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culte rendu à BAAL

 
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isis
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MessagePosté le: Mer Juil 26, 2006 1:41 pm    Sujet du message: culte rendu à BAAL Répondre en citant

ce post propose une vision des dieux sanguinaires et de leur demande en sacrifices humains

On parle souvent des artrocités perpetrés par les adorateurs de baal dans la bible je me suis donc documentée

CULTE DE BAAL



S’il est vrai que même les dieux meurent, quelques uns d’entre eux, les plus anciens, ont fasciné les civilisations plus longtemps que les autres. Leurs cultes violents, en faisant appel aux plus profondes des pulsions humaines, en remontant dans la partie la plus sombre des psychés de leurs desservants, ont marqué davantage la mémoire des hommes.
Rares sont les dieux qui peuvent se targuer d’une telle longévité. Baal, le vieux dieu Sémite, en fait partie : son culte a été célébré de ~ 3000 à l’époque romaine, sans discontinuer. Son nom, (« le maître »ou « l ‘époux » : synonymes révélateurs de sociétés où l’homme est le maître de son épouse) se retrouve dans tout le Moyen Orient, depuis les zones peuplées par les peuples Sémites, jusqu’aux colonies phéniciennes, au premier rang desquels on trouve l’immortelle Carthage, la ville dont le nom est à jamais attaché à celui du Dieu. Il est invariablement accompagné d’une divinité féminine dont les noms changent, Astarté, Ishtar ou Tanit à Carthage, la Tanit évoquée par Flaubert dans son magnifique Salambô. Baal n’est d’ailleurs qu’une appellation générique, c’est le second qualificatif qui révèle quel aspect de Baal est ici adoré : Baal Marcodès, Dieu des danses sacrées, Baal Shamen, Dieu des cieux, Baal Bek, le Baal solaire et surtout Hammon-Baal, le terrible dieu carthaginois…

Du Baal originel, on ne sait que peu de choses, mais des tablettes couvertes de signes cunéiformes, retrouvés dans les années 20 par une équipe d’archéologues français à Ras Shamra, dans l’ancienne Ougarit mésopotamienne, ont permis de retrouver la geste divine, dans ses grandes lignes. Le Dieu, dans un Panthéon dominé par la figure dominatrice du Dieu souverain El, fait d’abord figure d’intrus et doit mériter son rang. Il combat d’abord Yam, dieu des océans néfastes, avec l’aide d’Astarté. Il y gagne un côté très positif, celui de protecteur de la vie. Puis il se fait construire un palais, contre l’avis de El avec qui il s’oppose, avant de plonger dans un combat perdu dans la gueule de Môt, la mort déifiée. C’est la sœur de Baal qui finit par faire rendre gorge à l’infâme Môt, libérant un Baal furieux qui fait éclater sa colère sous la forme d’un orage effrayant mais là encore vivifiant. 7 ans plus tard, un nouveau combat entre les deux divinités tourne à l’avantage de Baal. Le mythe se charge d’épisodes prouvant un anthropisation poussée, et contenant nombres d’anecdotes mettant l’accent sur les faiblesses divines, qui sont les mêmes que celles des hommes : goût pour le vin et l’ivresse, obsession du sexe et de l’impuissance

Avec l’époque hellénistique, la culture grecque et ses dieux recouvrent souvent les cultes de Baal d’oripeaux grecs, identifiant Astarté à Aphrodite et Baal à Zeus dans tout le monde maîtrisé par Alexandre et ses héritiers. L’hellénisation transforme au passage ces vieux cultes agraires, animistes, en cultes aux cérémonials plus élaboré, comportant des degrés d’initiation et de connaissances, dont nous ne connaîtrons jamais le détail, perdu à jamais

C’est Carthage qui nous laisse deviner avec le plus de précision l’un des aspects qu’eurent ces Baal tardifs. La mieux connue et la plus puissante des colonies phéniciennes rompit en 480 avec sa métropole, au lendemain d’une bataille perdue. Le culte local de Baal refléta cette évolution, se concentrant sur le culte lié des deux divinités Hammon-Baal et Tanit, le Jour et la Nuit, le Soleil et la Lune. Les Grecs ne s’y trompèrent pas et le couple divin des Carthaginois n’est plus associé à Zeus et Aphrodite mais à Saturne (ou Cronos) et Héra, la sauvagerie des temps originels alliée à l’austérité de l’époque de Zeus. Changement significatif pour Baal. Les Grecs ne l’identifient plus comme la sagesse même, mais bien à la violence et aux mythes les plus violents de la théogonie hellène : rappelons que Cronos mangeait ses propres enfants, que Saturne représente toute la sauvagerie originelle, la folie des temps premiers. Les sacrifices que la ville organisait pour le plaisir du Dieu sont les plus connus, parce qu’ils ont marqué la mémoire des contemporains comme au fer rouge. Diodore de Sicile, qui connaît d’autant mieux Carthage que les luttes furent permanentes entre les Grecs et Carthage pour le contrôle de la riche Sicile

En 310, vaincus et assiégés par les Grecs de Sicile, Carthage souffrait de manque d’eau. Les prêtres, pour se faire pardonner leurs péchés par Baal, organisèrent un holocauste, ces sacrifices de grande ampleur (tel est le sens premier du mot) qu’on appelle aussi, dans un vieux terme hébreu passé en langue punique, des Moloch. Selon Diodore, 500 enfants de la noblesse furent exécutés de la plus atroce des façons. Un immense Baal trônait sur la place centrale de la cité. Il était creux, et l’on entretenait à l’intérieur un immense brasier. Les bras de la statue, articulés, emportaient les enfants, encapuchonnés de noir, dans la gorge béante où ils étaient précipités vivants, sous les yeux d’une foule que Diodore de Sicile décrit ivre de joie démente et de folie meurtrière. Selon lui, des hommes et des femmes, rendus fous par la foule surchauffés, se poignardaient mutuellement, se précipitaient dans le bûcher. Baal dut être content : un orage s’abattit sur la ville, noyant la démence collective sous les trombes d’eau et remplissant les citernes. Le plus fou est que ce massacre dément fut fait pour absoudre un péché de la noblesse - toutes les petites victimes, nous l’avons dit, était nobles. Quel péché ? Celui de n’avoir pas perpétué l’antique tradition qui voulait que le premier rejeton de chaque famille noble soit immolé, afin de garantir le destin de la suite de la descendance. Rites de sang et de feu qui choquèrent profondément leurs adversaires grecs - dont les derniers sacrifices humains ne remontaient peut-être pourtant pas si loin. Mais la puissance supposée de ces rites avaient conduit chez les uns comme chez les autres à leur adoucissement, et au remplacement de divinités humaines par des substituts, animaux ou végétaux offerts en ersatz, si l’on ose dire.

Le plus fou est que tout cela recommença, provoquant la même horreur. Si l’histoire ne se répète pas, il lui arrive de bégayer. Au lendemain de la première guerre punique, dans laquelle s’étaient affrontés Carthage et Rome, alors puissance montante en Méditerranée, les mercenaires engagés par Carthage, lassés d’attendre une solde cent fois promise et jamais payée, firent le siège de Carthage, réussissant à prendre la première des trois enceintes. Les mêmes causes produisirent les mêmes effets. Les mercenaires, emmenés par Mâtho - c’est tout le contexte du roman de Flaubert, crevèrent les tuyaux de l’aqueduc qui ravitaillait la cité en eau potable. Plutôt que de payer enfin ses dettes, le Conseil des Anciens décida alors de réitérer le Moloch. Chaque famille de Carthage, et non plus seulement les nobles, dut livrer un enfant pour le sacrifice. Le jour suivant, la foule se pressa en masse sur la place, devant le temple de Moloch. Un pan du mur avait été abattu afin que l’on puisse sortit le Dieu d’airain au grand jour. Le feu avait été entretenu une bonne parti de la nuit. La foule commença à défiler, jetant au feu, à travers l’énorme bouche incandescente, bijoux et richesses. Les offrandes étaient de plus en plus belles, la folie semblait grandir au fur et à mesure. Les prêtres, sur les côtés se balafraient le visage. Des membres du clergé, les Dévoués, s’appliquèrent mille supplices, se perçant la poitrine de pointes de fer, , se fendant les joues, sa lacérant tout le corps. Puis l’on poussa le premier enfant. Un prêtre étendit sa main sur lui, et le chargea de tous les péchés du peuple pour satisfaire la colère de Baal. Partout retentissaient les cris « Seigneur, mange ! », « Verse la pluie, enfante !

Puis tous défilèrent, le visage et le corps masqués pour ne pas voir et pour que dans la foule, aucune mère, aucune sœur ne reconnaisse un fils ou un frère et ne s’effondre en hurlant sa douleur. Il fallait qu’aucun Carthaginois ne faiblisse. On dit qu’il y eut autant de victimes que l’année solaire compte de jours, mais le chiffre fut vite dépassé. Cela dura des heures, et les mercenaires, massés sur la première enceinte, purent voir, horrifiés, le colosse gavé se mettre lentement à rougeoyer, et à vaciller presque, peinant à consumer toutes les victimes de cette folie collective. Les prêtres plongeaient les mains dans les cendres encore chaudes, le rejetant sur la foule amassée au pied de l’édifice. Dans cette frénésie collective, cette ivresse monstrueuse, comme cent ans plus tôt, la soirée ouvrit la voie à une Saint-Barthélemy païenne où les assassinats succédaient aux sacrifices improvisés. Les Carthaginois, gorgés d’horreur, furent là encore récompensés par un orage qui remplit les réservoirs. Le lendemain, les mercenaires levèrent le siège en pataugeant dans la boue. Carthage était sauvée. Baal avait triomphé de ses ennemis.

Il fallut attendre la destruction de la ville, par Scipion, pour que meure le culte de Baal sur la côte africaine autour de Carthage. L’épisode avait tant marqué les esprits que le sol fut maudit, et salé pour que rien, jamais, n’y repousse. Telle était la haine romaine pour la vieille cité punique, qu’il fallut attendre près de 200 ans avant qu’Auguste ne refonde la cité, dont le site était excellent. Ainsi meurent les dieux, quand d’autres dieux plus puissants qu’eux finissent par l’emporter grâce aux peuples qui les révèrent. Mais ils meurent lentement. Combien de pratiques domestiques aujourd’hui disparues perpétuèrent-elle quelque temps les rites maudits de Moloch Baal ?

http://www.heresie.com/baal.htm
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lisenn
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MessagePosté le: Mer Juil 26, 2006 2:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

merci pour ton post ^_^
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Durga
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MessagePosté le: Mar Sep 05, 2006 11:12 am    Sujet du message: Répondre en citant

Pour moi, une religion ou un dieu ne meurt jamais. Comme une idée : elle naît et se développe, mais ne meurt jamais. Il suffit de croire. Imaginez que tous les dieux de toutes les cultures nous regardent, et attendent. Les dieux païens sont endormis, car ils savent que leur culte ne mourra pas et n'est, d'ailleurs, jamais mort.
Moloch Baal est le dieu le plus sanguinaire du panthéon sémite.
Il était constamment en colère, et on lui sacrifiait des enfants pour apaiser sa colère et sa soif de sang. On pourrait d'ailleurs le comparer à Kâli, la déesse indienne de la mort, représentée la bouche ouverte, la langue sortie et ensanglantée, la peau noire, avec un collier de tête de morts et une ceinture composée de mains de ses ennemis. Kâli signifie d'ailleurs en sanskrit (la langue des Vèdes, premiers habitants de l'Inde, dans l'Antiquité) "la noire". Il faudrait que je vérifie, mais elle est l'une des épouses de Shiva, le dieu de la danse mais aussi de la mort...
Et ils ne sont pas les seuls à être de terrifiantes divinités sanguinaires...

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isis
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MessagePosté le: Mar Sep 05, 2006 11:47 am    Sujet du message: Répondre en citant

effectivement kali est epouse dans le pantheon indien de shiva
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MessagePosté le: Mar Sep 12, 2006 1:57 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Carthaginois et Grecs n'étaient pas les seuls à immoler leurs enfants: Les Hébreux le faisaient également, mais lorsque cette habitude a disparu, les références à cette pratique ont été supprimés des écrits. Lorsque Dieu demande à Habraham de lui immoler son fils, Abraham s'éxécute sans se poser de questions. Si Dieu retient son bras et lui dit d'immoler un bouc à la place de son enfant, c'est pour qu'Habraham témoigne que la coutume de sacrifier les enfant ne plaît plus à Dieu et que c'est à la demande de celui-ci qu'elle doit être abolie.

Ce Dieu a également détruit des cités (Sodome et Gomorre, Jéricho...) et puni des humains de sa propre main. Il s'est convertit en Dieu paternaliste tout doucement, au fur et à mesure des "modes" et des contacts entre les peuples. Le Déluge a été sa dernière action destructrice, il a montré un arc-en-ciel aux survivant en signe d'alliance.

Un autre nom de Baal, Baal Zeboub/Zeboul, Dieu des Mouches ou Dieu des Princes, a donné Belzebuth dans le panthéon démoniaque chrétien. (Voir dans Wikipedia)

Ces holocaustes étaient-ils aussi spectaculaires? Si les témoignages sont grecs et romains, c'est-à-dire écrits par les ennemis, sont-ils dignes de foi? Il peut s'agir de propagande pour montrer le côté barbare des ennemis et par comparaison la "civilisation" des grecs et des romains? Ou bien des témoignages carthaginois existent et corroborent les écrits grecs et romains quand à la cruauté des faits?
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MessagePosté le: Mar Sep 12, 2006 2:41 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je pense avoir lu dans un archéologia un article sur la découverte d'une nécropole carthaginoise comportant un grand nombre d'enfants, ce qui faisait dire à l'auteur qu'il s'agissait probablement des victimes du culte de Baal. Mais, il pourrait s'agir là encore des hypothèses d'un père jésuite, ou de je ne sais quel bien pensant civilisé. Encore du dépouillement biblio en perspective.

A bientôt

Fredericus Coriarius

Edit : Un petit lien intéressant sur les substitutions pour honorer Moloch durant l'époque romaine en Afrique du Nord :Survivances par substitution des sacrifices d'enfants dans l'Afrique romaine.
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MessagePosté le: Dim Nov 12, 2006 9:45 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Isis, post que j'ai beaucoup apprécier. Smile
Même si, les sacrifices d'enfants me font froid dans le dos.
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