Voir le sujet - Pour les Sorciers — lettre de Cyrano de Bergerac relative à l'Heptameron :: Forum ésotérique de l Alliance Magique
Boutique ésotérique en ligne l'Alliance Magique
Index - éditeur ésotérisme - FAQ - Rechercher - Membres - Groupes - S'enregistrer - Messages Privés - Connexion
Pour les Sorciers — lettre de Cyrano de Bergerac relative à l'Heptameron

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forum ésotérique de l Alliance Magique Index du Forum -> Bibliothèque
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Stephan
Membre en Promenade



Inscrit le: 24 Mar 2009
Messages: 24
Localisation: Bruxelles

MessagePosté le: Mar Avr 07, 2009 4:25 pm    Sujet du message: Pour les Sorciers — lettre de Cyrano de Bergerac relative à l'Heptameron Répondre en citant

Pour les Sorciers — lettre de Cyrano de Bergerac relative à l'HeptameronPartager


Cyrano de Bergerac (1619-1655) ne fut pas que le valeureux bretteur d'Edmond Rostand. Ses deux ouvrages principaux (Histoire comique des états et Empires de la lune et du Soleil) combinent une connaissance réelle de la magie et de l'alchimie avec un libertinisme tout aussi prononcé, ils sont considérés comme les deux premiers romans de science fiction. À noter qu'ils furent censurés, et c'est la découverte d'un manuscrit des Etats et empires de la lune qui permit de découvrir le texte non censuré de cet incroyable ouvrage, à ma connaissance les états et empires du soleil n'ont pas eu cette chance et demeurent censurés et incomplets.
Dans la curieuse lettre qui suit Cyrano décrit sa rencontre avec le sorcier Agrippa. Il convient de noter que Cyrano a lu un livre dont le titre n'est pas précisé, mais on peut supposer qu'il s'agit de l'Heptameron attribué à Pierre d'Aban, mais faisant partie des Opera Omnia d'Henri Corneille Agrippa (Beringo Fratres, 1550, 2 volumes) Nous nous sommes servis d'une reconnaissance OCR prise sur le site gallica.bnf.fr que nous avons partiellement corrigé.
J'ai basé certaines mes notes sur l'édition des Œuvres libertines de Cyrano de Bergerac par Frédéric Lachèvre, 2 volumes, Champion, 1921 et sur l'édition des Œuvres comiques, galantes et littéraires de Cyrano de Bergerac par Delahays, Paris, 1858, cette dernière est disponible sur Gallica.



LETTRE POUR LES SORCIERS

Monsieur,

Il m'est arrivé une si étrange aventure depuis que je n'ai eu l'honneur de vous voir, que, pour y ajouter foi, il en faut avoir beaucoup plus que ce personnage, qui, par la force de la sienne, transporta des montagnes. Afin donc de commencer mon histoire, vous saurez qu'hier, lassé sur mon lit de l'attention que j'avais prêtée à ce sot livre que vous m'ayiez autrefois tant vanté (1), je sortis à la promenade pour dissiper les sombres et ridicules imaginations dont le noir galimatias de la science m'avait rempli; et comme je m'efforçais à déprendre ma pensée de la mémoire de ces contes obscurs, m'étant enfoncé dans votre petit bois, après un quart d'heure, ce me semble, de chemin, j'aperçus un manche de balai, qui se vint mettre entre mes jambes, et à califourchon, bon gré mal gré que j'en eusse, et je me sentis envoler par le vague de l'air. Or, sans me souvenir de la route de mon enlèvement, je me trouvai sur mes pieds au milieu d'un désert où ne se rencontrait aucun sentier; je repassais cent fois sur mes brisées; mais cette solitude m'était un nouveau monde: Je résolus de pénétrer plus loin; mais, sans apercevoir aucun obstacle, j'avois beau pousser contre l'air, mes efforts ne me faisoient rencontrer partout que l'impossibilité de passer outre. A la fin, fort harassé, je tombai sur mes genoux; et ce qui m'étonna davantage, ce fut d'avoir passé en un moment de midi à minuit. Je voyois les étoiles luire au ciel avec un feu bluettant; la lune étoit en son plein, mais beaucoup plus pâle qu'à l'ordinaire elle éclipsa trois fois, et trois fois dévala de son cercle; les vents étoient paralytiques, les fontaines étoient muettes; les oiseaux avoient oublié leur ramage les poissons se croyoient enchâssés dans du verre; tous les animaux n'avoient de mouvement que ce qu'il leur en falloit pour trembler; l'horreur d'un silence effroyable régnoit partout (2), et partout la Nature sembloit être en suspens de quelque grande aventure. Je mêlais ma frayeur à celle dont la face de l'horizon paroissoit agitée, quand, au clair de la lune, je vis sortir du fond d'une caverne, un grand et vénérable Vieillard, vêtu de blanc, le visage basané, les sourcils touffus et relevés, l'œil effrayant, la barbe renversée par-dessus les épaules; il avoit sur sa tête un chapeau de verveine, et sur le dos une ceinture tissue de fougère de mai, faite en tresses. A l'endroit du coeur, étoit attachée sur sa robe une chauve-souris à demi morte, et autour du col un carcan chargé de sept différentes pierres précieuses, dont chacune portoit le caractère de planète qui la dominoit. Ainsi mystérieusement habillé, portant à la main gauche un vase fait en triangle, plein de rosée, et de la droite une houssine de sureau en sève, dont l'un des bouts étant ferré d'un mélange de tous les métaux, l'autre servoit de manche à un petit encensoir, il baisa le pied de sa grotte; puis, après s'être déchaussé, et arraché en grommelant certains mots du creux de sa poitrine, il aborda le couvert d'un vieux chêne, à reculons, à quatre pas duquel il creusa trois cernes (3) l'un dans l'autre, et la terre, obéissante aux ordres du Négromancien, prenait elle-même en frémissant les figures qu'il vouloit y tracer. Il y grava les noms des intelligences, tant du siècle que de l'année, de la saison, du mois, de la semaine, du jour et de l'heure (4); de même ceux de leurs rais (5) avec leurs chiffres (6) différents, chacun en sa place propre, et les encensa tous chacun avec leurs cérémonies particulières. Ceci achevé, il posa son vase au milieu des cercles, le découvrit, mit le bout pointu de sa baguette entre ses dents, se coucha la face tournée vers l'Orient, puis il s'endormit. Environ au milieu de son sommeil, j'aperçus tomber dans le vase cinq graines de fougère. Il les prit toutes, quand il fut éveillé, en mit deux dans ses oreilles, une dans sa bouche, l'autre qu'il replongea dans l'eau, et la cinquième il la jeta hors des cercles. Mais à peine celle-là fut-elle partie de sa main, que je le vis environné de plus d'un million d'animaux de mauvais augure, tant d'insectes que de parfaits. II toucha de sa baguette un chat-huant, un renard et une taupe, qui aussitôt entrèrent dans les cernes, en jetant un formidable cri. Avec un couteau d'airain, il leur fendit l'estomac; puis, leur ayant arraché le cœur, et enveloppe chacun dans trois feuilles de laurier, il les avala. Il sépara le foie, qu'il épreignit dans un vaisseau de figure hexagone. Cela fini, il recommença les suffumigations; il mêla la rosée et le sang dans un bassin, y trempa un gant de parchemin vierge, qu'il mit à sa main droite, et, après quatre ou cinq hurlements horribles, il ferma les yeux et commença les invocations.

Il ne remuoit presque point les lèvres; j'entendois néanmoins dans sa gorge un brouissement, comme de plusieurs voix entremêlées. Il fut élevé de terre à la hauteur d'une palme, et, de fois à autre, il attachoit fort attentivement la vue sur l'ongle indice de sa main gauche. Il avait le visage enflammé, et se tourmentoit fort. En suite de plusieurs contorsions épouvantables, il chut en gémissant sur ses genoux; mais, aussitôt qu'il eut articulé trois paroles d'une certaine oraison, devenu plus fort qu'un homme, il soutint sans vaciller les monstrueuses secousses d'un vent épouvantable qui soufiloit contre lui, tantôt par bouffées, tantôt par tourbillons; ce vent semblait tâcher à le faire sortir des cernes. Après ce signe, les trois ronds tournèrent sous lui. Cet autre fut suivi d'une grêle rouge comme du sang, et celui-ci fit encore place à un quatrième beaucoup plus effroyable. C'était un torrent de feu, qui brouissoit en tournant, et se divisait par globes, dont chacun se fendait en éclats, avec un grand coup de tonnerre..

Il fut le dernier, car une belle lumière, blanche et claire, dissipa ces tristes météores (7). Tout au milieu, parut un jeune homme, la jambe droite sur un aigle, l'autre sur un lynx, qui donna au Magicien trois lioles pleines de je ne sais quelle liqueur. Le Magicien lui présenta trois cheveux, l'un pris au devant de sa tête, les deux autres aux tempes; il fut frappé sur l'épaule, d'un petit bâton que tenoit le Fantôme, et puis tout disparut. Ce fut alors que les étoiles, blêmies à la venue du Soleil, s'unirent à la couleur des cieux. Je m'allois remettre en chemin pour trouver mon village, mais, sur ces entrefaites, le sorcier, m'ayant envisagé, s'approcha du lieu où j'étois. Encore qu'il cheminât à pas lents, il fut plus tôt à moi, que je ne l'aperçus bouger. Il étendit sous ma main une main si froide, que la mienne en demeura fort longtemps engourdie. Il n'ouvrit ni la bouche ni les yeux, et dans ce profond silence, il me conduisit à travers des masures, sous les effroyables ruines d'un vieux château déshabité, où les siècles depuis mille ans travaillaient à mettre les chambres dans les caves.

Aussitôt,que nous fûmes entrés, « Vante-toi, me dit-il, en se tournant vers moi, d'avoir contemplé face à face le sorcier Agrippa, et dont l'àme, par métempsychose, est celle qui jadis animait le savant Zoroastre, prince des Bactriens. Depuis près d'un siècle que je disparus d'entre les hommes, je me conserve ici par le moyen de l'or potable, dans une santé qu'aucune maladie n'a jamais interrompue. De vingt ans en vingt ans, j'avale une prise de cette médecine universelle, qui me rajeunit, restituant à mon corps ce qu'il a perdu de ges forces. Si tu as considéré trois fioles que m'a présentées le Roi des Démons ignés, la première en est pleine; la seconde, de poudre de projection, et la troisième, d'huile de talc. Au reste, tu m'es bien obligé, puisque, entre tous les mortels, je t'ai choisi pour assister à des mystères que je ne célèbre qu'une fois en vingt ans. C'est par mes charmes que sont envoyées, quand il me plaît, les stérilités ou les abondances. Je suscite les guerres, en les allumant entre les génies qui gouvernent les Rois. J'enseigne aux bergers la Patenôtre du loup J'apprends aux devins la façon de tourner le sas. Je fais courir les ardens sur les marais et sur les fleuves, pour noyer les voyageurs: J'excite les Fées à danser au clair de la lune. Je pousse les Joueurs à chercher le trèfle à quatre, sous les gibets.. J'envoie à minuit les Esprits hors du cimetière, entortillés d'un drap, demander à leurs héritiers l'accomplissement des vœux qu'ils ont faits à la mort. Je commande aux Démons d'habiter les châteaux abandonnés, d'égorger les passants qui y viendront loger, jusqu'à ce que quelque résolu les contraigne de lui montrer le trésor. Je fais trouver des mains de gloire aux misérables que je veux enrichir. Je fais brûler, aux voleurs, des chandelles de graisse de pendu, pour endormir les hôtes, pendant qu'ils exécutent leurs vols. Je donne la pistole volante, qui vient ressauter dans la poche, quand on l'a employée. Je donne aux laquais ces bagues, qui les font aller et revenir de Paris à Orléans en un jour. Je fais tout renverser dans une maison, par des Esprits, qui font culbuter les bouteilles, les verres, les plats, quoique rien ne casse, rien ne se répande, et qu'on ne voie personne. Je montre aux vieilles à guérir la fièvre avec des paroles. Je réveille les villageois la veille de Saint-Jean pour cueillir son herbe à jeun et sans parler. J'enseigne aux sorciers à devenir loups-garous. Je les force à manger les enfans sur le chemin, et puis les abandonne, quand, quelque cavalier leur coupant une patte (qui se trouve la main d'un homme), ils sont reconnus et mis au pouvoir de la justice. J'envoie aux personnes affligées un grand Homme noir, qui promet de les faire riches, s'ils se veulent donner à lui. J'aveugle ceux qui prennent des cédules, en sorte que, quand ils demandent trente ans de terme, je leur fais voir le 3 devant le zéro, que j'ai mis après. Je tors le col à ceux qui, lisant dans le grimoire sans le savoir, me font venir et ne me donnent rien. Je m'en retourne paisiblement d'avec ceux qui, m'ayant appelé, me donnent seulement une savate, un cheveu, ou une paille. J'emporte, des Eglises qu'on dédie, les pierres qui n'ont pas été payées. Je ne fais paroitre, aux personnes ennuitées qui rencontrent les sorciers allant au sabbat, qu'une troupe de chats, dont le prince est Marcou. J'envoie tous les confédérés à l'offrande, et leur présente à baiser le cul du Bouc, assis dessus une escabelle. Je les traite splendidement, mais avec des viandes sans sel. Je fais tout évanouir, si quelque étranger, ignorant des coutumes, fait la bénédiction et je le laisse dans un désert, au milieu des épines, à trois cents lieues de son pays. Je fais trouver, dans le lit des ribauds, aux femmes, des incubes; aux hommes, des succubes. J'envoie dormir le cauchemar, en forme d'une longue pièce de marbre, avec ceux qui ne se sont pas signés en se couchant J'enseigne aux Négromanciens à se défaire de leurs ennemis, faisant une image de cire; et la piquant ou la jetant au feu, pour faire sentir à l'original ce qu'ils font souffrir à la copie. J'ôte, sur les Sorciers, le sentiment aux endroits où le Bélier les a marqués de son sceau. J'imprime une vertu secrète à Nolite fieri, quand il est récité à rebours, qui empêche que le beurre ne se fasse J'instruis les paysans mettre, sous le seuil, de la bergerie qu'ils veulent ruiner, une toupe de cheveux, ou un crapaud, avec maudissons, pour faire mourir étiques les moutons qui passent dessus. Je montre aux bergers à nouer l'éguillette le jour des noces, lorsque le prêtre dit Conjungo vos. Je donne de l'argent, qui se trouve, après, des feuilles de chêne. Je prête aux Magiciens un démon familier, qui les accompagne, et leur défend de rien entreprendre sans le congé de maître martinet. J'enseigne, pour rompre le sort d'une personne charmée, à faire pétrir le gâteau triangulaire de Saint-Loup, et le donner, par aumône, au premier pauvre qu'il troùvera. Je guéris les malades du loup-garou, leur donnant un coup de fourche, justement entre les deux yeux. Je fais sentir les coups-aux Sorciers, pourvu qu'on les batte avec un bâton de sureau. Je délie le Moine Bourru aux avons de Noël je lui commande de rouler comme un tonneau, ou traîner à minuit les chaînes dans les rues, afin de tordre le cou à ceux qui mettront la tète aux fenêtres. J'enseigne la composition des brevets (Cool, des sorts, des charmes, des sigilles (9), des talismans, des miroirs magiques, et des figures constellées. Je leur apprends à trouver le gui de l'an neuf, l'herbe de fourvoiement, les gamahés (10) l'emplàtre magnétique. J'envoie le gobelin, la Mule ferrée, le Filourdi, le roi Hugon, le Connétable, les hommes noirs, les femmes blanches, les lemures, les farfadets, les larves, les lamies, les ombres, les mânes, les spectres, les fantômes enfin, je suis le diable Vauvert, le Juif Errant, et le Grand Veneur de la foret de Fontainebleau. » Avec ces dernières paroles, le Magicien disparut, les couleurs des objets s'éloignèrent, une large et noire fumée couvrit la face du climat, et je me trouvai sur mon lit, le cœur encore tout palpitant, et le corps tout froissé du travail de l'âme; mais avec une si grande lassitude, qu'alors que je m'en souviens, je ne crois pas avoir la force d'écrire au bas de ma lettre Je suis, Monsieur,

Votre Serviteur.

1. Proabablement l'Heptameron
2. Cela me rappelle l'éclipse de 1999, quand elle fut complète tout devient silencieux...
3. D'après Delahays, Cerne, Cercles, ronils tracés à terre avec un bâton; de circinus, compas.
4. Classique dans le système de l'Heptameron
5. rays, rayons, influences, terme très important en magie ancienne, voir le De Radiis de Al-Kindi, disponible en français aux éditions Allia
6. Chiffres, le code en quelque sorte, disons les symboles ou les sceaux
7. Météores à l'époque de Cyrano, phénomènes célestes inhabituels...
8. Brevets, il s'agit des contrats magiques
9. Sigils, sceaux des entités
10. Gamahé, images ou sceaux gravés naturellement dans une pierre.



Extrait du Pédant joué

Je suis le grand Diable Vauvert C'est moi qui fais dire la Patenôtre du Loup; qui noue l'aiguillette aux nouveaux Mariés qui fais tourner le sas qui pétris le gâteau triangulaire; qui rends invisibles les frères de la Rose-Croix; qui dicte aux Rabinsla Cabale et le Talmud qui donne la Main de gloire, le Trèfle à quatre, la Pistole volante, le Guy de l'an neuf, l'Herbe de fourvoiement, la Graine de fougère, le Parchemin vierge, les Gamahés, l'Emplâtre magnétique. J'enseigne la composition des brevets, des sorts, des charmes, des sigilles, des caractères, des talismans, des images, des miroirs, des figures constellées. Je prêtai à Socrate un Démon familier; je fis voir à Brutus son mauvais Génie; j'arrêtai Drusus, à l'apparition d'un Lutin; j'envoie les Démons familiers, les Esprits, les martinets les Gobelins, le Moine-bourru, le Loup-garou, la Mule-ferrée, le Marcou, le Cauchemar, le roi Hugon, le Connétable, les Hommes noirs, les Femmes blanches les Ardens, les Lémures les Farfadets, les Ogres, les Larves, les Incubes, les Succubes, les Lamies, les Fées, les Ombres, les Mânes, les Spectres, les Fantômes. Enfin, je suis le Grand Veneur de la forêt de Fontainebleau.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
moonduke
Membre en Promenade



Inscrit le: 06 Avr 2009
Messages: 41

MessagePosté le: Jeu Avr 09, 2009 10:27 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Le diable vauvert?
_________________
La théorie, c'est quand personne sais tout. La pratique, c'est quand tout fonctionne mais personne ne sait pourquoi.
jesaisplus

Les fous ouvrent des voix qu'empruntent ensuite les sages.
Tun Tsu
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Stephan
Membre en Promenade



Inscrit le: 24 Mar 2009
Messages: 24
Localisation: Bruxelles

MessagePosté le: Ven Avr 10, 2009 7:46 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:

« Au diable vauvert »


Extrêmement loin.


Quand vous voyez une vache rouge, vous pensez inévitablement 'Vache qui rit'®. Si c'est une vache mauve, c'est Milka® qui vous vient à l'esprit. Mais si c'est un veau vert, à quoi devriez-vous penser ? Probablement que vous avez des problèmes d'orthographe ou de vision(s) !

Notre vauvert (en un seul mot et sans 'e') date du début du XIXe siècle, mais son origine n'est pas claire.
Au départ, ce mot banal ne désigne qu'un 'vert vallon' ou 'val vert', le 'vau' se retrouvant toujours actuellement, non pas à l'étable, mais dans "à vau-l'eau" et dans "par monts et par vaux" (deux expressions également disponibles dans ces pages).

Dès le XVe siècle, "faire le diable de Vauvert" signifiait "s'agiter comme un beau diable", mais sans qu'aucune notion de distance ne s'y rattache.
Cela n'explique donc pas non plus le pourquoi de ce vauvert lointain et le diable qui s'y accroche.

Ce nom était aussi celui d'une abbaye de Chartreux située au sud de Paris, à peu près là où se trouve actuellement le carrefour Denfert-Rochereau (). Il faut d'ailleurs reconnaître que, pour aller au diable, la première partie du nom du carrefour n'est pas mal du tout... Cette abbaye aurait été le théatre de manifestation plus ou moins dialoliques, peut-être orchestrées par les moines eux-mêmes pour que le roi Louis IX leur fasse donation du domaine.
Il existait également un château de Vauvert à Gentilly qui aurait servi de repaire à des bandits redoutés. Il y avait aussi un Vauvert près de Nîmes, où les protestants ont détruit un sanctuaire dédié à la Vierge.

Il est donc possible qu'un de ces 'Vauvert' considérés comme éloignés de Paris à l'époque, et dans lesquels des évènements 'peu catholiques' se produisaient, a donné naissance à cette expression en le mêlant à "au diable" qui, dès le XVe siècle, voulait déjà dire "très loin".


http://www.expressio.fr/expressions/au-diable-vauvert.php
[/quote]
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Invité







MessagePosté le: Ven Avr 10, 2009 7:51 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci stephan Smile
Revenir en haut
moonduke
Membre en Promenade



Inscrit le: 06 Avr 2009
Messages: 41

MessagePosté le: Ven Avr 10, 2009 10:25 pm    Sujet du message: Répondre en citant

merci pour cette réponse enrichissante.
^_^
_________________
La théorie, c'est quand personne sais tout. La pratique, c'est quand tout fonctionne mais personne ne sait pourquoi.
jesaisplus

Les fous ouvrent des voix qu'empruntent ensuite les sages.
Tun Tsu
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
météor
*Membre d'Honneur*



Inscrit le: 11 Mar 2009
Messages: 749
Localisation: vitry idf

MessagePosté le: Mer Avr 22, 2009 6:58 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Smile c'est un alchimiste,il parle de la poudre de projection.
Amicalement.
_________________
bonjourn je suis retraité, ma passion ,
le qi gong
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail Yahoo Messenger
moonduke
Membre en Promenade



Inscrit le: 06 Avr 2009
Messages: 41

MessagePosté le: Ven Sep 25, 2009 11:28 pm    Sujet du message: Répondre en citant

ça y est, j'ai pu retrouver ce texte que j'ai lu il y a quelques années:

LE MONSTRE VERT

1, LE CHATEAU DU DIABLE.

Je vais parler d'un des plus anciens habitants de Paris; on l'appelait autrefois "le diable vauvert".
D'ou resulté le proverbe; " C'est au diable vauvert! Allez au diable vauvert!" C'est -à-dire; "Allez vous ... promener aux champs-élysées."
Les portiers disent généralement:" C'est au diable aux vers!" pour exprimer un lieu qui est fort loin. Cela signifie qu'il faut payer très cher la comission dont on les charges._ Mais c'est là, en outre, une locution vicieuse et corrompue, comme plusieurs autres familières au peuple parisien.
Le diable vauvert est essentiellement un habitant de paris, ou il demeure depuis bien des siècles, si l'on en croit les historiens. Sauval, Félibien, Sainte Froix et Dulaure (que je ne connais pas, ndm) ont racontés longuement ses escapades.
Il semble d'abord avoir habité le château de vauvert, qui était situé au lieu occupé aujourd'hui par le joyeux bal de la Chartreuse, à l'extrémité du luxembourg et en face des allées de l'Observatoire, dans la rue d'enfer.
Ce château, d'une triste renommé, fut démoli en parti, et les ruines devinrent une dépendance d'un couvent de chartreux, dans lequel mourut, en 1414, Jean de la lune neveu de l'antipape Benoit 13. Jean de la lune avait été soupsonné d'avoir des relations avec un certain diable, qui peut-être était l'esprit familier de l'ancien Château de Vauvert, chacun de ces édifices féodaux ayant le sien, comme on le sait.
Les historiens ne nous on laisser rien de précis sur cette phase intéressante.
Le daible Vauvert fit de nouveau parler de lui à l'époque de Louis 13.

Pendant fort longtemps, on avait entendu, tous les soirs, un grand bruit dans une maison faite des débris de l'ancien couvent, et dont les propriétaires étaiant absent depuis plusieurs années; ce qui effrayait beaucoup les voisins.
Ils allèrent prévenir le lieutenant de police qui envoya plusieurs archers.
Quels fut l'étonnement de ces militaires entendant un cliquetis de verres mêlés de rires stridents§
On cru d'abord que c'était de faux monneyeurs qui se livraient à une orgie, et , jugeant de leur nombre d'après l'intensité du bruit, on alla chercher du renfort.
Mais on jugea encore que l'escouade n'était pas suffisante; aucun sergent ne se souciait de guider ses homes dans ce repaire, ou il semblit qu'on entendait le fracas de toute une armée.
Il arriva enfin, vers le matin, un corps de troupe suffisant: on pénétra dans la maison. On n'y trouva rien.
Le soleil dissipa les ondes.
Toute la journée, l'on fit des recherches, puis l'on conjectura que le bruit venait des catacombes, situées, comme on sait, sous ce quartier.
On s'apprêtait à y pénétrer, mais penan que la police prenait ses positins, le soir était venu de nouveau, et le bruit recommençais plus fort que jamais.
Cette fois, personne n'osa plus redescendre parce qu'il était évident qu'il n'y avait rein dans la cave que des bouteilles, et que ce fût bien le diable qui les mît en danse.
On se contenta d'occuper les abords de la rue et de demander des prières au clergé.
Le clergé fit une foule d'oraisons, et l'on anvoya même de l'eau bénite avec des seringues par les soupirails de la cave.
Le bruit persistait toujours.

2, LE SERGENT.

Pendant toute une semaine, la foule des Parisiens ne cessait d'obstruer les abords du faubourg, en s'effrayant et demandant des nouvelles.
Enfin, un sergnet de la prévôté, plus hardi que les autres, offrit de pénétrer dans la cave maudite, moyennant une pension réversible, en cas de décés, sur une couturière nommée Margot.
C'était un homme brave et plus amoureux que crédule. Il adorait cette couturière, qui était une personne bien nippée et rès économe, on pourrait dire même un peu avare, et qui n'avait point voulu épouser un sergne privé de toute fortune.
Mais en gagnant la pension, le sergent devenait un autres homme.
Encouragé par cette perspective, il s'écria:" qu'il ne croyait ni à dieu ni au diable, et qu'il aurait raison de ce bruit".
_ A quoi donc cryez-vous? lui dit un de ses compagnons.
_ Je crois, répondit-il, à Mr. le lieutenant colonel, et à Mr. le prévôt de Paris.
C'est trop dire en peu de mots.
Il prit son sabre dans ses dents, un pistolet à chaque main, et s'aventura dans l'escalier.
Le spectacle le plus extraordinaie l'attendait en touchant le sol de la cave.
Toutes les bouteilles se livraient à une sarabande éperdue et formaient les figures les plus gracieuses.
Les cahets vert représentainet les hommes, et les chachets rouge représentaient les femmes.
Il y avait même là un orchestre établi sur les planches à bouteilles.
Les bouteilles vides résonnaient comme des instruments à vent, les bouteilles casées comme des cymbales et des triangles, et les bouteilles félées rendaient quelque chose de l'harmonie pénétrante des violons.
Le sergent, qui avait bu quelques chopines avant d'entreprendre l'expédition, ne voyant là que des bouteilles, se sentit fort rassuré, et se mit à danser lui même par imitation.
_________________
La théorie, c'est quand personne sais tout. La pratique, c'est quand tout fonctionne mais personne ne sait pourquoi.
jesaisplus

Les fous ouvrent des voix qu'empruntent ensuite les sages.
Tun Tsu
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
moonduke
Membre en Promenade



Inscrit le: 06 Avr 2009
Messages: 41

MessagePosté le: Sam Sep 26, 2009 12:12 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je pensai avoir écrit plus que cela, pas l'habitude désolé.
SUITE


Puis, de plus en plus encouragé par la gaieté et le charme du spectacle, il ramassa une bouteille à long goulot, d'un bordeaux pâle, comme il parraissait, et soigneseument cachetée de rouge, et la pressa amoureusement contre son coeur.
Des rires frénétiques partirent de tous côtés; le sergent, intrigué, laiss tombés la bouteille, qui se brisa en mille morceaux.
La danse s'arrêta, des cris d'effroi se firent entendre dans tous les coins de la cave, et le sergent sentit ses cheveux se dresser en voyant que le vin répendu parraissait former une marre de sang.
Le corps d'une femme nue, dont les blonds cheveux se répendaient à terre et trempaient dans l'humidité, était étendu sous ses pieds.
Le sergent n'aurait pas eu peur du diable en personne, mais cette vue le remplit d'horrur, songeant après tout qu'il avait à rendre compte de sa mission, il s'empara d'un cachet vert qui semblait ricanner devant lui , et s'écria:
_ Au moins j'en aurais une!
Un ricannement immense lui répondit.
Ce pendant, il avait regangé l'escalier,et , montrant la bouteille à se camarades, il s'écria:
_ Voilà le farfadet!...V ous êtes bien capons (il prononça un autre mot plus vif encore) de ne pas oser descendre là-dedans!
Son ironie était amère. Les archers se précipitairent dans la cave, ou l'on ne retrouva qu'une bouteille de bordeaux cassée.
Le reste était en place.
Les archers déplorèrent le sort de la bouteille cassée; mais, braves désormais, ils tinrent tous à remonter avec une bouteille à la main.
_ Quant à moi, je garderai la mienne pour le jour de mon mariage.
On ne put lui refuser la pension promise, il épousa la couturière, et...
Vous allez croire qu'ils eurent beaucoups d'enfants?
Ils n'en n'eurent qu'un.

3, CE QUI S'ENSUIVIT.

Le jour de la noce du sergent, qui eût lieu à la Rapée, il mit la fameuse bouteille au cachet vert entre lui et son épouse, et affecta de ne verser de ce vin qu'à elle et à lui.
La bouteille était verte comme ache, le vin était rouge comme sang.
Neuf mois après, la couturière accouchait d'un petit monstre, entièrement vert, avec des cornes rouges sur le front.
Et maintenant, allez, Ô jeunes filles! allez-vous-en danser à la Chartreuse...sur l'emplacement du château de Vauver!
Cependant, l'enfant grandissait, sinon en vertu, du moins en croissance. Deux choses contrariaient ses parents: sa couleur verte, et un appendice caudale qui ne semblait être d'abord qu'un prolongement du coccyx, mais qui peu à peu prenait les airs d'une véritable queue.
On alla consultait les savant qui déclarèrent qu'il en était impossible d'en opérer l'extirpation sans compromettre la vie de l'enfant. Ils ajoutèrent que c'était un cas assez rare, mais dont on trouvait des exemples dans Hérdote et Pline le jeune. On ne prévoyait pas alors le système de Fourier.
Poue ce qui était de la couleur, on l'atribua à une prédominance du système bilieux. Cependant, on essaya de plusieurs caustiques pour atténuer la nuance trop prononcée de l'épiderme, et l'on arriva, après une foule de lotions et frictions, à l'amener tantôt au vert bouteille, puis au vert d'eau, et enfin au vert pomme. Un instant, la peau semblat tout à fait blanchir; mais, le soir, elle reprit sa teinte.
Le sergent et la couturière ne pouvaient se consoler des chagrins que leur donner ce petit monstre, qui devenait de plus en plus têtu, caprice et malicieux.
La mélancolie qu'ils éprouvèrent les conduisit à un vice trop commun chez les gens de leur sorte. Ils s'adonnèrent à la boisson.
Seulement, le sergent ne voulait boire que du vin cacheté de rouge, et sa femme que du vin cacheté de vert.
Chaque fois que le sergnet étai ivre mort, il voyait dans son sommeil la femme sanglante dont l'appartion l'avait épouvanté dans la cave après qu'il eut brisé la bouteille.
Cette femme lui disait:
_ Pourquoim'as-tu pressé sur ton coeur, et ensuite immolé...moi qui t'aimait tant?
Chaque fois que l'épouse du sergent avait trop fêté le cachet vert, elle voyait dans son sommeil apparaitre un grand diable, d'un aspect épouvantable qui disait:
_ Pourquoi t'étonner de me voir...puisque tu as bu de la bouteille? Ne suis-je pas le père de l'enfant?...
Ô mystère!
Parvenu à l'âge de traize ans, l'enfant disparut.
Ses parents inconsolables, continuèrent à boire, mais ils ne virent plus se renouveler les terribles apparitions qui avaient tourmenté leurs sommeil.

4, MORALITE

C'est ainsi que le sergent fut puni de son impiété,_et la couturière de son avarice.

5,CE QU'ETAIT DEVENU LE MONSTRE VERT.

On n'a jamais pu le savoir.

Gérarde de Nerval
1849

J'espère que vous avez fait bonne lecture.
_________________
La théorie, c'est quand personne sais tout. La pratique, c'est quand tout fonctionne mais personne ne sait pourquoi.
jesaisplus

Les fous ouvrent des voix qu'empruntent ensuite les sages.
Tun Tsu
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forum ésotérique de l Alliance Magique Index du Forum -> Bibliothèque Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB
Appalachia Theme © 2002 Droshi's Island
Design réalisé par éditions ésotériques l Alliance Magique éditeur ésotérique

Partenaires: lithothérapie - forum ésotérique - site ésotérique - annuaire ésotérique - formation lithothérapie - Arnaud Thuly Page Officielle - Recherche en ésotérisme - formation professionnelle lithothérapie - formation ésotérisme magie - blog ésotérique