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[Information] Méditation et Boudhisme

 
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uvoguine
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MessagePosté le: Dim Fév 18, 2007 9:16 pm    Sujet du message: [Information] Méditation et Boudhisme Répondre en citant

Voilà dans une des nombreuses archives que j'ai sauvé d'un ancien forum où j'étais j'ai trouvé ce topo sur la méditation boudhiste.


Texte donné à l'origine par Maogirl et Perle D'ambre en Aout 2004


La méditation parait être une manière assez "banal" de se relaxer, pourtant derrière il y à tout un procédé. Bonne lecture Wink


Introduction sur la nature de la pensée:

Avant de maîtriser et de développer, il s'agit de comprendre comment la pensée, l'intellect, l'organe mental (comme disent les bouddhistes) est pris dans une dynamique qui reflète et accentue les préoccupations du sujet, comment elle s'investit au nom du sujet dans différents objets, comment l'ego l'a conduit dans l'attachement, l'aliénation et la répétition, où elle s'égare, ne renvoyant au sujet que des conséquences mécaniques.
La dénonciation de certaines tendances du sujet, n'est pas l'application de dogmes moraux, mais des modes d'explication sur toutes les situations d'aliénation de la pensée. L'expérience dont il est question, c'est l'expérience d'un organe mental libéré de tous ses objets d'attachement possibles au travers de la pratique de la méditation.

Ce n'est pas une force, ce n'est pas une chose que l'on a en plus des autres, ce serait même plutôt un "moins".


Chapitre 1 - Les caractéristiques de la pensée

Avant toute démarche d'entraînement et de développement de la pensée, il convient de mieux connaître son fonctionnement et ses tendances. L'analyse du fonctionnement de la pensée est au centre de la réflexion et des écrits bouddhiques.

Le bouddha inaugure cette réflexion par la constatation suivante :

Phandanam capalam cittam durakkam dunnivarayam.
Ujum karoti medhavi usukarova tejanam.

"La pensée est difficile à contrôler. L'homme avisé sait comment la renforcer, comme un archer sait renforcer ses flèches".

La pensée s'acharne à trouver des objets dans lesquels s'investir et s'attacher. Elle est incapable de se rester durablement dans un état ou dans un autre. Il difficile de lui assigner un comportement déterminé. Enfin, personne ne peut se prémunir de l'irruption inopinée de telle ou telle pensée, de telle ou telle idée, de telle ou telle réaction, ou de telle ou telle réminiscence.

Ceci est la forme naturelle de la pensée, qui peut malgré tout se contrôler.

Le bouddha d'ailleurs donne une autre description de la pensée, comme suit :

Dunniggahassa lahuno yattha kâmanipâtino
Cittassa damatho sâdhu cittam dantam sukhâvaham.

"C'est une bonne chose que de s'entraîner au contrôle de la pensée, qui est difficile à saisir, se complaît facilement dans ses tendances, mais qui peut apporter du bonheur à celui qui s'est entraîné."

Bien que difficile à contrôler et à appréhender, bien que changeant constamment d'état, d'objet, de motivations, bien que retournant rapidement à ses tendances spontanées de facilité et de dépendance, la maîtrise de la pensée apporte beaucoup à celui qui s'y adonne.

Le bouddha précise encore :


Dûrangaman ekacaram asarîram guhâsayani
Ye cittam saññamessanti mokkhanti mârabandhanâ.

"La pensée vagabonde jusque très loin, part seule de son côté, sans rationalité. Celui qui peut la contrôler se prémunit des pièges de Mara"

La pensée se promène sans plan préétablit dans toutes les directions du temps et de l'espace, à tout moment, à tout instant. Elle semble suivre son propre projet et sa propre logique, nous laissant souvent sur notre fin. Nous baignons dans un courant ininterrompu, continu, de pensée qui intègre à tout moment l'ensemble des sensations provenant de l'intérieur et de l'extérieur. Le bouddha l'a souvent dénommée "le vagabond solitaire".

La pensée est sans forme, sans couleur, sans contours, sans profil. La pensée est abstraite, incorporelle, non matérielle et reste non perceptible avec les sens comme la vue, l'ouïe, le toucher, l'odorat ou le goût. Aucune instrumentation ne peut rendre compte de la matérialité de la pensée, seule son activité est détectable.

La pensée de chacun a son propre parcours et ne croise jamais celle des autres. Elle reste dans sa logique, dans son état, sans jamais partager ou échanger quoi ce soit avec une autre (le bouddhisme insiste sur cet aspect solitaire et irréductible).

On peut opposer que si la pensée est non matérielle, il n'est pas possible d'exercer sur elle le moindre contrôle. Mais, bien que non matérielle, il y a dans le corps un certains nombre de points de passage entre le dedans et le dehors, au travers desquels s'exercent particulièrement l'activité de la pensée. Ces points de passage sont au nombre de six : les yeux, les oreilles, le nez, la langue, le corps et les pensées (au sens de "idées").

C'est par le moyen de ces six points de passage que peut s'exercer une compréhension plus approfondie du processus de pensée et un contrôle raisonné sur celle-ci. Si les sens montrent l'activité mentale dans des relations particulières aux sensations, ils désignent aussi cette activité en tant que telle.

Ainsi, avec de l'entraînement, la pensée deviendra propre, claire et calme.

Ces trois qualificatifs ont été formulés par le bouddha comme caractérisant la nature de la pensée. L'Abhidhamma a développé le sens étymologique de la notion de pensée : Citta en pâli.

Citta a trois acceptations :

1. ce qui a la nature du penser et qui répond aux stimuli
2. ce qui organise les informations provenants des sens

3. ce qui a la nature du discernement.

La pensée est le lieu d'une cohérence globale où une certaine logique est à la fois instruite et dirigée par le sujet, mais qui peut être aussi le résultat de l'enchaînement des causes et des effets des actes, idées et projets du sujet.
Cette activité spécifique qui fait resurgir périodiquement des éléments de la vie du sujet est généralement appelée "kamma" (karma en sanskrit).

L'activité mentale est elle aussi soumise à des phases de développement et d'épanouissement, puis à des phases de régression et de cessation. C'est cette cyclicité entre des phases de croissance et de décroissance (à laquelle on a donné l'image de renaissance, de dégénérescence et de mort, qu'il ne faut nécessairement prendre au pied de la lettre) que recouvre aussi la notion de kamma (ou karma). (Cf. le texte sur la notion de kamma.)

L'idée de réincarnation, c'est l'idée qu'il y a une continuité du vivant dans le vivant (et non pas au delà, ou ailleurs ...), c'est l'idée qu'il y a une continuité des choses refermée, retournée sur leur nature même. On devrait d'ailleurs parler de la réincarnation (notion qui comme le karma donne lieu à des interprétations erronées et simplistes), comme d'un principe de continuité.

Cette cohérence de l'activité mentale fait aussi qu'un certain nombre d'actes s'agrègent ensemble par affinité et finissent par caractériser le sujet.

Ce qui oriente ce principe de continuité, dans une direction ou une autre, ce sont certaines catégories d'actions ou d'attitudes qui n'engendrent pas de conséquences néfastes. Le bouddhisme désigne ces actions comme Puñña.

Puñña c'est :

1. ce qui n'engendre pas de conséquences néfastes
2. ce qui engendre l'équilibre, le calme, la tranquillité, mentale et physique

3. ce qui favorise l'émancipation de la pensée

Les bouddhistes considèrent même que puñña favorise la prospérité matérielle et mentale.

Inversement, certaines actions ou attitudes ont des conséquences néfastes avant tout pour soi même et généralement pour les autres. C'est ce que le bouddhisme appelle Pâpa.

Pâpa c'est :

1. ce qui engendre à coup sur des conséquence néfastes
2. ce qui crée le déséquilibre, le conflit, le désordre mental et physique

3. ce qui favorise la médiocrité mentale

Les bouddhistes considèrent que l'agitation, la dissipation sont les conséquences du mauvais esprit et d'une pensée "polluée".
Pâpa est bien évidemment contradictoire à la recherche du développement mental. Et, pour les bouddhistes, cette attitude est proscrite.

Les bouddhistes considèrent de plus qu'il faut encourager panna par des actions spécifiquement bénéfiques.

On voit bien ici qu'on n'est pas du tout dans des notions de "bien" et de mal. Au contraire, ne sont encouragées que ce qui est bénéfique pour l'émancipation mentale. Il y a un but bien précis, reposant sur des composantes aussi concrètes que possibles, au moyen d'une méthode pratique. Les notions figées et dogmatiques de "bien" et de "mal" sont complètement étrangères au bouddhisme On trouvera dans le texte Dighanikaya (le groupe des discours longs), un commentaire appelé Sumangalavilasini, la description de dix manières d'entreprendre des actes bénéfiques. Ce type d'action est appelé Puññakiriyavatthu.

Les actions qui sont décrites dans ce texte sont largement pratiquées en Asie du sud-est. En occident, ces actions ont certainement aujourd'hui un autre sens et une fonction sociale différentes. Il paraît plus efficace d'observer la vraie nature de ces pratiques sur place que de les décrire ici.

Le bouddhisme accorde une place centrale à la mise en pratique globale d'actions ou d'attitudes bénéfiques. Il encourage même la généralisation de ces attitudes à l'ensemble des aspects de la vie. Les manières, l'apparence, les paroles, les pensées, les actes. Cette totalisation à toutes choses d'attitudes bénéfiques est même susceptible de conduire par elle-même au nirvana.






Chapitre 2 - Conduire une vie équilibrée


L'objectif central de la pensée bouddhique, c'est d'apporter les moyens à chacun de conduire une vie équilibrée sans faire supporter aux autres ses propres problèmes ou difficultés. Le développement mental doit permettre des relations sans rivalité, sans agressivité et doit encourager à la tolérance et la solidarité.
Là encore il paraît plus simple d'observer certaines sociétés du sud-est asiatique plutôt que de décrire longuement ce profil social. Cette conduite est appelée Bramacariya.

Lorsque le bouddha prononça son premier sermon au parc des gazelles à Isipatana, il dit :


Desetha bhikkhave dhammam âdikalyânam majhekalyanam
pariyosânakalyânam sattham sabyanjanam kevalaparipunnam
parisuddham bramacariyam pakâsetha

"Ô bikkhus, enseignez le dhamma qui est splendide du début, au milieu et jusqu'à la fin *. Faites connaître la vie équilibrée dans ses composantes et dans ses implications, la conduisant dans la pureté et dans la plénitude."


Conduire une vie équilibrée ou une vie noble c'est donc :


-comprendre, développer et mettre en oeuvre les concepts de la pensée bouddhique, inscrire sa conduite dans une certaine discipline de vie (Sîla),

-renforcer son organe mental et développer autant que possible ses potentialités (Samâdhi),

-développer une vue juste sur le monde et les choses grâce à la connaissance des phénomènes (Paññâ).


PEUT-ON SEULEMENT ATTEINDRE CE BUT ?
Le meilleur moyen de convaincre de l'efficacité de la méthode bouddhique c'est de la mettre soi-même en application.

Il n'y a pas de prosélytisme offensif dans le bouddhisme, l'adhésion spontanée et motivée est préférable à la conquête par le discours.

Cette conception est illustrée par l'histoire du vénérable Assaji qui sans un mot parvint à impressionner le mendiant Upatissa par la seule observation de sa conduite.

LES TROIS ÉTAPES DE LA PRATIQUE

Dans le bouddhisme, l'apprentissage de la maîtrise mentale est divisée en trois étapes :


1 - la connaissance et la compréhension des concepts ~ Sîlasikkhâ ~
2 - la concentration ~ Cittasikkhâ ~

3 -la sagesse ~ Paññâsikkhâ ~


Le terme sikkha signifie littéralement "étude", mais il implique une pratique, un entraînement du corps, des idées et de la pensée. Ces trois niveaux correspondent aux trois étapes de la pratique.

Cette pratique est étayée par l'observation des huit attitudes décrites dans l'octuple noble sentier.

L'octuple noble sentier est divisé en trois étapes de la pratique comme suit :


1 - l'étape de la sagesse ~ Adhi-paññâsikkhâ ~

vue juste

et aspirations justes

2 - l'étape de la connaissance des concepts ~ Adhi-sîlasikkhâ ~

parole juste

action juste

conduite juste

3 -l'étape de la sagesse ~ Adhi-cittasikkhâ ~

effort juste

attention juste

méditation juste


LES TROIS NIVEAUX DE POLLUTION MENTALE


Sous l'effet des contraintes sociales ou autres, sous l'action de l'ego qui cherche à réaliser ses objectifs, la pensée est perpétuellement soumise à toute sorte de pollutions dont les effets négatifs s'accroissent et qui empoisonnent la vie.

Ces trois formes de pollution mentale sont les suivantes :


1 - La forme grossière ~ Vîtikkama ~

mauvais mensonges, futilités, médisances, défaut de prévenance, hypocrisie, cynisme, bavardages médiocres ou sans utilité


2 - La forme douce ~ Pariyatthâna ~

distraction par l'attachement au plaisir des sens, animosité, paresse et torpeur, superficialité et incohérence, doute et hésitation excessifs.

3 - La forme évoluée ~ Anusaya ~

~ Raganusaya ~ : l'aspiration, l'inclinaison à la facilité, à l'envie, au désir, à la satisfaction immédiate.

~ Patighanusaya~ : l'aspiration à l'opposition, à l'obstruction, au conflit.

~ Avijjanusaya ~ : l'aspiration à l'ignorance, au caractère illusoire et superficiel des choses, à l'absence de perspectives.


Ayant décrit ces trois formes de pollutions, le bouddhisme préconise trois sortes de remèdes.


LES EFFETS DES POLLUTIONS MENTALES

Ces attitudes conduisent inévitablement à des conséquences néfastes et sont évidemment incompatibles avec le développement mental.

Les conséquences qui être observées sont les suivantes :

1 - La forme grossière ~ Vîtikkama ~ (mauvais mensonges, futilités, médisances, défaut de prévenance, hypocrisie, cynisme, bavardages médiocres ou sans utilité ...).

La société occidentale actuelle est un exemple vivant du résultat de ces attitudes. Chacun peut constater dans ses rapports sociaux (que ce soit au travail, dans la vie quotidienne, ou en famille) l'apparition d'une agressivité latente, d'un mauvais esprit dans la société et d'un type de discours où la satisfaction des intérêt strictement personnels prime sur tout le reste. En outre, on voit bien que la réalisation de ces petits objectifs égoïstes, n'apporte qu'une satisfaction éphémère, temporaire, fragile qui en définitive se traduit par de frustrations et des déceptions nouvelles.
Ce type de "culture" tel qu'on le voit aujourd'hui étant de surcroît largement amplifié par les phénomènes de consommation de masse et leurs relais, c'est à dire les médias, qui accentuent ces tendances et en accentue le caractère prédominant.


2 - La forme douce ~ Pariyatthâna ~ (distraction par l'attachement au plaisir des sens, animosité, paresse et torpeur, superficialité et incohérence, doute et hésitation excessifs.)

Ce type d'attitude est aussi une conséquence de la forme précédente, on peut la définir comme une perte de sens globale et par conséquent, comme une incapacité à restituer correctement les choses par soi même, par le discours ou par les actes.
Cette dimension a évidemment un caractère plus grave, car la prise de conscience de la dérive est plus difficile à accomplir. Elle est aussi en oeuvre dans des formes plus pathologiques : stress, découragement, dépression ...


3 -La forme évoluée ~ Anusaya ~ (Raganusaya : aspiration à la facilité et à la satisfaction immédiate des désirs, Patighanusaya : aspiration à l'opposition systématique, Avijjanusaya : aspiration à l'ignorance et au caractère illusoire et superficiel des choses).

Ces tendances sont intimement liées au sujet et au vivant, notamment dans l'affirmation de soi, mais elles ne peuvent constituer une fin, un but ultime pour le sujet. Elles doivent être non pas supprimées ou éradiquées mais subtilement détournées, combinées et réorientées.

TROIS NIVEAUX DE PRATIQUE POUR ENDIGUER LES TROIS FORMES DE POLLUTION MENTALE

Cette pratique doit permettre de dépasser ces pollutions. Le premier niveau de cette démarche est la connaissance de ces pollutions et de leur formation dans la dynamique et dans la logique de la pensée.

On retrouve les trois niveaux de la pratique (décrits ci-avant) en vis-à-vis des trois niveaux des pollutions mentales.

la compréhension des concepts (Sîla) doit permettre de dépasser la forme grossière de pollution.

la méditation (Samâdhi) doit permettre de surmonter la forme douce.

la sagesse (Paññâ) doit permettre de transcender la forme évoluée.
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MessagePosté le: Dim Fév 18, 2007 9:17 pm    Sujet du message: Répondre en citant


Chapitre 3 a - Thèmes pour favoriser le développement mental


LA PENSÉE, PROPRE CAUSE DE DUKKHA:

Les thèmes de méditation propres à favoriser le développement mental sont appelés Kammatthâna. Ils occupent une place centrale dans le bouddhisme. Leur apprentissage, leur compréhension, leur mise en pratique sont perçus comme indispensables à la pleine réalisation de l'idéal bouddhique.

Le terme Kammatthâna signifie littéralement, les bases (thâna) de l'action (kamma). Cette action renvoie au travail sur la pensée et sur l'organe mental. C'est ce travail qui prévient le vagabondage de la pensée et qui évite que la pensée soit source pour elle-même de souffrance ou de désagrément. Il y a une réelle impuissance à se trouver face à la distraction, au défaut de concentration, à l'ennui et d'avoir le sentiment de ne pouvoir rien y faire pour l'éviter.

Au contraire, dès lors que la pensée s'exerce à une certaine maîtrise, elle démontre ses capacité et ses potentiels. Ce simple aperçu suffit à renforcer la pensée et le sujet et à le prémunir des déceptions courantes du quotidien.

Le travail sur le développement mental (Kammatthâna) est la démarche fondamentale du bouddhisme.


LES DEUX NIVEAUX DE KAMMATTHÂNA
Il y a deux catégories de Kammatthâna :


1 - le Samatha Kammatthâna ou bien Samatha Bhâvanâ , la méditation conduisant à la tranquillité.
2 - le Vipassana Kammatthâna ou bien Vipassana Bhâvanâ , la méditation conduisant à la compréhension profonde.

Ces deux niveaux doivent permettre d'atteindre la sagesse et de surmonter l'ignorance des phénomènes et des causes qui la source du dukkha. Les bouddhistes ont une formule pour résumer ce principe :

Question : à quoi sert la pratique de Samatha ?
Réponse : à favoriser le développement mental.
Question : à quoi sert le développement mental ?
Réponse : à abolir l'égarement de la pensée.
Question : à quoi sert la pratique de Vipassana ?
Réponse : pour développer la sagesse.
Question : à quoi sert de développer la sagesse ?
Réponse : pour éliminer l'ignorance.


LES DEUX SORTES DE BONHEUR

Ce que recherche tout un chacun c'est d'expérimenter le bonheur et d'éviter la souffrance. Le bonheur dont il est question a deux composantes : le bonheur physique (Kâyika) et le bonheur mental (Cetasika).

On le voit dans le bouddhisme, le bonheur est conçu dans tous ses aspects et dans toutes ses composantes.

Naturellement, l'enseignement du bouddha porte avant tout sur le développement mental. Le bouddhisme place le mental au coeur du fonctionnement global du sujet.

Le Dhammapada précise : "Tous les phénomènes ont la pensée pour directeur".

Le bouddhisme considère qu'il y a un bonheur plus grand qui est le bonheur apporté par la paix intérieure. Ce type de bonheur est d'une autre nature que le bonheur apporté par les cinq sens (les vues, les sons, les parfums, les goûts et les sensations tactiles).

Ce type de bonheur est appelé ~ Nirâmisa Sukha ~ c'est à dire un bonheur sans objet d'attachement. Ce type de bonheur n'est évidemment pas accessible par des moyens matériels tels que : argent, pouvoir, position sociale ... On le voit bien dans la société, ceux qui paraissaient privilégiés par une situation sociale ou financière avantageuse se révèlent être en définitive frustrés, insatisfaits, vides.


LA MÉDITATION CONDUISANT À LA TRANQUILLITE

Samatha Kammatthâna
L'apprentissage de ce type de méditation doit conduire à la tranquillité et doit permettre de se libérer des pollutions mentales.

Le but du développement de la méditation su la tranquillité, c'est d'atteindre la concentration. La concentration, c'est tenir l'état de tranquillité sans se laisser perturber par l'extérieur ou l'intérieur. Cette concentration est appelée Jhâna ou Samâpatti.


EFFETS BÉNÉFIQUES SUSCEPTIBLES DE RESSORTIR D'UNE PRATIQUE MENTALE
La pratique de la méditation conduisant à la tranquillité est susceptible d'apporter à celui ou à celle qui s'y entraîne sérieusement des capacités de concentration, de mémorisation et de cohésion dans le travail et dans la conduite du quotidien.

Les guides listent toute une série de conséquences bénéfiques en dix points.

Tout un chacun peut améliorer et renforcer ses capacités mentales bien plus qu'on peut le penser de prime abord.


LES DEUX NIVEAUX DE MÉDITATION
Il y a deux niveaux dans la méditation, Upacâra, le niveau d'approche, et Appanâ le niveau du plein accomplissement.

Upacâra désigne l'approche du niveau du parfait accomplissement (de la concentration complète : Jhâna).

Appanâ est le niveau de concentration pleinement accomplit. C'est le niveau de concentration stable où la pensée n'est pas distraite par les sollicitations des six sens. Les cinq constituants de la concentration parfaite sont tous pleinement accomplis: Vitakka, Vicâra, Pîti , Sukka et Ekaggatâ apparaissent clairement.

Ces cinq éléments sont des caractéristiques de l'Appanâ, le niveau avancé de Samâdhi qui en comprend huit au total. L'absorption du sujet dans ce niveau de méditation peut être tel qu'il en oubli tous les besoins organiques et peut rester plusieurs heures voire plusieurs jours en méditation.

Un sujet qui atteint l'Appanâ Samâdhi peut être considéré comme ayant atteint la dernière étape de l'enseignement bouddhiste.

Cependant avant de s'engager dans une si noble et si difficile entreprise, il convient de connaître les moyens par lesquels la pensée peut s'exercer.


LES THÈMES POUR LA MÉDITATION CONDUISANT À LA TRANQUILLITÉ
On peut choisir différents thèmes de méditation qui fonctionnent comme de véritables ancrages pour la pensée et qui permettent de structurer le développement mental. Ces thèmes sont aussi variés que possible pour pouvoir s'adapter au caractère de chaque individu. Chacun doit être en mesure de choisir un thème ou une méthode qui lui convient le mieux.

Dans les texte appelés Abhidhammatthasangaha et Visuddhimagga, on décompte 40 thèmes de méditation conduisant à la tranquillité, classés en 7 catégories. Ces 7 regroupements sont les suivants :

1 - les dix Kasinas
2 - les dix états du corps
3 - les dix souvenirs
4 - les quatre attitudes nobles
5 - le non-attachement à la nourriture
6 - les quatre éléments
7 - les quatre éléments sans forme

Les dix Kasinas sont :

-Les Kasinas sur les éléments ~ Bhûta-Kasina ~

1 - le Kasina sur la terre
2 - le Kasina sur l'eau
3 - le Kasina sur le feu
4 - le Kasina sur le vent

-Les Kasinas sur les couleurs ~ Vanna-Kasina ~

5 - le Kasina sur le vert
6 - le Kasina sur le jaune
7 - le Kasina sur le rouge
8 - le Kasina sur le blanc
9 - le Kasina sur la lumière
10 - le Kasina sur l'espace

-Les dix états du corps sont :

1 - un corps boursouflé
2 - un corps rougi
3 - un corps suppurant
4 - un corps mutilé
5 - un corps dévoré par les animaux
6 - un corps dispersé
7 - un corps éparpillé
8 - un corps suintant
9 - un corps mangé par les vers
10 - un corps réduit à l'état de squelette

-Les dix souvenirs portent :

1 - sur le bouddha
2 - sur le dhamma
3 - sur le sangha
4 - sur les concepts
5 - sur la solidarité
6 - sur l'accomplissement des actes bénéfiques
7 - sur la mort
8 - sur le non-attachement sur le corps
9 - sur la respiration
10 - sur le Nibbâna

-Les quatre nobles attitudes sont :

1 - l'affection
2 - la compassion
3 - la sympathie
4 - l'égalité d'humeur

Le non-attachement sur la nourriture consiste à regarder en quoi la nourriture peut ne pas être source d'attachement (caractère subjectif du goût, valeur gustative intrinsèque faible, adjuvants, devenir de la nourriture ...)
La contemplation des quatre "éléments" consiste à renverser la vision du corps en examinant les quatre "éléments" fondamentaux qui le composent : terre, eau, feu et vent.

Les quatre éléments sans forme sont les concepts de l'absence de finitude de l'espace, la conscience, l'absence de forme de la conscience et le principe de perception/non-percpetion.

Bien que ces quarante thèmes de méditation soient tous possibles en fonction des aspirations profondes du sujet, en Asie du sud-est, c'est l'attention sur la respiration qui est le thème de méditation conduisant à la tranquillité qui est le plus répandu.


LES QUARANTE THÈMES EN PRATIQUE
Les spécialistes de la méditation conduisant à la tranquillité ont établit une table de correspondance entre thèmes de méditation et niveau de concentration atteint.

Par la pratique des sept premiers souvenirs et du dixième souvenirs on peut accéder au niveau d'approche ou Upacâra Samâdhi.

Par la pratique de 30 thèmes, dont les 10 Kasinas, les 10 états du corps, le souvenir sur la nature du corps et sur la respiration, les 4 attitudes nobles et les 4 éléments sans forme, on peut accéder, surtout avec les 4 éléments sans forme, au niveau d'accomplissement ou Appanâ Samâdhi.

Dans le détail :

1 - les dix états du corps et le souvenir sur la nature du corps conduisent au premier Jhâna.
2 - les trois premières attitudes nobles conduisent du deuxième au quatrième Jhâna..

3 - la quatrième noble attitude conduit au cinquième Jhâna.

4 - les dix Kasinas et l'attention sur la respiration peut conduire de premier au cinquième Jhâna.

5 - les quatre éléments sans forme sont caractéristiques des quatre Jhâna
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MessagePosté le: Dim Fév 18, 2007 9:17 pm    Sujet du message: Répondre en citant


Chapitre 3 b - Les tendances subjectives et les obstacles mentaux:


LES SIX TENDANCES:


Chacun développe un certain nombre d'affinités qui forment ensemble une tendance de caractère ou d'attitude globale appelée Carita en Pâli. Chacun des 40 thèmes développés ci-dessus doit être adéquat avec chacune des tendances propres à chaque individu.

Il est courant qu'un maître de méditation évalue patiemment le caractère d'une personne souhaitant s'initier à la méditation avant de lui proposer un thème de méditation adapté.

La connaissance des tendances est donc un préalable indispensable dans l'enseignement de la méditation conduisant à la tranquillité.

Les différentes tendances sont regroupées en 6 classes de Carita :

1 - Râgacarita, l'inclinaison vers le plaisir des sens (le beau, sons, goûts, parfums et sensations agréables)
2 - Dosacarita, l'inclinaison vers la fâcherie, l'insatisfaction chronique, préférant l'hostilité et la conflictualité

3 - Mohacarita, l'inclinaison à la désillusion et au découragement.

4 - Saddhâcarita, l'inclinaison à la confiance et à l'ouverture

5 - Buddhicarita, l'inclinaison à l'intellect et à l'introspection

6 - [/b]Vitakkacarita[/b], l'inclinaison vers l'état de préoccupation, d'inquiétude et de distraction.


Bien entendu ces tendances se mêlent les unes aux autres pour former un caractère bien déterminé propre à chaque individu.
Ces six Carita peuvent être regroupés en trois paires de deux termes complémentaires. La première paire est Râga et Saddhâ, la seconde paire est Dosa et Buddhi, la troisième paire est Moha et Vitakka.


LES SIX TENDANCES DANS LE DÉTAIL:

Les six tendances peuvent être longuement détaillées. Cette partie pourra être développée dans une version ultérieure de la présente page.


LES THEMES DE MÉDITATION ADAPTÉS À CHAQUE GROUPE:

Buddhaghosâcâriya a développé une classification mettant en correspondance chaque type de tendance avec certains thèmes de méditation dans le texte Visuddhimagga.


1 - Ceux qui sont enclins aux plaisirs sensuels devraient pratiquer la méditation sur les 10 états du corps et sur les rappels sur le non-attachement sur le corps.
2 -Ceux qui se laissent entraîner facilement à l'animosité devraient pratiquer la méditation sur les 4 couleurs et sur les 4 nobles attitudes.

3 - Ceux qui sont désabusés et distraits devraient développer l'attention sur la respiration.

4 - Ceux qui sont volontiers confiants devraient pratiquer les six premiers rappels de la loi.

5 - Ceux qui sont enclins aux choses de l'intellect devraient pratiquer les rappels sur la mort, la paix, le non- attachement à la nourriture et la méditation sur les 4 éléments.


Il faut bien préciser que cette correspondance entre les 6 caractéristiques de la nature des individus (Carita) et les thèmes de méditation ne figure pas dans les textes originaux du canon Pâli, ni dans les commentaires. Elle a été établit au vue de l'expérimentation de certains maîtres de méditation. Il est de fait qu'une personne peut être à la fois dans un groupe de comportement et dans un autre, ce qui confirme l'idée que le thème de méditation conduisant à la tranquillité doit être convenablement choisi.
Du temps du bouddha, il n'était pas fait de division stricte entre le caractère des différents aspirants, et il leur était donné et un seul et unique thème; celui du non-attachement aux cinq éléments externes du corps ~ Tapacañcaka Kammatthâna ~ : les cheveux, les système pileux du corps, les ongles, les dents et la peau.

En Asie du sud-est aujourd'hui, les maîtres de méditation enseignent le thème sur lequel ils se sont eux mêmes exercé. Les deux thèmes les plus répandus sont le non-attachement sur le corps et l'attention sur la respiration.


LE DISCIPLE DE SÂRIPÛTTA:

Cf. le commentaire du Dhammapada.


LES CINQ OBSTACLES MENTAUX:

La pratique de la méditation dans les premiers temps rencontre la paresse physique et mentale, la distraction et tous les autres phénomènes déjà décrits. Ils ont été regroupés dans les cinq catégories des obstacles mentaux ~ Nivarana ~, qui sont les pires ennemis de la pratique de la méditation conduisant à la tranquillité.

En réalité, la pensée est brillante et claire. Elle se laisse polluer et envahir par les tendances externes qui la pervertissent. Le bouddha a bien précisé cette nature parfaite de la pensée :


Pabhassaramidani bhikkave cittam.
Tañca kho âgantukchi upakkilesehi upakkilittham

"Cette pensée, ô bhikkhus, est brillante, mais elle est plombée par des pollutions venant du dehors".

La pensée est brillante quand elle peut être débarrassée de ces pollutions. C'est le but de la méditation et du développement mental conduisant par la concentration à la sagesse.

Les obstacles mentaux sont au nombre de cinq :


1 ~ Kâmachanda ~ les plaisirs sensuels
2 ~ Byâpâda ~ l'animosité
3 ~ Thînamiddha ~ la torpeur et la somnolence
4 ~ Uddhaccakukkucca ~ la distraction et l'irritation
5 ~ Vickicchâ ~ le doute et l'hésitation


L'ATTENTISME:

Certains ne tentent pas véritablement la pratique de la méditation, soit par manque de confiance dans les concepts, soit par réticence, soit par méconnaissance. Leur pensée ne fait donc aucun progrès et reste exposée à ses tendances spontanées.

En Asie, on compare souvent cette forme de doute et d'hésitation à une personne située au centre d'un carrefour au coeur de la jungle. Il y a un tigre qui attend dans chacune des quatre directions. Il ne veut plus bouger de peur que ses gestes ne provoquent l'attaque d'un des tigres. Mais aussi longtemps qu'il ne bouge pas, aussi longtemps il restera dévoré par ses craintes et par ses doutes.

Cet attentisme fait que le sujet se trouve comme redevable d'une dette, comme un prisonnier, comme un esclave et comme pris dans une aventure dans un environnement hostile.


LES CAUSES DES OBSTACLES MENTAUX:


Un aspirant à la méditation conduisant à la tranquillité doit connaître les causes des obstacles mentaux avant de les dépasser.

Les causes ont été décrites comme suit :

1 - Subhanimitta (la vision du beau et de la beauté) entretenue par tout ce qui est supposé être beau et agréable au sens est la cause de Kâmachanda (les plaisirs sensuels)
2 - Pattighanimitta (l'attachement à l'irritation) est la cause Byâpâda (l'animosité)

3 - Arati (l'insatisfaction), Tandi (la paresse), Vijambhikâ (la fatigue), Bhattasammada (indigestion du fait de l'excès d'alimentation), Cetaso Linattam (les états dépressifs) sont les cinq causes de Thînamiddha ( la torpeur et la somnolence).

4 - Cetaso Avûpasama (le défaut de repos mental) est la cause de Uddhaccakukkucca (la distraction, l'irritation, l'inquiétude maladive)

5 - Ayonisomanasikâra (les pensées non pertinentes)sont la causes de Vickicchâ (le doute et l'hésitation).


En surveillant les causes on doit être en mesure de stopper l'apparition des obstacles mentaux.


L'EXTINCTION DES OBSTACLES MENTAUX:

Dans le Pañcakanipâta du Anguttaranikâya, sont envisagés des moyens pour abolir les obstacles mentaux :


1 - la détermination à rejeter les attachements (Asubhanimitta) conduit à l'extinction des plaisirs sensuels.
2 - la libération grâce à l'affection (Mettacetovimutti) conduit à l'extinction de l'animosité.

3 - la patience (Viriya) conduit à l'extinction de la distraction et de somnolence.

4 - la paix intérieur (Cetaso Vûpasama) conduit à l'extinction de la distraction et de l'inquiétude.

5 - une attitude pertinente de la pensée (Yoniso Manasikâra) conduit à l'extinction du doute et de l'hésitation.


CONDITIONS FAVORABLES À LA MÉDITATION:

L'environnement influence les conditions et le déroulement même de la méditation. Avec un environnement favorable, la bienveillance des amis et des proches, le cadre de vie, les lectures, le travail peut progresser plus facilement. Au contraire, avec des conditions défavorables, ce travail peut être plus difficile.

L'environnement favorable est appelé Sappâya et l'environnement défavorable est appelé Asappâya. Le Visuddhimagga dénombre sept groupes de conditions susceptibles de favoriser la pratique : le lieu, l'activité, les paroles, les personnes, la nourriture et les postures du corps.

1 - Le lieu

Si l'endroit que l'on se choisi pour méditer est bruyant, parcouru d'activités de toutes sortes, il n'est pas propice à la méditation.

Le bouddha recommandait toujours aux bhikkhus de choisir une place tranquille, abandonnée, à l'ombre d'un arbre.

De fait, en Asie, beaucoup de temples célèbres où l'on pratique la méditation sont perdus au coeurs de forêts difficilement accessibles.


2 - L'activité

Certaines activités sont incompatibles avec le développement mental. Il s'agit de toutes les activités qui causent des difficultés à autrui. Le commerce des armes en est le meilleur exemple.


3 - Les paroles

Là encore certains sujets de conversations ne sont pas compatibles avec le développement mental. Il est inutile de les décrire ici.


4 - Les personnes

L'environnement de bonzes érudits, de novices connaissant les phénomènes est naturellement plus favorable que la discussion autour de sujets futiles et mesquins.


5 - La nourriture

La qualité et la quantité de nourriture sont des éléments importants dans la pratique de la méditation. L'excès de nourriture est proscrit, non seulement par qu'il incite à une certaine paresse mais aussi parce que l'activité excessive des organes de digestions gêne le travail de respiration.


6 - La saison

En Asie du sud-est, l'été était préféré pour les méditations, car les autres mois la chaleur et l'humidité provoquent un climat lourd difficile à supporter.

En outre, la saison des pluies est aussi celle où de nombreux petits animaux et insectes vivent au dehors et risquent d'être écrasés sous les pas des bhikkhus. Leur respect de toute forme de vie, les a toujours conduits à éviter de se déplacer durant ces périodes.


7 - Les postures du corps

Bien que le développement mental puisse être pratiqué dans toutes les positions, un certain nombre de postures favorisent la méditation.

Ces positions sont la position assise, la position debout, la position "en marchant" et la position couchée.

Ces postures sont largement reprises dans la statuaire et dans tout l'art bouddhique.
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MessagePosté le: Dim Fév 18, 2007 9:17 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Les préliminaires à la pratique de la méditation:


Chapitre 4 a - Les sources de préoccupation:


PRÉLIMINAIRES À LA PRATIQUE DE LA MÉDITATION:


Un candidat à la méditation qui aspire au développement mental, qui a sélectionné un thème de méditation, qui a évité les conditions défavorables, peut suivre les préliminaires suivants : faire le point sur les 10 sources de préoccupation et sur les sources de préoccupation de moindre importance, reconnaître la prééminence du bouddha et du maître de méditation, reconnaître la pertinence des trois joyaux, reconnaître la nature des phénomènes, reconnaître les éléments positifs de sa démarche, et préparer sa pensée à la pratique de la méditation.


LES DIX SOURCES DE PRÉOCCUPATION:


Les 10 sources de préoccupation sont aussi appelées Palibodha. L'aspirant qui désire s'engager profondément dans la voie bouddhique doit être sûr qu'il ne sera pas distrait par une source externe de préoccupation du fait de ses activités, de sa famille, de ses biens ou d'autres soucis. Il doit avoir pris toutes les précautions préalables pour qu'aucune cause de distraction ne s'impose à lui, tout au moins durant les périodes de méditation longues.

Le Visuddhimagga énumère ces conditions de la manière suivante :


Âvâso ca kulam lâbho gano kammena pañcamam
addhânam ñâti âbadho gantho iddhîtime dasa.

Les sujets de préoccupation sont : le lieu de méditation, la famille, les sources de rémunération, la société, le travail, les voyages, les proches, les maladies, l'éducation et les pouvoirs (physiques et temporels).


Le lieu de méditation.



Il est toujours possible d'être distrait par le temple (ou l'endroit que l'on s'est choisi), par la pièce qu'on occupe et par l'ensemble des choses qui composent ces environnements.
Un laïque pourra être distrait par sa maison et par les biens qui s'y trouvent. Dans tous les cas, il peut être préoccupé par tous ce qui pourrait arriver à ces maisons et à tout ce qu'elles contiennent. Tel pensera qu'on pourrait le cambrioler et le voler, tel autre pensera qu'on ne s'occupe pas assez bien de ses affaires pendant son absence.

Quoi qu'il en soit, tous ces biens seront un jour ou l'autre soumis au vieillissement, à la décrépitude et à la disparition.


La famille.

Certains bhikkhus peuvent se sentir très concernés par le devenir des membres de leur famille ou de celui de ceux qui supportent sa démarche. L'aspirant peut penser que pendant qu'il pratique, il va manquer à ses proches ou que si ses proches lui rendent visite, qu'il soit introuvable et rate ainsi leur rencontre. Il peut redouter que si les proches qui le soutiennent viennent à être malades, il n'aurait plus de soutient.
Ces doutes peuvent être levés par des visites régulières et motivées.

Les sources de rémunération.

Il s'agit des moyens d'existence habituels. Pour le bhikkhu qui s'engage dans la voie bouddhique, ils doivent être abandonnés. Sinon, ils peuvent être délégués ou confiés en d'autres mains, ce qui est toujours un abandon.

La société.

C'est-à-dire, les amis, les relations de travail, les relations de voisinage. L'inquiétude pourrait se présenter qu'il puissent avoir besoin d'aide. La décision de rupture d'avec l vie mondaine doit être annoncée clairement aux relations.

Les activités.

Il s'agit des ordres, des instructions des recommandations habituellement promulguées dans la vie quotidienne et professionnelle. Toutes les affaires doivent être réglées et les instructions préparées avant les périodes de réclusion longues.

Les voyages.

Les éventuels projets de voyage ne doivent pas interférer avec le travail sur soi.

Les proches.

Les cousins, les grands parents, et les autres membres de la famille. Là encore, l'inquiétude pourrait se présenter qu'ils puissent avoir besoin d'aide.

Les maladies.

En prévision d'une période de réclusion longue, une provision de médicaments doit être constituée afin de ne pas être surpris et déconcentré par l'apparition d'une maladie.

L'éducation.

Dans le cas où l'aspirant est toujours un étudiant, il peut être troublé par le retard qu'il va prendre dans ses études.

Les pouvoirs (physiques et temporels).

C'est la crainte que ces pouvoirs, ces situations, soient perdus, remis en causes ou en déclin. Ces préoccupations peuvent fréquemment faire irruption dans le cours des pensées de l'aspirant à la méditation.

Celui qui se consacre à la méditation doit avoir pris toutes les dispositions nécessaires afin que ces préoccupations ne s'immiscent pas dans sa pensée, en tout cas durant la période de méditation. Ceux de ces problèmes qui peuvent être réglés doivent l'être avant. Pour les problèmes qui n'ont pu l'être ou qui ne trouvent pas de solutions facilement, l'aspirant doit placer l'engagement dans le développement mental au-dessus de toutes choses (sans, bien évidemment que cette prise de décision ne soit un prétexte à une situation engendrant inévitablement des conséquences néfastes pour les autres).
Quelle que soit la préoccupation, importante ou secondaire, qui resurgirait malgré tout (telle chose non faite, telle obligation à remplir, ...), il faut bien se dire que la période de méditation ne pourra en rien permettre de réaliser ou de résoudre ce problème, et qu'il est donc inutile d'y penser.

Tout le temps de la méditation doit être consacré au développement mental.


LES PRÉOCCUPATIONS DE MOINDRE IMPORTANCE

Il y a d'autres sujets de moindre importance susceptibles de perturber la méditation. En aucun cas ils ne doivent être la cause de distraction.

Ces sources de préoccupation possibles sont les suivantes :

1 - Si le corps est sali par la poussière ou la sueur, il est préférable de le laver.
2 - Si les vêtements nécessitent d'être lavés, il est préférable de le faire.

3 - Si le bol à aumônes rouille, le chauffer fera tomber la rouille. Cette méthode peut être appliquée à tout objet personnel nécessitant un entretien.

4 - Si les cheveux et la barbe deviennent trop longs, il faut les couper.

5 - Si les ongles deviennent trop longs, il faut les réduire.

6 - Une certaine quantité de médicaments doit être rassemblée pour les périodes de longues méditations.

7 - Tout ce qui peut être nécessaire pour un usage personnel doit être rassemblé et organisé pour les périodes de longues méditations.

La durée de la période de méditation.
L'aspirant doit être en mesure de savoir quelle est la durée la plus adaptée à ses besoins pour s'entraîner utilement au développement mental. Cette période peut aller d'une semaine, un mois, à six mois.

Certains ne pourront pas consacrer autant de temps et préféreront une pratique plus régulière, notamment quotidienne. Cette pratique peut durer une demi-heure une ou deux fois par jour, une fois tôt le matin après le réveil, une autre fois le soir avant d'aller se coucher.

Beaucoup des aspirants pratiquent pendant la période d'éveil, en prêtant attention au thème de méditation choisi et en adaptant les postures et les mouvements du corps à l'attention sur la respiration.

Les sujets de préoccupation doivent donc être tenus à l'écart des périodes de méditation. Celui qui s'engage plus en avant dans la pratique doit avoir durablement et définitivement résolus ces problèmes.
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MessagePosté le: Dim Fév 18, 2007 9:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant

LES PRÉLIMINAIRES À LA MÉDITATION:

Chapitre 4 b - Les derniers préliminaires


Intérêt des concepts:

L'aspirant doit avoir la pleine connaissance des concepts majeurs de la pensée bouddhique. Il doit savoir quels sont ceux auxquels il attache le plus d'importance et le plus de sens.

Les bhikkhus sont tenus en outre de déclarer quelles attitudes ils ont pu avoir et qui seraient contraires à leurs engagements. Un Sâmanera (c'est-à-dire un novice) doit demander à un bhikkhu de réciter pour lui les concepts de base.

La pleine connaissance des concepts va permettre d'éloigner le sentiment de culpabilité et de faciliter l'accès à un niveau de méditation pleinement développé.

Ces préliminaires sont résumés dans une déclaration du bouddha :


Sîlaparibhâvito samâdhi mahapphalo hoti mahânisamso,
Samâdhiparibhâvitâ paññâ mahapphalânisamsâ,
Paññâ paribhâvitam cittam sammadeva âsavehi vimuccati.



La méditation développée par les concepts est d'un grand bénéfice.
La sagesse développée par la méditation est d'un grand bénéfice.
La pensée développée par la sagesse est délivrée de la dissipation.


L'Intérêt des concepts:

La connaissance des concepts est toujours profitable. Le Visuddhimagga a décrit leur utilité comme suit :


"Un jeune dans sa dissipation ne peut trouver la paix sans les concepts, sans les concepts comment pourrait-on décrire les bénéfices possibles des autres aspects de la méthode. Les grands fleuves tels que Gange, Yamunâ, Sarabhû, Ninnagâ et Aciravatî et des éléments tels que le bois de santal rouge, les gemmes tels que Muktâ (perle) et Mani (gemme), toutes ces choses ne peuvent refroidir le feu quand il brûle la pensée de tout être dans ce monde. Mais les concepts bien compris et bien mis en pratique peuvent apaiser les tracas des hommes. Il n'y a nulle part de parfum qui puisse être en cela supérieur aux concepts. Un roi dans sa robe d'apparat rehaussée de Muktâ (perles) et de Mani (gemmes), n'est pas aussi admirable qu'un reclus drapé dans sa robe de concepts. Ce sont les concepts qui peuvent mettre en échecs le processus de culpabilité. c'est ainsi qu'un homme sage doit mettre en pratique les concepts, qui sont la source de qualités nobles et qui préviendront de toutes les dérives."


Le Dévouement au bouddah et au maitre de meditation:

La démarche individuelle de développement mental doit être accompagnée autant que possible par les conseils d'un maître de méditation. La reconnaissance à l'égard de ce guide est bien évidemment étendue au bouddha lui-même qui est réputé être celui qui a atteint l'éveil par ses seuls efforts (et donc sans le secours d'un maître).

Les tâtonnements non encadrés peuvent être source de perte de confiance en soi, d'auto culpabilisation, voire d'abandon de la démarche, qui se solderait donc par une perte de temps et d'efforts.

Le Visuddhimagga donne les conseils suivants :

"Un aspirant s'engageant dans la méditation et le développement mental devrait se rapprocher d'un maître qui lui enseignerait comment méditer. Il devrait faire preuve de dévouement envers le bouddha ainsi qu'envers son maître qui est averti et persévérant. En marquant son dévouement envers le bouddha, il devra dire : Imâham bhagavâ attabhâvam tumhâkam pariccajami."

A défaut de cet encadrement, un aspirant qui aurait peur d'être enfermé tout seul ne saurait mettre en ordre ses pensées. Il dépenserait alors beaucoup d'efforts en vain. Il perdrait enfin, tout espoir de pratiquer la méditation.

A son maître de méditation il devra dire "Imâham bhante attabhâvam tumhâkam pariccajami".

Un aspirant qui n'aurait pas fait preuve de dévotion sera davantage susceptible de se montrer têtu, borné, désirant aller là où il veut sans considération de l'utilité ou de l'inutilité de ses choix. Dans ce cas le maître de méditation ne peut lui apporter aucun conseil.

Un aspirant qui a fait preuve de dévotion peut être utilement et concrètement guidé par son maître de méditation.

Il faut préciser que ce choix, comme tout choix de cette nature doit être mutuel. Il n'est pas question pour un aspirant de se jeter aux pieds du premier "maître" venu. Le choix du maître de méditation est doit être un choix réfléchi, auprès d'une personnalité connue et reconnue. La décision doit être prise après autant d'entretiens que nécessaires et en pleine connaissance de cause notamment sur les éventuelles implications financières que cet engagement peut comporter (en principe, il ne doit pas y en avoir).


La symbolique de l'image des trois joyaux:

Cette partie s'adresse d'avantage aux aspirants qui s'engagent dans la voie en tant que bhikkhus. Les trois joyaux sont le Bouddha, le Dhamma et le Sangha.

Il doit alors prononcer les passages suivants :


- J'entreprends de rendre hommage au Bouddha au travers d'une pratique rigoureuse,
- J'entreprends de rendre hommage au Dhamma au travers d'une pratique rigoureuse,

- J'entreprends de rendre hommage au Sangha au travers d'une pratique rigoureuse.


La diffusion de la bienveillance:


Le second préliminaire est de développer la bienveillance. C'est-à-dire de faire montre d'ouverture d'esprit, de bienveillance, libre de toute trace d'irritation ou d'aversion.

Certains passages peuvent être récités, comme celui ci :


"Puis-je demeurer sans souffrance, dangers ou problèmes. Puissent tous les sentiments, visibles ou invisibles, qu'ils soient humains ou non-humains, mâles ou femelles, être sans danger, ne causer aucun problème, ni souffrance."


Rappels sur la mort:


Ayant développé la bienveillance, l'aspirant est avisé de se remémorer les rappels sur la mort, sur sa propre mort, de manière à induire le dépassionnement et la désillusion de la vie.

La vérité de la vie ne peut pas être séparée de la vérité de la mort, cette dernière accompagne toujours la première. Plus on avance en âge, plus le temps diminue pour demeurer dans ce monde.

La mort concerne toute chose. Tout "étant", sans distinction d'âge, de sexe, de classe sociale, de statut ou de rang, de titre, de situation économique ou de pouvoir, est soumis à sa règle. Il n'y a aucune indication sur le lieu, ni les conditions qui présideront à cet événement. De même, il n'y a aucune indication sur l'âge auquel cette issue adviendra.

Quel que soit le moment et le lieu, il convient de mettre en oeuvre dès à présent la connaissance de la loi et l'apprentissage du développement mental.


Rappels sur les véritées de la vie:

Afin d'éviter le surinvestissement dans la jeunesse des choses, dans la santé, dans la vie, pour prévenir le désespoir dû à la séparation d'avec ceux qu'on aime, ou d'avec les choses qu'on aime.

Le bouddhisme encourage à la remémoration quotidienne des rappels suivants :


1. Nous sommes tous assujettis au vieillissement, il n'y a pas de moyens de l'éviter.
2. Nous sommes tous assujettis à la maladie, il n'y a pas de moyens de l'éviter.

3. Nous sommes tous destinés à la mort, il n'y a pas de moyens de l'éviter.

4. Nous sommes tous destinés à laisser derrière nous ceux que nous aimons et les choses que nous aimons.

5. Nous avons un kamma propre, engendrant des effets bénéfiques quant les actes sont bénéfiques et des effets néfastes quant les actes sont néfastes.


Ces 5 rappels sont appelés les 5 Abhinhapaccavekkhana, qui doivent être récités tous les jours aussi souvent que possible par les bhikkhus.


Rappels sur les actes bénéfiques accomplis:

Le bhikkhu est encouragé à se remémorer tous ce qui est positif dans sa démarche et dans ses actions.


La résolution:

L'aspirant est enjoint de rassembler ses mains en signe de salutation, énonçant verbalement et mentalement la phrase suivante :


Namo tassa bhagavato arahato sammâsambhddhassa. (trois fois)
Natthi me saranam aññam ratanattayam me saranam varam.
Etena saccavajjena sotthi me hotu sabbadâ



Il n'y a plus d'autres refuges pour moi.
Les trois joyaux sont mon refuge
Au moyen de l'énoncé de cette vérité
Puis-je demeurer en paix.



Ayant accomplis toutes les prédispositions listées dans ce chapitre, l'aspirant est en mesure de pratiquer la méditation dans le but tout d'abord de se libérer des pollutions mentales. Ceci devant conduire à un accomplissement plus complet.
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MessagePosté le: Dim Fév 18, 2007 9:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 5 a - L'attention sur les cycles respiratoires


La méditation sur la respiration:

Comme nous l'avons vu au chapitre 3, il y a 40 thèmes possibles pour la méditation. Pourtant, seulement trois d'entre eux bénéficient d'un apprentissage beaucoup plus répandu que les autres. Ces trois thèmes qui seront développés par la suite sont :


1. Ânâpânasatibhâvanâ : le développement de l'attention basée sur la respiration.
2. Kâyagatâsatibhâvanâ : le développement de l'attention basée sur le corps.

3. Brahmavihârabhâvanâ : le développement de l'attention basée sur les quatre nobles pensées.



Le développement de l'attention sur la respiration:


Un aspirant, ayant exprimé sa résolution, devra se prosterner trois fois devant son autel domestique (au cas où il en possède un dans sa maison ou dans le lieu où il réside) *. A défaut, il peut simplement joindre les deux mains en signe d'hommage et les porter au niveau de son front. Il peut maintenant commencer la méditation sur le thème qu'il s'est choisi.

l'Ânâpânasatibhâvanâ : le développement de l'attention basé sur la respiration est la forme de méditation la plus pratiquée en Asie du sud-est, elle ne nécessite en effet aucun apport supplémentaire en symboliques, lectures, objets ou autres. Elle repose sur un élément que tout un chacun a en soi. De plus, elle peut être appliquée à la fois pour la recherche de la tranquillité (Samatha) et pour la recherche de la connaissance parfaite (Vipassanâ). En référence à ces possibilités, le visuddhimagga précise : "De tous les thèmes de méditation, l'attention basée sur la respiration est la première. Elle permet l'accès à la réalisation des hautes qualités prônées par le bouddhisme et elle permet une existence sereine dans la présente vie".

Le terme de Ânâpânasati peut être aussi traduit par Ânâpânasatibhâvanâ ou par Ânâpânasatikammatthâna, qui renvoient tous au même thème de méditation.


Pour les débuttants:

1. La position assise


L'aspirant doit s'asseoir sur le sol ou sur une chaise suivant ses préférences. Au cas où il s'assoit au sol, il est préférable qu'il y dispose un coussin ou un tapis pour une assise confortable. Un sol dur engendrera une fatigue rapide et distraira la pensée du thème de méditation. Sur une chaise, il devra se tenir bien droit et ne pas s'appuyer sur le dossier, sans quoi il sera tenter de somnoler.

L'assise sur le sol est préférable car cela permet d'équilibrer le corps dans sa totalité. Les fatigues et courbatures dues à la posture disparaîtront après quelques séances de pratique.

Assis au sol les hommes prennent la position des jambes croisées l'une sur l'autre, les femmes peuvent replier les jambes sur le côté (comme on le voit en Asie), si la position est trop difficile, elles peuvent croiser les jambes. A l'instar des représentations du bouddha, la jambe droite doit venir reposer sur la jambe gauche et la main droite par dessus la main gauche. Le dos doit être bien droit pour faciliter la respiration.

(D'autres postures sont possibles, là encore elles dépendent des préférences de chacun.)

Bien entendu, il convient dès lors d'observer la pensée, ses idées, ses émotions. Il faut éviter la distraction, l'occupation. Certains pratiquent la récitation mentale de syllabes, comme par exemple BUD en inspirant et DHO en expirant. Si l'on préfère, on peut fixer son attention sur la respiration et ainsi ne plus réciter. Quelle que soit la solution, le but est d'éviter que la pensée ne s'évade et ne se dissipe.

En position assise, certains préfèrent fermer les yeux pour éviter d'être distrait par l'environnement, d'autres préfèrent laisser les paupières légèrement ouvertes pour éviter de s'endormir. Dans ce dernier cas, il est d'usage de pointer son regard sur le bout de son nez, afin d'éviter d'embrasser du regard l'environnement d'objets, de formes et de couleurs. Ils restent alors dans cette position, jusqu'à qu'ils ne voient plus rien ou jusqu'à ce que les paupières retombent naturellement.


Les différentes étapes de la rspiration:

1 - Suivre les successions "inspiration/expiration" (Anubandhanâ)

En tout premier lieu, il convient de respirer aussi profondément que possible, une fois, deux fois et trois fois. Ensuite, retour à une respiration naturelle et relaxée. Il ne faut jamais forcer les amplitudes à être longues ou courtes, car cela provoque du stress et des dérangements dans le corps (mal de tête par exemple). Il faut simplement toujours noter si l'amplitude est longue ou si l'amplitude est courte (ces deux niveaux s'établissant et se succédant naturellement en fonction de l'activité pulmonaire). Ces données sont justement les éléments importants à noter. Ensuite, il convient de noter quand on entre dans une phase d'inspiration, qu'on entre dans une phase d'inspiration. Et quand on entre dans une phase d'expiration, qu'on entre dans une phase d'expiration.

Pour ceux qui préfèrent être guidés davantage, ils peuvent réciter mentalement la syllabe BUD en inspirant et la syllabe DHO en expirant. Et ce faisant, ils suivent le parcours du souffle suivant les trois points : le bout du nez, la poitrine et le ventre.

A l'inspiration, la pointe du nez est le point de départ du cycle respiratoire, la poitrine en est le milieu et le ventre en est le point final. Tandis qu'on expire, le ventre devient le point de départ, la poitrine en est le milieu et la pointe du nez en est la fin. C'est un cycle alternatif. L'aspirant ne doit déterminer que deux points d'attention, la pointe du nez et le ventre. Mais, il doit suivre la respiration, tout au long des trois points. Durant cette phase, il doit être attentif à la respiration uniquement, à l'exclusion de tout autre sujet.

Il convient de tout faire pour ne pas laisser la pensée s'attarder sur ce qui n'est pas son objet de méditation, à savoir la respiration.

Si un aspirant parvient à ce résultat, il a réussi la première étape de la méditation.


2 - Etablir le point de contact (Phussanâ)

L'étape suivante, consiste à réduire les trois points de la respiration à un seul point, puis abandonner le restant. L'aspirant doit déterminer le point de contact, c'est-à-dire le point où le souffle entre en contact avec le corps. Avec cette méthode, l'aspirant économise ses efforts et son énergie puisqu'il n'y a plus à suivre les respirations en dedans et en dehors. Ce point de contact doit être trouvé en fonction de ce qui apparaît comme le plus évident, le plus confortable et le plus immédiat. Et cela peut être le bout du nez, la poitrine ou le ventre. Cependant, le point qui correspond le mieux à la pratique est l'extrémité du nez, qui est aussi le plus évident pour beaucoup.

Dans cette seconde étape, la respiration apparaîtra comme plus légère, plus fine que durant la première étape. La respiration peut devenir si légère qu'on a l'impression qu'il n'y a plus de souffle du tout. C'est le signe que la pensée a été mise au repos avec succès. Le sujet s'installe dans une sorte de sécurité solide. Plus longtemps cette position pourra être entretenue, plus longtemps la pensée sera forte.


3 - Le décompte des cycles respiratoires (Gananâ)

Au cas où l'aspirant éprouverait des difficultés à se concentrer et voudrait essayer une autre méthode, la méthode du décompte des cycles respiratoires lui offre une alternative qui peut produire de meilleurs résultats.

Elle est appelée Gananâ, c'est à dire "compter". L'attention doit être portée seulement sur le bout du nez et sur les inspirations et les expirations. Il y a deux méthodes de comptage :


A. le comptage lent.
B. le comptage rapide.


A. Le comptage lent
Première étape :



Ayant accompli les préliminaires décrits ci-dessus, l'aspirant doit compter mentalement comme suit :

-En inspirant, il compte 1, en expirant, il compte 1,
-En inspirant, il compte 2, en expirant, il compte 2,
-En inspirant, il compte 3, en expirant, il compte 3,
-En inspirant, il compte 4, en expirant, il compte 4,
-En inspirant, il compte 5, en expirant, il compte 5.

Puis, il renverse le système comme suit :
-En inspirant, il compte 5, en expirant, il compte 5,
-En inspirant, il compte 4, en expirant, il compte 4,
-En inspirant, il compte 3, en expirant, il compte 3,
-En inspirant, il compte 2, en expirant, il compte 2,
-En inspirant, il compte 1, en expirant, il compte 1.

Deuxième étape :

Recommencer la première série de un à cinq cycles, puis en sens inverse. Recommencer avec six cycles, puis en sens inverse.


Troisième étape :

Recommencer avec sept cycles, puis en sens inverse.


Quatrième étape :

Recommencer avec huit cycles, puis en sens inverse.


Cinquième étape :

Recommencer avec neuf cycles, puis en sens inverse.


Sixième étape :

Recommencer avec dix cycles, puis en sens inverse.

Ayant achevé cette série en six étapes de cinq à dix cycles, dans un sens puis en sens inverse, l'aspirant recommence l'ensemble des six étapes et ainsi de suite. Il recommence jusqu'à ce qu'il soit sûr de le faire sans se tromper.


B. Le comptage rapide

Ayant parachevé son apprentissage du comptage lent, l'aspirant peut se consacrer au comptage rapide qui permet de renforcer ses capacités de concentration. A ce niveau, il doit fixer son attention uniquement sur le point de contact et ne plus suivre le souffle en inspiration et en expiration. Le décompte se fait comme suit :

Première étape :

-En inspirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5
-En expirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5

Deuxième étape :

-En inspirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5, 6
-En expirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5, 6

Troisième étape :

-En inspirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7
-En expirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7

Quatrième étape :

-En inspirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8
-En expirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8

Cinquième étape :

-En inspirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9
-En expirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9

Sixième étape :

-En inspirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10
-En expirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10


On peut également décompter de la manière suivante :

-En inspirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5,
-En expirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5, 6,
-En inspirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7,
-En expirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8,
-En inspirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9,
-En expirant, il compte 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10

Ayant terminé ces six étapes, il recommence. Cet exercice doit être répété jusqu'à ce qu'on le fasse sans être distrait ou déconcentré. La pensée entrera alors dans une phase de repos et l'attention sera fixée sur le point de concentration (ici, la pointe du nez par exemple, ou tout autre point de contact avec le souffle).
Un aspirant qui parvient à réaliser cet exercice est considéré comme ayant réussi cette étape.

Dans le processus de comptage ascendant et descendant, le nombre de cycles ne doit pas être inférieur à cinq, ni supérieur à dix. En dessous de cinq, la séquence n'a pas assez de consistance et les successions sont trop rapprochées, au-dessus de dix, les successions sont trop nombreuses et l'effort de mémoire nécessaire contrarie l'effort de concentration.



Chapitre 5 b - Le niveau avancé de l'attention sur la respiration


Le niveau avancé de l'attention sur la respiration:

Comme cela a été exposé ci-avant, l'attention sur la respiration peut-être appliquée à Samatha (la méditation conduisant à la tranquillité) ou à Vipassanâ (la méditation conduisant à la connaissance parfaite). L'Ânâpânassatisutta, dans le Uparipannâsaka des discours moyens, reprend cette démonstration technique.

"Quelle est cette attention portée à la respiration, qui quand elle est pratiquée produit des résultats bénéfiques ? Un bhikkhu se rendant dans un endroit abandonné, s'asseyant les jambes croisées, avec le corps bien droit et l'attention correctement établie, étant attentif, il inspire, étant attentif, il expire :


-Inspirant longuement, il sait qu'il inspire longuement,
-Expirant longuement, il sait qu'il expire longuement,

-Inspirant brièvement, il sait qu'il inspire brièvement,
-Expirant brièvement, il sait qu'il expire brièvement,

-S'efforçant de suivre son souffle, il inspire,
-S'efforçant de suivre son souffle, il expire,

-S'efforçant de ralentir son souffle, il inspire,
-S'efforçant de ralentir son souffle, il expire,

-S'efforçant de maintenir sa concentration dans la sécurité, il inspire,
-S'efforçant de maintenir sa concentration dans la sécurité, il expire,

-S'efforçant de demeurer dans un état de félicité, il inspire,
-S'efforçant de demeurer dans un état de félicité, il expire,

-S'efforçant d'établir les Cittasankhâra (les perceptions et sensations), il inspire,
-S'efforçant d'établir les Cittasankhâra (les perceptions et sensations), il expire,

-S'efforçant de calmer les Cittasankhâra (les perceptions et sensations), il inspire,
-S'efforçant de calmer les Cittasankhâra (les perceptions et sensations), il expire,

-S'efforçant de manifester la pensée, il inspire,
-S'efforçant de manifester la pensée, il expire,

-S'efforçant d'épanouir la pensée, il inspire,
-S'efforçant d'épanouir la pensée, il expire,

-S'efforçant d'établir la pensée, il inspire,
-S'efforçant d'établir la pensée, il expire,

-S'efforçant de délivrer la pensée (Vimocayam cittam), il inspire,
-S'efforçant de délivrer la pensée (Vimocayam cittam), il expire,

-S'efforçant de réaliser l'impermanence (Aniccânupassî), il inspire,
-S'efforçant de réaliser l'impermanence (Aniccânupassî), il expire,

-S'efforçant d'établir l'absence de passion (Virâgânupassî), il inspire,
-S'efforçant d'établir l'absence de passion (Virâgânupassî), il expire,

-S'efforçant de réaliser l'extinction (Nirodhânupassî), il inspire,
-S'efforçant de réaliser l'extinction (Nirodhânupassî), il expire,

-S'efforçant de réaliser la renonciation (Patinissaggânupassî), il inspire,
-S'efforçant de réaliser la renonciation (Patinissaggânupassî), il expire.


L'attention sur la respiration, Ô bhikkhus, quand elle est cultivée et développée de cette façon, produit des résultats bénéfiques."
Dans la classification des états du développement mental, celui qui a atteint ce niveau est réputé avoir achevé l'apprentissage des quatre fondements de l'attention et des sept composantes de l'éveil. Il y a, en s'accordant au texte ci-dessus, 16 étapes au développement de l'attention. Les quatre premières étapes sont l'attention portée sur le corps, c'est-à-dire Samatha ou méditation conduisant à la tranquillité.

Les douze étapes suivantes sont caractéristiques de Vipassanâ ou de la connaissance parfaite. Parmi ces douze, de la cinquième à la huitième, il s'agit de l'attention portée sur la nature des sentiments et des sensations, de la neuvième à la douzième, il s'agit de l'attention sur la nature des fluctuations de la pensée, de la treizième à la seizième, il s'agit de l'attention sur la nature des phénomènes.

Comme dans le Mahâsatipatthânasutta, le Ânâpânasatisutta est l'exposé complet du système d'entraînement au développement mental basé sur la respiration comme thème central de méditation.


Le développement des quatre étapes sur l'attention de la respiration:

L'attention sur la respiration est l'une des formes de méditation les plus pratiquées et en particulier en Asie du sud-est. Elle est enseignée par presque tous les maîtres de méditation qui l'enseignent avec différentes techniques. Il reste que les principes mis en oeuvre et les méthodes d'apprentissages doivent être connues et testées par tout aspirant à cette forme de méditation.

Le bruit:

Le bruit est l'obstacle le plus difficile à surmonter. Le bruit empêche l'absorption ( Jhâna ) de s'établir et de durer. C'est pourquoi, de tout temps, on a privilégié les endroits reculés, paisibles, sans proximité d'activités humaines ou industrielles.

Dans les villes modernes, des lieux sont aujourd'hui créés spécialement pour la pratique de la médiation.


L'importence du moment présent:

Le moment présent est la prise de conscience la plus importance dans l'entraînement bouddhique. La pensée doit avoir quelque chose sur lequel elle va pouvoir se raccrocher, c'est le but des 40 thèmes de méditation. Dans le cas de l' Ânâpânassati où attention basée sur la respiration, ce sont les cycles respiratoires eux-mêmes qui servent de point d'ancrage à la pensée. Aucune autre pensée que le moment présent dans lequel s'exerce le cycle respiratoire ne doit se présenter. Celui qui se laisse perturber par l'évocation de souvenirs proches ou lointains ou par des projections dans le futur gaspille son temps et ses efforts.

C'est au moment présent que l'aspirant doit se consacrer, comme il est rappelé dans ces vers tirés du Bhaddekarattasutta :

"Ne faites pas appel au passé, ne regardez pas dans le futur. Ce qui est passé n'est plus, et ce qui est à venir n'est pas encore. Un aspirant doit simplement contempler le présent. Ayant réalisé le moment présent, il est inébranlable et renforce sa vue juste".

"Tout un chacun devrait faire quelques efforts pour dissiper les effets néfastes engendrés par les tendances de la pensée. Qui peut savoir si la mort ne se présentera pas demain. Il n'y a pas moyen de monnayer avec la mort qui dispose d'un grand pouvoir".

Le présent est d'une importance primordiale, de même que la pensée doit être contrôlée, l'aspirant doit retourner habiter à l'intérieur de lui-même, sans s'échapper vers le passé ou le futur.

La plupart des souffrances mentales sont causées par des préoccupations excessives au sujet de problèmes ou d'événements passés ou bien par des angoisses injustifiées sur des événements futurs dont ni la probabilité, ni le contenu ne sont certains.

Si une personne consacre toutes ses pensées au moment présent, faisant tout ce qu'il a à y faire, le futur se présentera d'une manière plus heureuse, car il n'y aura rien de néfaste qui aurait été engendré par une carence faite dans le moment présent.
_________________
One equal temper of heroic hearts,
Made weak by time and fate, but strong in will
To strive, to seek, to find, and not to yield.
-Tennyson-Ulysse
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