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[L’histoire de la phytothérapie] L'électuaire thériacal ou thériaque.

 
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Imirin
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MessagePosté le: Ven Déc 28, 2007 2:16 pm    Sujet du message: [L’histoire de la phytothérapie] L'électuaire thériacal ou thériaque. Répondre en citant

L’électuaire thériaque ou thériaque de Venise

Ancestre de l’élixir suédois.





Historique

Du grec ancien θηριον ou θηριακή (Thérion ou Thériakè pour les allergiques de la belle écriture grecque Very Happy) qui veut dire « bon contre les bêtes sauvages). Le nom de thériaque à été donné à partir du grec par Criton, médecin contemporain de Trajan.


Andromaque l'ancien

A Rome au Ier siècle, Andromaque l'Ancien, médecin de Néron composa en vers élégiaques un nouvel électuaire qui comprenait une soixantaine de plantes, de la chair de vipère, du castosérum et de la scille, laquelle passait pour protéger des morsures des bêtes venimeuses (notamment des serpents) et être un puissant contrepoison inspiré de celui de Mithridate.

Au IIe siècle, le médecin grec de Marc Aurèle Galien qui tenait officine à Rome sur la voie sacrée contribua à la renommée de la thériaque, en reprenant l’électuaire d’Andromaque et en y incorporant de l’opium.
Il la décrivit en détail telle que l'avait conçue Andromaque. Elle contenait à cette époque 74 composants, dont quelques milligrammes d'opium. Une fois les substances soigneusement traitées et mélangées, on introduisait le tout dans un grand vase en verre ou en argent laissant un espace vide pour permettre la fermentation. On préconisait de ne l'utiliser que 5 à 7 ans après sa fabrication pour en ressentir les bienfaits.
Cette recette valu à Galien de la part de Marc Aurèle le titre d’empereur des médecins gravé sur une médaille d’or.

Préparée par les apothicaires, la composition de la thériaque a beaucoup varié. Celle préparée par les apothicaires vénitiens et montpelliérains était très réputée.

Au Moyen Âge, la thériaque était appelée triacle. De nos jours, elle ne doit vraisemblablement plus être utilisée ; en tout cas, c'était un remède efficace pour l'estomac jusqu'au XIXe siècle.

Dès le XIIIème siècle se tint à Beaucaire l'une des plus grandes foires françaises où venaient se ravitailler médecins et apothicaires : une tente abritait la déjà célèbre thériaque de Montpellier.

En 1556, le statut des apothicaires d'Orléans leur enjoint, comme c'était le cas dans de nombreuses villes, de ne préparer les compositions importantes qu'après avoir fait contrôler leurs drogues par les médecins et apothicaires. La thériaque était ainsi préparée en commun et sur la place publique.

Au XVIIème siècle, à l'occasion de fêtes quinquennales appelées "Jubilé des Apothicaires",La maxima theriaca était préparée en public selon la formule publiée en 1668 par Moyse Charas, apothicaire, demeurant à Paris.



Du fait de nombreuses fraudes durant sa fabrication, les apothicaires parisiens décidèrent au XVIIe siècle de la préparer en public devant des médecins et des représentant des autorités. C'est Moïse Charas qui le premier, en 1667, rendit sa formule publique. Il la préparait au cours de la semaine de la thériaque, vers le mois de février. Sa préparation nécessitait plus d'un an et demi (car elle devait fermenter) et faisait appel à plusieurs dizaines d'ingrédients végétaux, minéraux et animaux des plus variés, sans compter le vin et le miel : gentiane, poivre, myrrhe, acacia, rose, iris, rue, valériane, millepertuis, fenouil, anis ainsi que de la chair séchée de vipère et de castor.

La thériaque, qui passait pour une véritable panacée, devait la majeure partie de son action à l'extrait d'opium qu'elle renfermait (environ 25 mg pour 4 grammes). Elle ne fut supprimée du Codex qu'à la fin du XIXe siècle.


Maria Treben

Elle fut remise au goût du jour par Maria Treben (1907-1991), herboriste autrichienne, pour la composition de l’élixir du Suédois, la thériaque de Venise était préparée autrefois en grande pompe dans cette même belle ville qui ent eut le monopole durant de nombreuses années.


Composition





La formule de la thériaque telle que la donne Galien fut exactement rapportée dans divers ouvrages, et notamment dans la pharmacopée de Johann Zwelfer (Pharmacopoeia augustana, 1653) et le Codex français de 1758.

Il y entre alors des trochisques (rondelles desséchées) de scille, de vipère et d’hédicron.
Depuis Zwelfer, la formule primitive avait été lentement modifiée, mais sur des points de détail seulement : certains composants ne se rencontrant plus dans le commerce de la droguerie, on leur avait substitué des produits équivalents.

La modification la plus importante fut, dans la seconde moitié du XIXe siècle seulement, l’abandon de la chair de vipère desséchée.


La formule légale de la thériaque, à la fin du XIXe siècle, était la suivante selon le Codex (poids des composants donné en grammes) :

Exclamation monstre Certaines de ces plantes sont des drogues interdites de possession et consommation libre par la loi ou alors très réglementée (opium…), certains ingrédients sont toxiques donc il faut se renseigner avant toute utilisation orale ou cutanée. Certains de ces ingrédients sont aussi introuvables ou très rares, on peut donc s’en passer.

La 2ème recette propose une version simplifiée prudente si l’on enlève les ingrédients avec des astérisques.

Opium de Smyrne : 120g
Gingembre : 60g
Iris de Florence : 60g
Valériane : 80g
Acore aromatique : 30g
Rapontic (rhubarbe) : 30g
Quintefeuille (potentille) : 30g
Racine d’aristoloche : 10g
Racine d’asarum : 10g
Racine de gentiane : 20g
Racine de meum : 20g
Bois d’aloès : 10g
Cannelle de Ceylan : 100g
Squammes de scille : 60g
Dictame de Crète(marjolaine) : 30g
Feuilles de laurier : 30g
Feuilles de scordium : 60g
Sommités de calament : 30g
Sommités de marrubes : 30g
Sommités de pouliot : 30g
Sommités de chamaedrys (germandré) : 20g
Sommités de cammaepitys : 20g
Sommités de millepertuis : 20g
Rose rouge : 60g
Safran : 40g
Fleurs de stoechas (lavande) : 30g
Ecorce sèche de citron : 60g
Poivre long : 120g
Poivre noir : 60g
Fruits de persil : 30g
Fruits d’ammi : 20g
Fruits de fenouil : 20g
Fruits d’anis : 50g
Fruits de séseli : 20g
Fruits de daucus de Crète (carotte) : 10g
Fruits d’ers : 200g
Fruits de navet : 60g
Fruits de petit cardamome : 80g
Agaric blanc (champigon de Paris) : 60g
Suc de réglisse : 120g
Cachou : 40g
Gomme arabique : 20g
Myrrhe : 40g
Oliban : 30g
Sagapénum (Gomme séraphique ou arabique) : 20g
Galbanum (extrait de férule) : 10g
Opopanax : 10g
Benjoin : 20g
Castoréum : 10g
Mie de pain : 60g
Terre sigillée : 20g
Sulfate de fer sec : 20g
Bitume de Judée : 10g.

On pilait toutes ces substances convenablement desséchées, on les passait au tamis de soie de manière à obtenir une poudre très fine et à laisser le moins possible de résidus : c’était la poudre thériacale.

On prenait alors 1000 grammes de cette poudre, 50 grammes de térébenthine de Chine, 3500 grammes de miel blanc et 250 grammes de vin de Grenache.

On liquéfiait dans une bassine la térébenthine, et on y ajoutait assez de poudre thériacale « pour la diviser exactement ».

D’autre part on faisait fondre le miel et, tandis qu’il était assez chaud, on l’incorporait peu à peu au premier mélange ; on y ajoutait alors par petites quantités le reste de la poudre et du vin, ce qui devait donner finalement une pâte un peu molle.

Après quelques mois, on triturait de nouveau la masse dans un mortier pour la rendre parfaitement homogène.



Autre recette :

Racine d’acore 30g
Racine de gingembre 60g
Racine d’Iris 60g
Racines de quintefeuille 60g
Racine de rhapontic rhubarbe 30g
Racine de valériane 30g
*Racine de méum 20g
Racine de gentiane 20g
Racine d’aristoloche 10g
*Racine de cabaret 10g
Bois d’aloès 10g
*Schoenanthe 30g
Ecorce de canelle 100g
Ecorce de citron 60g
*Scille sèche : 60g
Sommités de scordium 60g
Sommités de marrube 30g
Sommités de calament 30g
*Sommités de chamoepitys 20g
Sommités de pouliot 30g
Dictamme de Crète 30g
Feuilles de laurier 30g
Petite centaurée 10g
Sommités de mille-pertuis 20g
*Stoechas arabe 30g
Roses rouges 60g
Stigmates de safran 40g
*Semences d’ammi 20g
Semences d’anis vert 20g
Semences de fenouil 20g
*Semences de Daucus de Crète 20g
*Semences de seseli 20g
Semences de persil 20g
Semences de cardamone 80g
Poivre noir 60g
Poivre long 120g
*Semence d’ers 200g
*Semences de navet 60g
Agaric blanc 60g
*Castosérum 10g
*Opium de smyrne 120g
Suc de réglisse 60g
*Suc de cachou 40g
Gomme arabique 20g
Mie de pain desséchée 60g
*Galbanum 30g
Larmes de myrrhe 10g
Larmes d’oliban 30g
Larmes de benjoin 10g
*Opoponax 10g
*Bitume de judée 10g
*Terre sigillée 20g
*Sulfate de fer 20g
Térébenthine 50g
Miel blanc liquide : 3.5kg
Vin de grenache : 250ml.

*Ingrédients dont on peut se passer car introuvables ou toxiques (se renseigner).
Je sais que le galbanum ou l’opoponax sont largement trouvables mais sont-ils toxiques ?

Faire une poudre très fine avec les plantes et résines. Mélanger au miel, térébenthine et vin selon la recette précédente.


Mode d’administration et doses

La thériaque était un électuaire, c’est-à-dire une pâte de consistance un peu plus solide que le miel, assez molle quand elle était récente, assez ferme lorsqu’elle avait vieilli (souvent de plusieurs années).

Sa couleur est noirâtre en raison du suc de réglisse qu’elle contenait. Pour les affections internes, on l’administrait ordinairement à raison de 4 grammes chez l’adulte, et de 50 centigrammes à 2 grammes chez les enfants, selon l’âge.

On la faisait prendre soit nature, soit en potion en la délayant dans de l’eau. Pour les affections externes, elle pouvait s’employer en pommade, ou en teinture après l’avoir délayée dans de l’ eau-de-vie (dans la proportion d’une partie de thériaque pour 6 d’eau-de-vie).


Sources :
wikipedia, http://www.ordre.pharmacien.fr/upload/Syntheses/96.PDF, http://www.trigofacile.com/jardins/chronica/civilisation/0601-theriaque.htm, Secrets des plantes de Michel PIERRE et Michel LIS.

Sources images : http://www.shp-asso.org/albums/flacons/Image%20001.jpg, http://homeoint.org/articles/daucourt/andromaque.jpg, http://www.luskiewnik.gower.pl/MariaTreben.jpg, http://www.tolosarts.org/images/pharmacie.jpg
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MessagePosté le: Mar Fév 24, 2009 11:51 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Isis 0 Il est parfois fait mention ici de plantes qui entraient dans la composition de la Thériaque. Comment ne pourrait-ce pas être possible, la Thériaque ayant possédé jusqu'à 58 plantes dans sa composition.

La Thériaque est un très ancien remède, datant de Mithridate, d'abord employée contre les morsures de serpents. Mais le fait d'avoir réuni dans une seule préparation presque la totalité des remèdes identifiés et prescrits pendant l'Antiquité ( puis plus tard, cette formule ayant toujours eu cours, même si légèrement changée, jusqu'au XIX ème siècle ), démontre en réalité le désir de trouver à travers elle le remède universel, de focaliser tous les savoirs de la médecine de l'époque en une seule potion.

Je connais l'existence de ce remède par un vieux livre de phytothérapie ( L'abécédaire des plantes par Raymond Dextreit ), mais ce lien vous donnera le détail mieux que cet ouvrage et de façon précise :
- De sa composition
- Des mélanges étranges qu'il faut faire pour l'obtenir
- Son mode de conservation
- Le mode d'administration, etc..

http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9riaque

Attention, ce n'est pas de la médecine, c'est un rêve magique ! :faim:
La Thériaque, c'est un petit bout du rêve universel des Hommes de vouloir guérir de tout en une seule potion, comme on pouvait le lire dans les contes de fées.
Laissez-vous porter par ce rêve et voyez comme ça ressemble à de l'alchimie. Rolling Eyes
La Thériaque : pierre philosophale de la médecine ?
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