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Les Atrides

 
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morgoth
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MessagePosté le: Ven Aoû 21, 2009 5:54 pm    Sujet du message: Les Atrides Répondre en citant

Comme il a été question de la famille des Labdacides, j'ai décidé de créer un post sur la 2ème grande famille maudite : les Atrides.

I] Qui sont les Atrides ?

Ce nom, "Atrides", a une résonance à la fois prestigieuse et lugubre. Il désigne la famille royale la plus noble qui régnait sur Mycènes : Homère (dans l'Iliade) nous raconte qu’elle détenait un sceptre forgé par le dieu Héphaïstos ; Zeus, le dieu souverain, remit ce sceptre, par l’intermédiaire d’Hermès, au roi Pélops. Celui-ci le transmit à son fils Atrée.
Pourquoi nomme-t-on cette famille les Atrides ? tout simplement parce qu'ils descendent d'Atrée.
Pourquoi cette famille est-elle maudite ? la deuxième partie vous l'apprendra..

II] Le festin de Thyeste

Atrée avait un frère nommé Thyeste, qui lui contestait son pouvoir et séduisit sa femme, Aéropé ; Les deux frères se sont disputés le pouvoir une fois la place sur le trône libre. Chacun a imaginé les barbaries les plus folles pour éliminer l’autre. Exemple : Thyeste, aidé par sa belle-sœur Aéropé, a volé la toison d’or à Atrée. Mais Atrée a été averti par hermès lors d'un songe et finit par devenir roi.
Pourquoi ai-je nommé cette partie le "festin de Thyeste" ? vous allez comprendre : Atrée a imaginé un stratagème des plus cruels et des plus pervers qu'il soit. Minant de se réconcilier avec son frère, il l'invite à un banquet. Seulement les plats servis à table n'étaient autre que la chair de 3 des enfants de Thyeste.
Quand Thyeste a découvert ce qu’il mangeait, il maudit toute la famille. Cette malédiction est à l’origine des malheurs des Atrides qui se perpétuèrent sur plusieurs générations. De nombreuses tragédies (Eschyle, Orestie, Sophocle, Électre, Euripide, Électre, Iphigénie en Tauride, Hélène, Oreste, Iphigénie à Aulis) relatent l'histoire de la famille.
Thyeste fait assassiner par son fils Egisthe Atrée et devient donc le roi de Mycènes. Seulement, Agamemnon, fils d'Atrée prend le pouvoir.


III] L'Orestie

Je ferai mention ici de l'Orestie d'Eschyle : il s'agit d'une trilogie regroupant trois pièces Agamemnon, Les Choéphores et les Euménides

A : Agamemnon

Il faut avant tout savoir qu'Agamemnon a épousé Clytemnestre. Selon Euripide dans Iphigénie La guerre de Troie a éclaté et Agamemnon part en guerre. Seulement voilà..la flotte de peut pas partir car il n'y a pas de vent. Agamemnon a consulté un oracle lui prédisant un sacrifice en l'honneur d'Artémis : Agamemnon doit sacrifier Iphigénie, sa propre fille. Chose qu'il fait...attirant la haine de sa femme Clytemnestre.
Dans Agamemnon d'Eschyle, Agamemnon revient victorieux de la guerre de Troie et revient dans son palais d'Argos avec Cassandre, sa captive. Sa femme l'attend et n'aspire qu'à venger le sacrifice de sa fille.
Vous savez tous que Cassandre avait des visions (mais n'était jamais crue), celle-ci avait vu la mort d'Agamemnon et la sienne. Malgré les prédictions, le crime arrive et Clytemnestre et son amant Egisthe prennent le pouvoir.

B : Les Choéphores

Après la mort de son père, Électre souhaite que le crime soit puni. Apollon envoie Oreste, fils d'Agamemnon mais qui avait été séparé de sa soeur, au palais d'Argos pour venger son père. Il tue Clytemnestre mais les Érinyes, déesses vengeresses le pourchassent pour son crime.

Cette pièce d'Escyle a été reprise par Sophocle, Electre, mais aussi par Giraudoux, Electre et Les Mouches de Sartre.

C : Les Euménides

Oreste, toujours poursuivi par les Érinyes, arrive au sanctuaire d'Apollon à Delphes où il est purifié. Il se rend au tribunal athénien (Aréopage) afin d'être jugé par les dieu, si oui ou non il est coupable. Athéna préside et lui donne raison, levant ainsi la malédiction qui pesait sur la famille.
les Érinyes deviennent les Euménides qui signifie les "bienveillantes"
Athéna a fait en sorte qu'elles deviennent des divinités protectrices d'Athènes sous le rôle de gardiennes de la justice.
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Koré
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MessagePosté le: Ven Aoû 21, 2009 7:49 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Les Erinyes ou "furies" si ma memoire est bonne ^_^

Le post est super, j'adore la mythologie, je me penche dessus dès que j'ai un peu de temps
Merci Morgoth :bisous:

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morgoth
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MessagePosté le: Ven Aoû 21, 2009 8:01 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Oui Koré c'est exactement cela ^_^ j'ai hésité à mettre un petit topos dessus...je vais donc m'y employer :

Les Erinnyes (ou Erinyes on trouve les deux orthographes) étaient des divinités chthoniennes : ce sont des déesses de la vengeance, identifiées plus tard avec les Furies chez les romains.
Elles sont nées des gouttes de sang versées sur Gaia, la Terre lorsque Cronos a mutilé son père Ouranos (je rappelle que Gaia a donné une faucille à son fils pour décoller Ouranos...car Terre/ciel n'étaient pas séparés). D'autres légendes ont fait d'elles les filles de la Nuit, Nyx ou de Perséphone et d'Hadès, personnellement la version 1ère est celle que je préfère et maitrise le mieux.
Quoi qu'il en soit, elles vivaient dans le Tartare (les Enfers, cf la carte de Fredericus dans le post sur Hadès) et venaient parfois sur Terre poursuivre les criminels.
Divinités infernales donc, elles symbolisaient la moralité, le jugement, et châtiaient ceux qui les transgressent; Elles vengeaient particulièrement le meurtre et le parricide.
Elles ont des noms : Mégère (L'Ensorceleuse), Alecto (l'Implacable) et Tisiphone (Celle qui fait payer le meurtre). D'ailleurs Tisiphone est décrite par Virgile dans le chant 6 de L'Eneide.

On les représentait comme des monstres : regards menaçants, aux grandes ailes déployées, aux pieds d'airain, avec des fouets, des torches, des serpents enroulés autour des mains et des cheveux.
D'ailleurs dans Andromaque, Oreste voit les Erinyes et dit ceci à l'acte V "Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes"
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Koré
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MessagePosté le: Ven Aoû 21, 2009 8:17 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Super l'apport!
A très vite pour la suite, du moins j'espere
:bisous: :bisous:

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MessagePosté le: Ven Aoû 21, 2009 10:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Owi owi une suite siteplé Embarassed
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morgoth
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MessagePosté le: Sam Aoû 22, 2009 1:42 am    Sujet du message: Répondre en citant

Embarassed Embarassed Merci d'y montrer de l'intérêt Embarassed

Alors je vais vous raconter l'histoire d'Iphigénie telle qu'elle est racontée par Euripide.

Iphigénie (ou Iphianassa) était la fille d'Agamemnon et de Clytemnestre. Une autre légende cependant raconte qu'elle serait la fille de Thésée et d'Hélène qui la confia à Clytemnestre sa sœur pour paraître toujours vierge. Mais je m'en tiendrai à la 1ère version.
Comme je l'ai signalé plus haut, Agamemnon, voulant faire la guerre de Troie, a consulté un devin pour trouver un solution face à l'immobilité de sa flotte à Aulis. Le devin (Calchas pr info) lui annonce que le sacrifice d'Iphigénie, sa propre fille, en l'honneur d'Artémis est la seule solution.
Ulysse a conseillé Agamemnon et un stratagème cruel a été fomenté..En effet, ils font venir la jeune fille sous le faux prétexte de son futur mariage avec Achille. Une fête est donc organisée afin de n'éveiller aucun soupçon. Lorsque la jeune fille arrive, Agamemnon tient le couteau pour le sacrifice. Au moment où Agamemnon va pour sacrifier sa fille, Artémis intervient : elle substitue une biche, enlève Iphigénie dans une nuée et l'emmène en Tauride. Personne n'a vu le stratagème de la déesse et Iphigénie est crue morte.
En Tauride, Iphigénie devient la grande prêtresse d'Artémis, chargée d'immoler les étrangers à la déesse. Seulement un jour arrive son frère Oreste accompagné de Pylade (envoyé d'Apollon) venu chercher la statue de la déesse. Ils ne se reconnaissent pas au début. Oreste est fait prisonnier car tout étranger est immolé par Iphigénie je le rappelle, mais celle-ci finit par le reconnaitre. Pour sauver Oreste, elle fait annuler le sacrifice (prétextant qu'il fallait purifier un étranger qui avait tué sa mère).
Elle profite de ce subterfuge pour aider Oreste à prendre la statue, puis s'enfuie avec lui.

Plusieurs versions concernant le destin d'iphigénie :

- On dit qu'Iphigénie est morte à Mégare
- Artémis aurait rendu la jeune fille immortelle, l'assimilant à la déesse Hécate.

Smile
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MessagePosté le: Sam Aoû 22, 2009 11:40 am    Sujet du message: Répondre en citant

Wink
ça t'ennuie si je rajoute la version d'Euripide concernant Iphigenie en Tauride?

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morgoth
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MessagePosté le: Sam Aoû 22, 2009 12:32 pm    Sujet du message: Répondre en citant

du tout, vas y !
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MessagePosté le: Sam Aoû 22, 2009 1:34 pm    Sujet du message: Répondre en citant

super! bon, ça va êter unpeu long, j'espere que ce sera prêt pour ce we.
:bisous:

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MessagePosté le: Lun Aoû 24, 2009 2:24 am    Sujet du message: Répondre en citant

La totalité de ce récit a été emprunté à 2 œuvres d’Euripide.
Aucun autre écrivain ne le relate en entier. Euripide est le seul des trois poètes tragiques à employer l’expédient commode comme dénouement heureux dû à l’intervention d’une divinité – le deus ex machina.
Selon nos idées, c’est une faiblesse ; elle est certainement inutile dans le cas qui nous occupe, où la même fin aurait pu être obtenue par l’omission pure et simple du vent contraire.
En fait, l’apparition d’Athéna nuit au bon dénouement. Une raison possible à cette défaillance de la part de l’un des plus grands poètes que le monde ai connu serait qu’à cet époque les Athéniens souffraient forts de la guerre contre Sparte ; ils étaient avides de miracles et Euripide choisit peut-être ce moyen de les satisfaire.


Ainsi qu’il a été dit déjà, les Grecs répugnaient aux récits montrant des êtres humains offerts en sacrifice, que ce fût pour apaiser les Dieux irrités ou pour obtenir de la Terre nourricière une moisson abondante..
Ils pensaient comme nous à ce sujet : ces sacrifices leur semblaient abominables ; toute divinité qui les exigeaient prouvait par là qu’elle était mauvaise et, selon les mots d’Euripide : « Si les Dieux font le mal c’est qu’ils ne sont pas des Dieux ».
Il était donc inévitable que surgît une nouvelle version du sacrifice d’Iphigénie à Aulis.
Suivant l’ancien récit, Iphigénie fut égorgée parce l’un des animaux sauvages tant aimés d’Artémis avait été massacrée par les Grecs. Seule la mort d’une jeune fille pouvait rendre aux chasseurs coupables la faveur de la Déesse.
Mais pour les Grecs d’une époque moins reculée, ceci diffamait Artémis. Une telle exigence ne pouvait être formulée par la ravissante souveraine des bois et des forêts, par la protectrice de toutes les petites créatures inoffensives :

« Elle est si douce, Artémis la sainte,
A la jeunesse humectée de rosée, aux tendres nourrissons,
Aux petits de tout ce qui pâture dans les près,
De tout ce qui vit dans la forêt profonde »


Un nouveau dénouement fut donc donné à la légende. Lorsque, à Aulis, les soldats Grecs vinrent chercher Iphigénie qui attendait aux côtés de sa mère le moment d’être menée à la mort, la jeune fille interdit à Clytemnestre de l’accompagner jusqu’à l’autel.
La mère fut donc laissée seule. Elle vit enfin approcher un homme. Il courait, et elle s’étonna qu’il pût se trouver quelqu’un à tant se hâter de lui apporter une si grande peine.
Mais il cria : « Merveilleuses nouvelles ! ». Sa fille n’avait pas été sacrifiée, lui dit-il.
Le fait était certain, bien que personne ne sût de façon exacte ce qui lui était arrivé.
Au moment où le prêtre allait la frapper, l’angoisse troubla tous les hommes présents, qui tous baissèrent la tête. Mais à un cri poussé par le prêtre, ils relevèrent les yeux, pour voir un prodige à peine croyable.
La jeune fille avait disparu mais sur le sol, à côté de l’autel, gisait une biche égorgée.
« Ceci est l’œuvre d’Artémis. Elle ne veut pas que son autel soit souillé de sang humain.
Elle-même a fourni la victime et accepte l’holocauste »
proclama le prêtre.

« Je te le dis, Ô Reine, j’étais là et c’est ainsi que la chose s’est passée. Ton enfant a été emportée chez les Dieux, cela ne fait aucun doute » acheva le messager.

Mais Iphigénie n’avait pas été enlevée dans les cieux. Artémis l’avait déposée en Tauride
(aujourd’hui, la Crimée), sur les côtes de la Mer Inamicale. Là vivait un peuple féroce dont une coutume sauvage exigeait que tout Grec trouvé dans le pays fût sacrifié à la Déesse.
Artémis veilla à ce qu’aucun mal n’advînt à la jeune fille ; elle en fit la prêtresse de son temple. A ce titre, Iphigénie avait pour tâche, combien terrible, de présider aux sacrifices.
Elle n’égorgeait pas elle-même ses compatriotes, mais après les avoir consacrés par des rites depuis longtemps établis, elle les remettait aux mains de ceux qui devaient les tuer.
Depuis bien des années, elle servait ainsi la Déesse, lorsqu’une galère grecque fît escale sur cette côte inhospitalière, nullement poussée par une impérieuse nécessité ni une tempête, mais de son plein gré.
On connaissait partout cependant le sort réservé aux Grecs par les habitants de la Tauride, mais un motif irrésistible obligeait ce navire à mouiller sur ce rivage. Dès l’aube, 2 jeunes gens quittèrent le bord et se dirigèrent furtivement vers le temple. Leur apparence dénonçait clairement leur grande naissance : ils ressemblaient à des fils de Rois, et le visage de l’un deux était creusé des marques de la souffrance. Ce fût lui qui chuchota à son ami :
« Crois-tu que ce soit bien là le temple, Pylade ?
- Oui Oreste , répondit l’autre.
- Ce doit être un lieu souillé de sang »
Oreste ici avec son ami Pylade ? Que faisaient-ils dans un pays tellement hostile aux Grecs ? Et ceci se passait-il avant ou après le jugement qui avait absous Oreste du meurtre de sa mère ?
C’était peu après.
Bien qu’Athéna l’eu déclaré purifié de sa faute, dans cette version de la légende tout les Erinnyes n’avaient pas accepté le verdict et quelques unes s’obstinaient à poursuivre Oreste, ou du moins Oreste se l’imaginait-il. L’acquittement prononcé par Athéna ne lui avait pas rendu la paix ; ses poursuivantes étaient moins nombreuses, mais elles ne le quittaient pas.
Dans son désespoir, il se rendit à Delphes. S’il ne pouvait trouver aide en ce lieu, le plus saint de toute la Grèce, il n’en trouverait nulle part ailleurs.
L’oracle d’Apollon lui donna quelque espoir, mais seulement au péril de sa vie. Il lui fallait aller en Tauride , lui dit la prêtresse, où, dans le temple, il déroberait l’image sacrée d’Artémis qu’il déposerait ensuite à Athènes.
Alors, et seulement alors, il retrouverait la paix et jamais plus il ne verrait les terribles formes qui le pourchassaient. C’était une entreprise des plus périlleuses, mais tout son avenir en dépendait.
Il résolut donc de la tenter à tout prix et son ami Pylade refusa de le laisser partir sans lui.
En arrivant au temple, ils comprirent aussitôt qu’il leur faudrait attendre la nuit avant d’entreprendre quoi que ce soit. Y pénétrer en plein jour sans être vus était exclu.
Ils battirent donc en retraite, cherchant un lieu sombre et solitaire où ils pourraient se dissimuler.
Affligée comme toujours, Iphigénie vaquait à ses multiples devoirs envers la Déesse, quand elle fut interrompue par un messager qui lui apprit que 2 jeunes hommes, des Grecs, avaient été faits prisonniers et devaient être sacrifiés aussitôt.
Lui-même était chargé de la prier de tout préparer pour l’holocauste. L’horreur qu’elle avait si souvent ressentie la saisit à nouveau. Elle trembla à la pensée –trop familière cependant- de la hideuse effusion de sang, de l’agonie des victimes.
Mais, cette fois, une réflexion nouvelle lui traversa l’esprit. Elle se demanda :
« Une Déesse exigerait-elle de telles choses ? Se réjouirait-elle à ces meurtres sacrificiels ?
Je ne peux le croire. Ce sont les hommes de ce pays qui sont assoiffées de sang, et ils rejettent leur propre malignité sur les Dieux. »

Comme elle restait immobile, abîmée dans ses pensées, les prisonniers furent introduits.


Elle envoya les serviteurs dans le temple pour commencer les préparatifs et lorsqu’ils se trouvèrent seuls, tous les trois, elle s’adressa aux jeunes hommes : « Où était leur demeure ?»leur demanda t-elle ? , cette demeure qu’ils ne reverraient jamais. Elle ne pouvait retenir ses larmes et ils s’émerveillaient de la voir si compatissante. Oreste lui dit gentiment de ne pas se chagriner pour eux. En venant vers cette terre, ils savaient ce qu’ils affronteraient.
Mais elle les interrogea encore. Etaient –ils frères ?
« Oui par les sentiments »répondit Oreste, « mais non par la naissance.» Comment se nommaient-ils « A quoi bon le demander à un homme sur le point de mourir ?» dit Oreste.
« Ne me direz-vous pas de quelle cité vous venez » reprit-elle.
« Je viens de Mycènes, déclara Oreste, cette cité jadis si prospère.
-Son roi était certes très prospère,dit Iphigénie. Son nom était Agamemnon.
-Je ne sais rien de lui. Mettons un terme à cette conversation. »

« Non, parlez moi de lui, implora t-elle
-Mort, dit Oreste. Sa propre femme l’a tué. Ne m’en demande pas d’avantage. »
« Une chose encore, s’écria t-elle. Est-elle sa femme…Encore vivante !
-Non, dit Oreste. Son fils l’a tué. »
Tous trois se regardèrent en silence. « C’était justice, » murmura Iphigénie, frissonnante.
Juste… Et cependant criminel, horrible. Elle tenta de se ressaisir.
« Parle t-on là-bas de la jeune fille qui fut immolée ?
-Seulement comme on parle des morts »
, dit Oreste
Le visage d’Iphigénie changea. Elle parut plus ardente, plus alerte.
« J’ai imaginé un plan qui pourrait nous aider, toi et moi, dit-elle. Si je parvenais à te sauver, consentirais-tu à te charger d’une lettre pour mes amis de Mycènes ?
-Non, pas moi,
dit Oreste. Mais mon ami le fera. C’est à cause de moi qu’il est ici. Donne lui la lettre et tue-moi. »
« Qu’il en soit ainsi, dit Iphigénie. Attendez-moi pendant que je vais chercher la lettre. »
Elle les quitta en hâte, et Pylade se tourna vers Oreste.
« Je ne te laisserais pas mourir seul ici. Si j’y consentais, tous m’accuseraient de lâcheté. Non. Je t’aime et je crains ce que pourraient dire les hommes.»
-Je t’ai confié ma sœur, répliqua Oreste. Electre est maintenant ta femme ? Tu ne peux l’abandonner. En ce qui me concerne, la mort ne m’apparaît pas comme une calamité. »
Ils chuchotaient encore avec passion quand Iphigénie revint, tenant une lettre à la main :
« Je persuaderais le Roi. Il laissera partir mon messager, j’en suis certaine. Mais d’abord… »Elle se tourna vers Pylade « D’abord, je te dirais ce que contient cette lettre : si par malchance tu venais à perdre tes bagages, tu pourrais transmettre mon message de mémoire à mes amis.
-Sage précaution,
convint Pylade.A qui dois-je l’apporter ?
-A Oreste,
répondit Iphigénie. Le fils d’ Agamemnon. »
Elle regardait au loin, ses pensées étaient à Mycènes. Elle ne vit pas le regard stupéfait que les 2 hommes fixaient sur elle. « Tu lui diras que celle qui fut immolée à Aulis n’est pas morte. Et lui envoie ce message.
-Les morts peuvent-ils revenir à la vie. S’écria Oreste.
-Tais- toi, ordonna Iphigénie, irritée. »
Le temps passe. . « Tu lui diras : Frère, ramène moi au foyer. Délivre moi de ce sacerdoce, de ce pays barbare. Retiens bien, jeune homme ? Le nom est Oreste.
-O Dieu, gémit Oreste, ce n’est pas croyable.
-C’est à toi que je parle et non à celui là,
dit Iphigénie à Pylade. Te souviendras tu du nom ?
-Oui, répondit Pylade, mais il ne me faudra pas longtemps pour transmettre ton message. Oreste, voici une lettre. Je te l’apportes de la part de ta sœur.
-Et je l’accepte dit Oreste, avec une joie que les mots ne sauraient exprimer. »
Un instant plus tard, il tenait Iphigénie dans ses bras. Mais elle s’écarta.
« Je ne sais pas, comment pourrais-je savoir ? s’écria t-elle. Quelle preuve pourras tu me donner ?
-Te souviens-tu de la dernière broderie que tu as faite avant de partir pour Aulis, demanda Oreste. Je te la décrirais. Te souviens de ta chambre au palais ? Je te dirais où elle se trouve. »
Il la convainquit et elle se jeta dans ses bras. Elle sanglotait.
« Mon très cher ! Tu étais mon amour, mon tout petit. Un bébé quand je t’ai quitté. Ce qui m’arrive est plus que merveilleux !
-Pauvre fille, soupira Oreste. Appariée au chagrin, comme je le fus moi-même. Et tu aurais pu tuer ton propre frère !
-Oh, horreur ! cria Iphigénie. Mais j’ai du accomplir tant d’horreurs déjà ! Ces mains que voici auraient pu t’égorger ! Et maintenant, cependant, maintenant, comment vais-je te sauver ? Quel Dieu, quel homme nous aidera ? »
Pylade avait attendu en silence, attendri mais impatient. Il pensait que l’heure de l’action avait nettement sonnée.
« Nous parlerons mieux lorsque nous serons sortis de cet affreux endroit, dit-il au frère et la sœur.
-Et si nous tuions le Roi ? »
Mais Iphigénie rejeta cette idée avec indignation. Le Roi Thoas lui avait toujours témoigner beaucoup de bonté, elle ne lui ferait aucun mal. Alors un plan prit forme dans son esprit, un plan parfait dans ses moindres détails. Rapidement, elle expliqua aux jeunes hommes, qui l’acceptèrent d’emblée. Et tous trois pénétrèrent dans le temple. Iphigénie en sortait quelques instants plus tard. Une statue dans les bras. Elle croisa un homme qui franchissait à ce moment le seuil de l’édifice.
Iphigénie s’écria : « O Roi, arrête toi ! Ne va pas plus loin. »
Stupéfait, il lui demanda ce qui se passait. Elle lui dit que les deux hommes qui lui avaient envoyé pour être sacrifiés étaient l’un et l’autre impurs. Ils étaient tâchés, souillés, la Déesse se trouvait offensée.
« Je porte son image sur le rivage pour la purifier dans la mer. Dit-elle. Et je ferais de même pour ces 2 hommes. Avant cela, le sacrifice ne peut avoir lieu. Mais je ne puis accomplir ces rites que dans la solitude. Donc, ordonne que les prisonniers me soient amenés et fais proclamer dans la cité que nul ne peut m’approcher.
-Qu’il soit fait selon ton désir, et prends tout le temps que tu jugeras nécessaire. » Il vit s’éloigner la procession ; Iphigénie la précédait, portant la statue ; Oreste et Pylade la suivait puis les serviteurs chargés des vases destinés aux rites de purifications.
Iphigénie priait à haute voix : « Vierge et Reine, fils de Zeus et de Leto, ta demeure sera pure et nous serons heureux. » Ils disparurent à la vue et continuèrent leur chemin jusqu’à la crique où le bateau d’Oreste était ancré. Le plan d’Iphigénie semblait ne pas devoir échouer.
C’est ce qu’il advint cependant. Certes, elle avait ordonné aux serviteurs de la laisser avancer seule vers la mer, avec son frère et Pylade. Ils la craignaient et obeïr. Arrivés sur la plage, tous trois se hâtèrent de monter à bord et l’équipage fit force rame ; mais à l’entrée de la baie, un vent violent soufflant vers la terre les refoula ; malgré tous leurs efforts, ils revenaient vers la côte et leur navire semblait devoir être précipité sur les rochers. Les hommes du pays avaient maintenant compris ce qui se passait ; les uns attendaient que le bateau s’échoua et les autres se hâtaient d’aller prévenir le Roi Thoas. Furieux, celui ci accourait du temple pour capturait et mettre à mort ces deux étrangers impies et cette prêtresse fêlone, lorsque soudain une forme rayonnante apparut dans l’air, manifestant une Déesse.
Le Roi se rejeta en arrière et la crainte freina ses pas.
« Arrête, O Roi, dit la présence, je suis Athéna. Ecoute ce que j’ai à te dire. Laisse partir ce vaisseau. Déjà Poséïdon calme les vents et les flots pour lui permettre le passage. Iphigénie et les autres agissent selon les ordres divins. Dissipe ta colère. »
Thaos répondit avec soumission : « Quelques soient tes désirs, Déesse, ils seront satisfais »
Et les guetteurs, sur le rivage, virent le vent changer de direction , les vagues s’apaiser, et la galère Grecque quitta la baie, toute voile gonflée, vers la haute mer.

Voilà, qui à mon avis, ouvre bien des perspéctives quand à nos croyances, nos visions..J'entends par là, notre façon de vivre la culpabilité, de l'accepter ou non Smile
Toujours est-il que j'adore cette version quand au destin d'Iphigénie.

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