couverte d’or et de soierie. Le mausolée qui toujours se déconstruit pour s’ériger encore. Comme soutenu par un filet fait de ces rosaires mexicains où les perles sont de si jolis petits crânes. L’hospice pour les lépreux et les pauvres. La blessure d’amour, si misérable. Arès qui se fait sanglier pour les grâces d’une putain.
Et ce fronton constitué de petits cubes de pierre. Géométrie non pas sacrée. Juste la trame de cette illusion. Le rayon rouge, l’arme du Logos-Soleil-Glaive.
    Firstly, the basic energy of socalled
    red ray. This ray may be understood to be the basic strengthening ray
    for each density. It shall never be condescended to as less important or
    productive of spiritual evolution, for it is the foundation ray.
    The Law of One Book II, Session 39

Jamais nous ne pourrons même fouler son seuil. Le tombeau-temple est interdit. Puisque nous ne ferions que nous blesser pitoyablement en sautant depuis la rambarde de pierre d’où nous pouvons la voir. Vaguement bordée d’ifs malades. Si petits. Comme 144 vieillards veillant un agneau dégoûtant.
Cette borne ne pourrait être qu’un trou béant autant que le temple de Quetzacoalt, la sagrada familia. Elle est le repos de la danse macabre.
Nous sommes les adorateurs de La Loi.


Le Pont de Mamie-Watta
Le fleuve clair et tout juste assez profond pour noyer les nouveaux nés.
L’écho du pont dit neuf. Et l’oiseau au bec épais. Qui semble dans la pénombre couvert d’un poil englué de pétrole. L’huile noire sœur. Celle qui puise dans ce que nous avons de stellaire. Qui nous parasite depuis l’aube de ces temps. L’huile noire qui embue l’œil d’Ulysse. Le berceau de Catherine de Médicis.
L’eau toujours impure de laquelle jaillit toute sorte d’hydres, d’écrevisses de l’âme.
Il faut chanter. L’immobile oiseau.
    Maître Agoué, où es-tu ?
    Tu ne vois pas que je suis sur le récif ?
    Agoué-taroyo, où es-tu ?
    Ne vois-tu pas que je suis sur la mer ?
    J’ai un aviron à la main
    Je ne puis revenir en arrière
    Je suis déjà en avant,
    Je ne puis retourner en arrière
    Agoué-taroyo, où es-tu ?
    Ne vois tu pas que je suis sur le récif ?

Le joueur de cette flûte dont j’ignore le nom. Insidieuse musique. Si « brr ». Le chant de l’huile noire qui pénètre et scelle les êtres à cette toile de fond. Trop brillante.
La Loi est l’huile noire et nous sommes ses hôtes.


Deux femmes assise sdans un tramway à côté d’un chien. L’une à la peau noire, emmitouflée d’un boubou criard. Elle se couvre la moitié du visage avec un pan d’étoffe. L’autre, blanche et voilée l’interroge du regard. Le cabas plein à leurs pieds. La femme au boubou explique sa terreur des chiens à l’autre, exhibe son bras marqué, il y a longtemps, par le chien de sa sœur. L’autre se contente de répondre en riant :
« Il ne faut avoir peur que d’Allah ».
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MessagePosté le: Dim Mar 09, 2008 6:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant



"Je suis Hotouob et je me bats contre leurs ombres."


Les traîtres, les bannis, ceux qui font des trous d'eau au fond de l'âme, des trous que l'on ne saura jamais ni geler ni remplir de terre. Tous ceux que tu maudis en vomissant la nuit.
C'est la part de guerrier, celle qui est affamée, à l'œil hagard et qui bave sur ses victimes.

Il n'y a que le vide, derrière le décor massif...

ouvre la porte..

Doutions-nous du fait qu'il n'était rien derrière que de larges piliers plein de l'orgueil des peureux, soutenant trop sûrs d'eux la tour de la Maison-Dieu?

Derrière la pluie, nos carcasses effondrées, nos esprits bouillonnant comme des marécages, et la lune qui décroît à mesure qu'on avance.





Qu'y a t-il à garder, et que devrons-nous laisser?
"Pour défendre la part de Moi, il faut la serrer dans sa main."
rien que de très petit, dieux que nous sommes petits, dieux que nous sommes donc vains. Mais il tient au creux de la paume, cet atome même pas complet, le noyau dur de l'être celui qui ne meurt pas et que l'on doit laisser nous détruire tout à fait.
Car
"c'est la part de toi qui meurt que tu moules dans un cercueil et que tu laisses derrière.
"



"La rêveuse a paru endormie" pourtant les limites n'ont jamais existé.

    Le deuil de soi-même

    Le deuil de soi-même


"L'orgueil de celui qui a cru vivre et qui a lu son erreur"


Frère, hâtons nous sur la Route puisque tout disparaît. Derrière nous il ne reste plus Rien, il faut laisser les spectres se fondre dans la nuit.
Ce qui est, était et sera, le temps n'existe pas, nous traversons l'espace comme le vent dans la plaine.
Puisqu'il nous faut marcher avec les loups, puisqu'il nous faut porter la Loi comme un fardeau béni...

Et l'insecte qui noue,
"la fourmi qui dort au creux de la paupière de celle qui donnait sa vie à l'impur" et qu'il faudra accepter. Celle qui "cherche à sauver le monde qui la trahit".

Loup Noir qui erre dans ma nuit, loup affamé qui rôde dans les recoins de ma cervelle, qui me parle de nos crimes et de nos guerres internes...
"Il est temps pour nous de courir dans la prairie plutôt que de continuer à nous en nourrir. La silencieuse est en fuite mais il reste l'odeur de la vase dont nos fautes sont couvertes. Nous sous sommes biens aidés à nommer nos douleurs à présent nous devons nous relever des sables mouvants que nous avons tant aimé."



Baron Samedi nous sommes tes enfants...




"Ceux qui doivent abandonner la voix de la Loi seront ceux qui chanteront la Fin."




Dernière édition par Invité le Dim Mar 09, 2008 11:20 pm; édité 5 fois
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MessagePosté le: Dim Mar 09, 2008 7:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Blodeuedd tu es bien sûr la bienvenue dans cette expérience, sens-toi libre de nous faire part de tes rencontres comme il te plaira, avec ou sans formes Smile
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MessagePosté le: Dim Mar 09, 2008 7:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Smile. Je ne sais si je parviendrais à donner à mes expériences les formes si plaisantes que j'ai pu trouver dans les derniers messages, mais chacun a sa propre voix. Et bien que je sois rouillée à ce niveau en prenant un peu le temps cela devrait venir. Le tout est de rouvrir la porte à ces expériences...
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MessagePosté le: Dim Mar 09, 2008 8:33 pm    Sujet du message: Genus Loci Répondre en citant

Beaucoup de choses qui résonnent assez fort dans ma petite tête après la lecture de ces posts ^_^

Des souvenirs de dérades urbaines, du temps où je vivais sur les bords de la gironde, des références à des auteurs que je chéris plus que tout et qui bien avant Debord ont mis en pratique ce genre d'aventures (Nerval, Jarry et Farge sur les traces de Maldoror, certains surréalistes)... J'avais déjà également jeté un œil sur le texte mis en ligne par J.Luc Colnot avec intérêt.

Mais vos expériences sont proprement fascinantes.

Je ne connais pas du tout le vaudou, à peine une pincée de macumba, mais seulement en mode lecture. Je n'ai donc pas vraiment connaissance de votre paradigme.
Toutefois les Loa subjectif ressemblent à certaines créatures que j'ai pu rencontré et que j'appelle parfois mes guides ou mes contacts intérieurs (en association avec un terme de RJ Stewart)

Encore une voie à explorer Smile

En attendant voilà le petit rituel que j'ai fait la nuit derrière vers 4 h30, plus qu'une dérive c'est plus un exercice d'appropriation d'un lieu, mais p-e cela vous intéressera t-il :

1) "Au seuil, avant d'entamer le rond, réciter la formule consacrée (peu importe laquelle en fait).

2) Mettre le nez dehors commencer et la récitation du "pseudo-mantra-du coeur-en marche" (l'invocation à chaque respiration du nom de ma déité tutélaire mais là encore cela peut-être le nom de votre loa ou de qui vous voulez).

3) A la grille-Sud le vent d'ouest qui claque grince et crisse, Maître hurlant annonciateur de la pluie, celle qui sépare la boue du sang et lave les miasme de la terre.

Il y aussi un oiseau qui répond à mon mantra, son piaillement précédant chaque expiration. Lui aussi est fils de l'amante.

4) Dans le monde d'en dessous du parking souterrain, le souffle qui s'agite les sens qui se perdent dans la pénombre et pourtant chaque ombre est une présence et nous savons que vit ici un esprit d'huile et d'essence, "l'anomalie", celui que nous n'aimons pas vraiment (p-e au lieu de faire notre mijorée devrions nous lui adresser un signe).

5) Puis dans la parc-microcosme au Nord, saluer le gardien-errant, le chat de ce lieu, et se retournant allez prier cette jonquille qui nous regarde depuis quelques jours :
"-Je suis la petite Nimüe venue danser avec ta vie"
Et lui offrir une libation de salive ( "fait avec ce que tu as" dit le rede ).

6) Enfin rentrer dans le bâtiment et au troisième étage à l'aile-Est, arrêter "le pseudo-mantra-du coeur-en marche" et chanter une louange improvisée à cette nuit si curieuse : les nuages et la lumière simulant une aurore bien avant le réveil matin".
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Dernière édition par Ar Karv Du le Mar Mar 25, 2008 3:43 am; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mar Mar 11, 2008 1:27 am    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
4) Dans le monde d'en dessous du parking souterrain, le souffle qui s'agite les sens qui se perdent dans la pénombre et pourtant chaque ombre est une présence et nous savons que vit ici un esprit d'huile et d'essence, "l'anomalie", celui que nous n'aimons pas vraiment (p-e au lieu de faire notre mijorée devrions nous lui adresser un signe).

L'énergie noire, je l'ai vu. Aujourd'hui, dans une poussette, en contre bas. Assis dans un bus. Le regard sévère d'un petit enfant est encore plein de cet hydrocarbure essentiel. De ce qui ne nous appartient que par défaut. J'ai vu Le Coeur Noir de l'Innocence.



Retrouver la ville maudite maudite maudite. Celle dont les Nexus sont morts. Trop sollicités. Il n'y a plus que le bruit que font ces aiguilles que nous voudrions impitoyables. De ces horloges neuves et effilées. Moins belles que ces monolithes grisâtres qui servent de lampadaires high-tech. Moins Axis Mundi. Juste la mascarade du temps qui se pare.

Hotouob, ce soir, bougie noire, volutes pontificales :
    Les loups ne viennent que lorsque la proie accepte l'autoprédation, j’entends par là ouvrir son cœur à la pierre et son âme à la pitié que la Loi a pour Elle-Même.

Guerre. L'Agneau aux sept yeux.
Il m'avait dit de porter le talisman de la guerre. Je viens de saisir pourquoi il pend à mon cou.
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Blodeuedd
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MessagePosté le: Mar Mar 11, 2008 1:29 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La pluie n'a cessé de tomber. J'ai passé une partie de la nuit à l'écouter et la regarder danser sur le sol, sur les gens, sur les toits. Danser... Je n'ai fait que penser à cela, sortir danser sous la pluie. "Mâcher bêtement le monde ce n'est pas forcément le vivre". Peut-être toute cette eau liquéfiera mon armure usée et m'enduira de neuf, si je ne cherche plus à la retenir. "Dépece-toi toi-même".

Parfois en bas de chez moi il y a un homme qui joue de la flûte aux passants pour quelques pièces. Il ne s'y trouve pas aujourd'hui mais j'entends quand même les notes. Il doit connaître la ville et le monde mieux que moi. Il me rappelle le renard masqué joueur de flûte qui faisait des entrechats autour de moi, dans ma tête, un soir d'insomnie. Il ouvre la porte. Pas besoin d'aller très loin pour commencer la rencontre, juste sur le seuil de mon nid douillet. "En creusant à l'aveuglette, en te recroquevillant, tu t'es enterrée, extirpe toi".
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MessagePosté le: Mar Mar 11, 2008 2:24 pm    Sujet du message: Répondre en citant

"Nous sommes les miroirs de la Loi et nous cherchons la porte que Mâya, celle qui est tout, a dessiné dans la nuit." Hotouob 11-03-07



"Es-tu partie à Etiloat cette nuit?"

Oui.
Je suis Nijlora, mais aussi "celle qui n'en a pas", et je suis passée de l'autre côté du Monde. Comme Il me l'avait dit, il n'y avait rien de plus.
Je suis morte, déjà, à présent je peux voyager. Nous sommes tous déjà morts, l'avons toujours été, ainsi, nous passons la porte.


"La peur immolée"

La peur immolée
Déchirer tout son être pour tout reconstruire, laisser ce que l'on cache s'ouvrir aux yeux du monde.
    "C'est pour cela que vous êtes opprimés"
Demander au maître du carrefour.
Papa Legba ouvre moi la barrière..
    Samedi,
    derrière le rideau de pluie de ton cimetière grand comme le monde,
    permet moi d'avancer.
J'ai resisté au monstre, qui me cachaient l'Oubli derrière un mur de briques haut comme La Tombe.
    Je n'ai pas peur, je ne me réveillerai pas
    Je n'ai pas peur, je ne me réveillerai pas
    Je n'ai pas peur, je ne me réveillerai pas
J'avais senti le souffle putride sur ma nuque et mon sang s'était glacé quand j'avais réclamé mon nom.



Je filerai vers l'Ouest rencontrer Heyan, dans les cèdres géants qui abritent les tonerres, et lui demanderai de m'ouvrir le passage du Couchant.


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MessagePosté le: Mer Mar 12, 2008 11:49 pm    Sujet du message: Répondre en citant



"Même si c'est vrai, c'est faux" Henri Michaux

Citation:
La pluie n'a cessé de tomber. J'ai passé une partie de la nuit à l'écouter et la regarder danser sur le sol, sur les gens, sur les toits


Le pont sous la pluie, encore, le pont sous le crachin inutile, la coupole interdite et la porte, béante cette fois..
Ouverte sur de pauvres piliers qui se veulent splendides. Sur rien, sur le vide et le froid...

Le chat blanc n'est plus là. Deux soirs de suite je l'ai rencontré.
Ce soir à la place, j'ai croisé une vieille fort pressée qui se hâtait entre les chaises de la terrasse vide d'un fast-food. Je n'ai même pas souri. J'ai recroisé aujourd'hui beaucoup de ces miroirs qui m'ont longtemps hantée.

Et cet homme assis au coin de la rue. Faux vieillard ravagé, il lui manque une jambe. Près de lui une prothèse et un parapluie ouvert. Même pas au-dessus de sa tête.

Pleut-il au fait? vraiment?
J'ai rêvé d'un crâne déformé. Troué.
J'ai été chercher des cierges, ce soir. Je n'avais jamais croisé autant de gens à l'intérieur d'une église. Des gens qui priaient, agenouillés, des voyageurs pieux psalmodiant aux pieds de Saint Antoine, et même une clocharde qui sortait de la sacristie et qui m'a presque heurtée.
Un homme à la sortie échangeait des poèmes contre une simple pièce que je n'avais même plus.

"vous êtes prisonniers de la Route, c'est là mon cadeau empoisonné".
hijigop 03-08



Dernière édition par Invité le Jeu Mar 13, 2008 12:03 pm; édité 4 fois
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MessagePosté le: Jeu Mar 13, 2008 12:33 am    Sujet du message: Kosmos Répondre en citant

Si les dieux ont élu place en nous mais que le regard nous manque
pourquoi ne pas nous mettre à jouer du miroir et d'affiches en affiches chercher à déchiffrer les noms secret de la Terre promise ...

( L'Atlas des géographes s'étant encore trompé )

Et comme Kaiser Gombrowicz Sauzé redessiner le sens des arcanes en perdant notre regard le long des murs...

Nous tournons toujours le dos à l'anomalie peu désireux de voir au travers des lignes et de démasquer le noir derrière les blancs ...

Nous nous refusons à regarder bien en face le contenu de nos poubelles. Là où pourtant une fouille au corps minutieuse serait nécessaire.

Il ne tiens pourtant qu'à moi de faire chanter les pierre et de réveiller le pas des géants sur les bords de Loire.

Evohé Pan ! Panurge ! Evohé Pan ! Pantagruel ! Evohé !

: L'évidence était bien là, au travers des dessins d'un enfant -Papa loup Chienne- maman et la Vulve-maison- lune primordiale -cachés derrière les traits en couleur des parents.

N'ame je te prie encore une fois, indique moi la prière pour retrouver le chemin du coeur noir et innocent !
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MessagePosté le: Jeu Mar 13, 2008 10:58 am    Sujet du message: Répondre en citant

Courbet le savait
les Ténèbres sont chaudes
seul notre peur nous est froide
comme la mort
nous dansons la vie et la mort
d'une même danse
même quand notre corps s'arrête
ils dansent encore dans nos têtes
le jour la nuit la porte est là
une et multiple
qui frémit au passage des courants
nous appelant sans cesse
là où le tout s'est lié au néant
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"i'm talking to you now
weels still turns
what ever you do now
fire still burns"
(D.M.)
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MessagePosté le: Sam Mar 15, 2008 2:21 pm    Sujet du message: Répondre en citant

"Les loups viennent lorsque la proie a accepté d'ouvrir son coeur à la part de Noir qu'il porte. J'entends par là ouvrir son coeur à la part de soi qu'il a caché dans la nuit de son apparat."


Que tout est faux
Que tout est faux
Que tout est faux

Vain, faux, vain

beau




J'ai vu le portail rouillé planté dans la prairie et les loups qui attendent au loin que je me noie.
Les chevaux dans le train, et l'oeil hagard de celui qui, enfermé, peinait à se lever, à respirer, à vivre.

"Non pas en train de mourir, mais opprimé"
L'oeil vide et noir de la bête que j'ai veillée durant tout le voyage.
Ce que je suis, que je dois être, ce que je montre ou que je cache, et ce que j'ai tué, et dévoré.
La guerre, encore. Traque, traque..


"Tu es la part de moi que rien n'atteint, parce que tu pars"



Je suis Nijlora et je pars en voyage.

Etiloat est dans la rue, Etiloat est partout, partout devant nous, derrière nous... partout où le regard se pose, sur la figure rouge de cette fausse vieille bouffie qui porte des chaussures en croco, et qui grimace à la vue d'une fillette qui se mire dans la vitre en riant. Dans les mains du clochard qui parle seul devant la coupole gluante..
Devant nous
Derrière nous


Beauté devant moi fasse que je marche
Beauté derrière moi fasse que je marche
Beauté au-dessus de moi fasse que je marche
Beauté au-dessous de moi fasse que je marche
Beauté tout autour de moi fasse que je marche
chant shaman navajo


"Mâyâ est morte pour celui qui a compris que marécage et paréo ne faisaient qu'un."



Dernière édition par Invité le Sam Mar 15, 2008 4:12 pm; édité 2 fois
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