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[Mythologie Grecque]Le fort

 
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Koré
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MessagePosté le: Jeu Déc 10, 2009 9:49 pm    Sujet du message: [Mythologie Grecque]Le fort Répondre en citant

:étoile2: Introduction :

Héros du Péloponnèse, Héraclès est contemporain de Thésée, héros de l’Attique, moins fort mais à la cervelle plus fine. Les deux compères eurent des aventures communes. Ils firent par exemple partie des Argonautes, aidant celui-là qui conquit la toison. Fascinant les hommes pendant 27 siècles, Héraclès, nommé à sa naissance Alcide (le Fort) puis devenu Hercule, a suscité un monceau d’œuvres d’art sur l’ensemble du pourtour de la Méditerranée, atteignant même l’océan à travers Gibraltar marqué par les colonnes du héros ; à La Corogne, sur le littoral atlantique d’Espagne, la Tour d’Hercule «qui reste le dernier témoin de l’éclairage des côtes durant l’antiquité romaine, guide encore aujourd’hui la marche des navires ». Ces œuvres touchent à tous les domaines, que ce soit en peinture, en sculpture, s’adaptant au goût du moment et aux techniques disponibles, allant des nos jours jusqu’à conquérir le huitième art avec en général des navets ou des vidéos qui ne font guère honneur au demi-dieu et vont jusqu’à élargir sa légende avec des «Héraclès spaghetti » comme par exemple «Ulysse contre Hercule ». La Deuxième République en fit en 1848 un écu d’argent de cinq francs. Les armées de l’air lui rendent leur hommage en baptisant leurs énormes transports Lookeed C 130 des «Hercules », imitant le millionnaire Howard Hughes qui dénomma ainsi son hydravion géant à huit moteurs, la plus grosse machine volante jamais construite. La Poste lui confie le parrainage de ses emprunts, la Bourse américaine transforme »Héraclès » en un fond de pension «event Driven », la Belgique en fait une bière forte à 9 degrés, la CEE un programme 2004/2006 de protection des intérêts financiers, Monaco donne son nom à un port de plaisance, l’industrie l’utilise comme label pour des enceintes et des cartes son, des logiciels, des sacs-photos. A la suite de Pindare les sportifs voient en d’Héraclès le créateur des jeux d’Olympie, sur un site où le héros s’arrêta en revenant de l’un de ses travaux et fonda un sanctuaire pour honorer son père Zeus : on y trouvait la statue en or et ivoire de Zeus Olympien par Phidias, l’une des sept merveilles du monde.

Charles Quint adopta pour emblèmes les deux colonnes d’Hercule, qui figurent sur moult monuments : par exemple l’église de Brou.

Lors des J.O. d’Athènes en 2004 l’un des huit vins sélectionnés en millésime 1999 chez Athanase Paparoussis pour être servi aux tables des officiels était un rouge d’appellation Néméa dénommé «le sang d’Hercule », vin qui parait-il permit «à tous les dirigeants de tenir le coup » ; on est tout près du vin sicilien du Cyclope, «qui ne fait jamais voir double » … Le lobby «gay » tenta de récupérer le héros qui avait eu quelques faiblesses envers d’attirants éphèbes, tel Hyllas (dont le siège fit manquer à Héraclès le départ des Argonautes, au grand soulagement du bateau parlant qui redoutait que le poids du héros ne le fasse chavirer) ; mais la pochade pondue à cet effet intitulée «les douze travelos d’Hercule » disparut aussi rapidement que le mauvais goût quasi javanais de son titre le laissait prévoir.

La multitude des auteurs et des écrits sur les exploits d’Héraclès fait que sa légende, son cycle , admettent de nombreuses variantes dont chacune reste digne de foi et mérite croyance, sans hégémonie acceptable pour l’une ou l’autre.

:étoile2: Naissance et jeunesse.

Fils de Zeus et d’Alcmène, une descendante de Persée (lui-même aussi fils de Zeus et de Danaé, laquelle avait déjà Zeus et Io dans ses ancêtres), Héraclès fut engendré en l’absence d’Amphitryon, époux légitime dont Zeus avait pris l’apparence pour étreindre la belle et fidèle Alcmène. Il eut dès son premier jour, et même avant sa naissance à Thèbes, à lutter pour sa survie. Neuf mois après l’escapade de son mari Zeus la jalouse Héra lui fit promettre de donner à tout descendant de Persée qui naîtrait la nuit suivante un immense pouvoir sur les hommes ; Até, déesse du Destin et fille de la Discore Eris, poussa son père Zeus à accepter. Gagnant Mycènes, Héra fit en sorte que Nicippé, épouse de Stélénos autre descendant de Persée, accouchât prématurément d’Eurysthée en devançant son terme de deux mois, juste avant qu’Alcmène ne donne le jour à Héraclès (et à son demi - jumeau Iphiclès, vrai fils d’Amphitryon conçu quelques heures après le viol d’où naîtra Héraclès) : Eurysthée devenait ainsi le totipotent au détriment d’Héraclès. Alcmène subira les douleurs pendant neuf jours, car les Moires et Ilithyie (déesse de l’enfantement, fille de Zeus et d’Héra) se tenaient auprès d’elle jambes et bras croisés pour empêcher la délivrance ; finalement Galinthias, amie d’Alcmène, arriva à circonvenir par ruse Ilithyie, qui se vengera en la transformant en belette. Pour devenir immortel, Héraclès devait téter le sein d’Héra, sa pire ennemie ; Hermès déposa sur la poitrine d’Héra endormie Héraclès qui avala quelques goulées avant que la déesse ne le repousse violemment en se réveillant, laissant jaillir jusqu’aux cieux force gouttes de lait qui devinrent la Voie Lactée

Zeus éteignit par une pluie violente le brasier où Amphitryon voulait sacrifier son épouse involontairement infidèle : le mari pardonna. Zeus tenait à Héraclès, héros demi-dieu, qui lui était nécessaire pour vaincre quelques monstres et les Géants, après qu’il a conquit l’Olympe sur les Titans repoussés sous la terre.

Insatisfaite, Héra voulut détruire les jumeaux en envoyant deux serpents dans leur berceau. Déjà gaillard et prouvant sa nature divine, le bambin Héraclès étouffa les reptiles, un dans chaque main, tandis qu’Alcmène éloignait en toute hâte Iphiclès terrorisé.

L’éducation d’Héraclès fut très soignée : Amphitryon lui appris l’équitation et l’art de conduire un char, Eurytos la manière de tirer à l'arc, Pollux le maniement des armes, Autolycos la lutte ; Eumolpos l’initia à la musique, aidé de Linos pour l’art du chant et de la lyre.

Héraclès tailla lui-même sa massue, son arme favorite, dans un tronc d’olivier sauvage. Les dieux lui fournirent le reste : Hermès son épée, Apollon son arc et ses flèches, Héphaïstos son armure, ses jambières en orichalque et son bouclier, Athéna sa tunique (péplos). Ecorchant plus tard le lion de Némée, Héraclès fera de la peau une armure imperméable aux flèches et de la tête un casque. Pour les exégètes interprétatifs ces armes symboliseraient les vertus de l’âme nécessaires pour triompher des vices incarnés par les monstres à combattre.

Héraclès eut des soutiens fidèles au cours de sa vie : Hermès, Apollon et sa demi-sœur Athéna l’aidèrent dans ses combats, Poséidon lui prêta ses chevaux. Zeus lui-même n’hésita pas à venir à son secours, mais répétons qu’il avait prémédité sa naissance car il avait besoin d’un mortel très fort pour l’aider à combattre les Géants (engendrés par Gaïa pour venger les Titans que Zeus avait enchaînés dans le Tartare). Son neveu Iolaos restera toujours son loyal compagnon ; rusé et vif d’esprit, il incarnait l’intelligence qui manquait à Héraclès, dont on a dit que « la cervelle était dans les muscles ». Son demi - jumeau Iphiclès l’accompagna dans nombre d’expéditions jusqu’à sa mort au cours de la guerre contre les fils d’Hippocoon.

La redoutable Héra, sa belle-mère ou plutôt sa marâtre, resta son ennemi le plus déterminé. Zeus excédé ira jusqu’à suspendre par les poignets Héra (sa sœur devenue sa femme) au sommet du mont Olympe, une enclume attachée à chaque cheville, tant il était irrité par les pièges qu’elle tendait à son fils.

Héraclès fut dès ses 18 ans chargé de garder les troupeaux d’Amphitryon, prétexte pour l’éloigner après qu’il eut fendu d’un coup de lyre dans un accès de rage le crâne du jeune Linos (virtuose comparé à Orphée) qui lui apprenait à jouer de cet instrument. Il commença ses exploits en tuant après une traque de 50 jours le lion de Cithéron, qui ravageait le royaume d’Amphitryon et celui du roi Thespios. Ce dernier le récompensa en lui accordant les faveurs de ses cinquante filles, une différente chaque soir des cinquante jours de la traque. Héraclès croyait qu’il s’agissait tous les jours de la même partenaire… Puissant, il conçut cinquante fils, les Thespiades. Puis il combattit et tua le roi d’Orchomène, Erginos, qui imposait un lourd tribut à Thèbes. En retour, le roi de Thèbes Créon lui donna sa fille Mégara.

Toujours jalouse, Héra poursuivit sans relâche Héraclès de sa vindicte. Après son mariage elle le rendit fou, l’amenant à tuer de ses flèches les enfants conçus avec Mégara. Pour arrêter le massacre, Athéna frappa le à la poitrine et l’endormit. Désespéré après avoir retrouvé ses esprits, il voulut se suicider, mais Thésée le calma. Héraclès se réfugia chez le roi Thespios, qui le purifia. Puis, sur les conseils de la Pythie de Delphes, il se rendit en expiation à Tirynthe, chez Eurysthée, son parent par Persée, né le même jour que lui mais totipotent eu égard à la décision arrachée à Zeus par Héra ! Eurysthée, roi de Mycènes, de Titynthe et de Midée en Argolide, veule et jaloux, avait peur d’Héraclès mais lui imposa les douze travaux (dont le but était de débarrasser la terre de ses monstres), travaux dont l’ensemble devait être mené à bien en douze ans : Héraclès pourrait alors briguer l’immortalité, selon la promesse d’Apollon. La Pythie, prêtresse de Delphes qui rendait les oracles d’Apollon, lui enjoignit de changer son nom d’origine : Alcide (le Fort d’Alcée) en celui d’Héraclès, « la gloire d’Héra ». Eurysthée finira mal : après la mort d’Héraclès, il poursuivit ses descendants les Héraclides, marcha contre leur alliée Athènes et fut tué par Iolaos. On apporta à Alcmène la tête du persécuteur, dont elle arracha les yeux…

:étoile2: La vie d’Héraclès après les douze travaux

Héraclès regagna Thèbes. Il donna sa première épouse, Mégara, à Iolaos son neveu, fils d’Iphiclès et d’Automéduse, car il ne supportait plus le regard éploré de son ex-épouse après le meurtre de leurs enfants.

:étoile2: Héraclès esclave d’Omphale.

Voulant convoler à nouveau, Héraclès se souvint de Iolé, fille de son ancien maître d’armes Eurytos, dont la beauté valait celle des Naïades. L’orgueilleux roi Eurytos déclara que sa fille n’irait qu’à l’archer qui le dominerait, lui et ses quatre fils. Héraclès gagna le concours de tir à l’arc, mais Eurytos refusa de lui donner Iolé, enjeu du défi. Il fut chassé du palais, puis accusé d’avoir dérobé le troupeau du roi. Furieux, il tua Iphitos, le seul fils du roi qui pourtant l’avait soutenu, en le précipitant dans le vide. Pour se laver de ce crime, qui le rendait à nouveau fou de douleur, il se rendit à Delphes consulter la Pythie afin d’être purifié. L’oracle refusa tout d’abord de répondre, si bien qu’Héraclès furieux saisit son trépied : Apollon intervint et Zeus dut séparer les antagonistes. La Pythie lui ordonna de se vendre pendant trois ans comme esclave. Omphale, reine de Lydie en Asie Mineure, l’acheta pour trois talents. Hermès toucha l’argent de la vente, qu’Eurytos refusa comme prix du sang. Omphale humilia le héros en l’obligeant à filer la laine à ses pieds, à revêtir des vêtements de femme, à lui donner tous ses attributs. Pendant son séjour à Ephèse Héraclès captura les deux Cercopes, jumeaux bandits rigolards qui avaient voulu dérober ses armes ; transportés pendus par les pieds à un fort bâton, ils se moquèrent de l’arrière-train du héros mélampyge, noir de poils ou mal torché, voire mal protégé par la peau du lion trop courte et bronzé par le soleil, ce qui finit par le mettre en joie si bien qu’il les relâcha. Mais Zeus vexé les changea en singes et les exila à Ischia. Héraclès tua aussi le vigneron Sylée qui obligeait les passants à travailler pour lui avec sa propre houe, brûla ses vignes et tua aussi sa fille. Il fit de même pour Lithyersès le Laboureur. Il put encore prendre part à la chasse au sanglier de Calydon, avec l’athlétique vierge Atalante. L’expédition des Argonautes de Jason (en compagnie d’une cinquantaine de rameurs comprenant Thésée, les Dioscures Castor et Pollux, Orphée, Laerte, Augias, Asclépios, …) est parfois placée aussi au cours de ce séjour en Lydie. En fait Héraclès abandonna assez vite le navire, bateau qui parlait et redoutait que le poids d’Héraclès ne le fasse chavirer. Ayant cassé son aviron au début du voyage, Héraclès alla en forêt chercher un gros arbre pour le remplacer, accompagné d’Hylas, aimable jeune homme chargé lui-même de trouver de l’eau douce, et qui l’attirait fortement. Les Nymphes de la fontaine s’entichèrent d’Hylas, qui épuisé s’y noya. Héraclès le chercha trop longtemps, si bien qu’à l’aube lorsque l’Argo quitta la rive, il n’était pas à bord. Puis Héraclès se libéra du joug d’Omphale.

:étoile2: Quelques expéditions d’Héraclès.

Héraclès partit en guerre contre Troie et tua Laomédon, comme il se l’était juré, car le roi lui avait refusé les juments de Zeus promises alors qu’il venait de sauver Hésioné du monstre marin. Héraclès donna Hésioné à son compagnon Télamon.

Il prêta son concours aux dieux de l’Olympe pour combattre les Géants, que seule pouvait tuer la conjonction d’un Dieu et d’un mortel, faisant s’écrouler sur eux une montagne, puis criblant de ses flèches ceux qui avaient échappé à la foudre de Zeus. Alcyonée, géant fils de la Terre Gaia (Gé) et d’Ouranos le Ciel (lui-même fils monoparental de Gaia, mutilé par le Titan Chronos et fécondant sa mère de ses gouttes de sang), ne pouvait être tué sur la terre où il était né, à Pallèné en Macédoine. Lors du combat décisif aux Champs Phlégréens en Chalcidique entre les Dieux et les Géants, il écrasa d’un rocher énorme 24 compagnons d’Héraclès. Celui-ci le transporta au loin et pu alors le tuer d’une flèche. Les Alcyonides, ses filles désespérées, se jetèrent dans la mer et furent changées en oiseaux, les alcyons. Le Géant Porphyrion foudroyé par Zeus fut achevé d’une flèche par Héraclès. Ephialtès mourut de deux flèches : l’une d’Apollon dans l’œil gauche, l’autre d’Héraclès dans l’œil droit. Poséidon rattrapa Polybotès, Athéna tua Encélade, Dionysos Eurytos et Héphaïstos Clytios. Quelques géants rescapés furent occis par la suite : Antée, Cacus.

On connaît nombre d’autres Cycnos que le fils d’Arès tué par Héraclès. Ce dernier aida par exemple Phylios à réaliser une série d’épreuves difficiles que lui imposait un Cycnos (le cygne), fils d’Apollon d’une grande beauté mais capricieux, pour céder à ses instances.

Il combattit et tua le roi Nélée qui avait refusé de le purifier après le meurtre d’Iphitos.

Il entrepris une expédition contre Sparte où régnait Hippocoon et ses vingt fils qu’il supprima. Blessé à la main au cours du combat, Héraclès fut soigné par Asclépios.

Allié avec Aegimios, roi des Doriens en Thessalie, il défit les Lapithes, puis les Dryopes, puis le roi d’Orminion Amyntor.

Il viola Augé, prêtresse d’Athéna et fille du roi de Tégée Aléos, alors qu’il était pris de boisson. Suspicieux, le père allait noyer sa fille enceinte ; celle-ci invoqua la déesse des naissances Ilithyie, qui déclencha l’accouchement prématuré de Télèphe, amadouant le roi qui pardonna.

Il affronta même son compère Apollon, furieux qu’il était de n’avoir obtenu de la Pythie l’oracle qu’il espérait : il saisit le trépied de la prêtresse et menaça le Dieu. Zeus calma le jeu d’un trait de foudre. A contrario, la déesse Athéna lui apporta un soutien sans partage : elle pressa le sein d’Héra, fournit les crotales pour effrayer les oiseaux du lac Stymphale, conduisit sur le Styx la barque ramenant Héraclès des Enfers et le quadrige qui le mena sur l’Olympe (Athéna Niké).

:étoile2: Les épousailles avec Déjanire. Nessus. Iolé séduite. La mort du Héros.


Héraclès se rendit à Calydon pour tenir sa promesse à Méléagre, rencontré aux Enfers, d’épouser Déjanire sa sœur. Il dut combattre un autre prétendant, le susceptible et bagarreur dieu - fleuve Achéloos pour accéder à Déjanire. Fils d’Océan et de Thétys comme tous les fleuves, Achéloos était le plus long de Grèce. Héraclès au cours du combat cassa l’une des cornes du fleuve, métamorphosé en serpent puis en taureau. Pour récupérer son intégrité, Achéloos offrit à Héraclès la Corne d’Abondance apprêtée par les Naïades. Le mariage eut lieu, mais Héraclès dut s’exiler avec Déjanire et leur fils Hyllos après avoir tué «accidentellement » d’une gifle un page de son beau-père le roi Oénée, le jeune Eunomos.
Au cours du voyage le centaure Nessus, qui servait de passeur du fleuve Evénos, tenta d’enlever Déjanire et de la violer : Héraclès le blessa mortellement de ses flèches. En mourant, le centaure offrit à Déjanire un philtre empoisonné : « Recueille dans tes mains le sang de ma blessure et trempe dedans un vêtement destiné à Héraclès : ce philtre te conservera son amour ! ». En fait le sang de Nessus, contaminé par la flèche trempée dans le sang de l’hydre de Lerne, était devenu un poison mortel.
Puis ils rencontrèrent le roi Théiodamas et ses sujets les Dryopes qui furent occits. Etabli à Trachis auprès de Céryx Héraclès mena quelques expéditions. Il accomplit sa dernière vengeance en tuant le roi Eurytos et tous ses fils : il put alors s’emparer enfin de Iolé. Jalouse, Déjanire versa le Philtre de Nessus sur une magnifique tunique qu’elle avait tissé pour Héraclès, en pensant que selon les dires de Nessus, cela lui assurerait la fidélité du héros. A contrario la tunique comprima et consuma le corps d’Héraclès. Celui-ci qui demanda à Hyllos, son fils aîné venu le prévenir mais arrivé trop tard, d’épouser sa concubine Iolé. Puis il décida de mettre fin à son atroce agonie en se brûlant sur un bûcher au sommet du mont Oeta ; seul Philoctète accepta d’allumer le brasier et reçut en présent l’arc et les flèches. Déjanire se pendit. Elle avait été la mère de la seule fille d’Héraclès, Macaria, qui plus tard se suicida en s’égorgeant pour permettre la victoire des Héraclides sur Eurysthée.
Les fils du héros furent à l’opposé quasi innombrables. La tunique avait été apportée par son ami Lichas, que, fou de douleur au cours de son agonie, le héros précipita dans la mer Eubée, où il se transforma en îles, les Lichades.

:étoile2: L’apothéose d’Héraclès et son entrée dans l’Olympe.

Zeus ravit Héraclès à la Terre juste avant sa mort, le faisant enlever du bûcher par le quadrige d’Athéna conduit par Apollon. Il lui accorda l’apothéose et l’immortalité, et le transporta dans l’Olympe : ce fut le seul héros à bénéficier de cette faveur. Héra pardonna et se réconcilia avec Héraclès, allant jusqu’à mimer un accouchement en le faisant émerger de son vêtement : elle adoptait ainsi le héros. Mieux, elle lui donna sa fille Hébé, déesse de l’éternelle jeunesse, qui était l’échanson des dieux avant que Zeus ne s’entiche de Ganymède. Deux fils, Alexiarès et Anicetos, naquirent de leur union. Hébé veilla ensuite sur les Héraclides, rendant au neveu d’Héraclès Iolaos la force de la jeunesse pour lui permettre de triompher du fourbe Eurysthée.

:étoile2: Les Héraclides, descendants d’Héraclès. (mais ceci est une autre histoire…)


A la mort du héros, poursuivis par la haine d’Eurystée, ils se réfugièrent auprès de Céryx, roi de Trachis, qui les renvoya par craintes de représailles. Il trouvèrent chez Thésée, roi d’Athènes, une aide efficace : le héros entra en guerre contre Eurysthée qui périt avec ses fils au cours de la lutte. Les Héraclides conquirent alors le Péloponèse dont ils avaient été spoliés et s’y installèrent. Ils en furent chassés par une peste envoyée par les dieux, irrités que les héros n’eussent pas du attendre le moment imparti par le Destin et les oracles.
Au cours de deux expéditions, l’une conduite par le fils Hyllos, l’autre par un descendant Aristomachos, les Héraclides tentèrent de passer l’isthme de Corinthe, mais ils furent repousser par les rois du pays, car ils n’avaient pas su interpréter l’oracle qui leur conseillait de passer par les détroits. Les trois fils d’Aristomachos (Téménos, Cresphotès et Aristodème) comprirent enfin que «les détroits » signifiaient la voie maritime entre Grèce continentale et le Péloponèse et reprirent la lutte. Aristidème fut frappé par la foudre avant d’entrer dans le Péloponèse, laissant deux fils jumeaux, mais ses frères gagnèrent en tuant le roi Tisaménos, fils d’Oreste. Dans le partage, Téménos obtint l’Argos, les jumeaux Proclès et Eurysthénès la Laconie et Cresphontès la Messénie. Ceci correspondrait dans l’histoire à l’invasion du Péloponnèse par les Doriens aux dépens des Achéens, à l’organisation du territoire, puis à leur prise du pouvoir sur Mycènes et enfin sur toute la Grèce.
Par la suite toutes les familles royales se réclamèrent des Héraclides pour asseoir leur pouvoir : Crésus prétendait descendre d’Omphale, le roi Tarquin à Rome d’Antiochos, l’empereur Commode s’intitulait « Hercules latinus »…

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Dernière édition par Koré le Ven Déc 11, 2009 9:42 am; édité 1 fois
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Koré
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MessagePosté le: Ven Déc 11, 2009 9:24 am    Sujet du message: Répondre en citant

:étoile2: Le mythe d’Héraclès et d’Hercule, les extensions.

Symbole de force, d’énergie, d’héroïsme, Héraclès fut vénéré aussi bien comme un héros que comme un dieu. Grand buveur, gros mangeur, bon vivant, il représentait aux yeux des Grecs le justicier qui combat le méchant, punit l’impie et le parjure, reste le modèle du courage devant les périls qui assaillent l’homme. Les héros étaient là pour faire le bien de l’humanité. Par sa postérité, les Héraclides, il est l’ancêtre mythique de tous les Grecs du Péloponnèse. La force exceptionnelle qui lui vient de son père symbolise l’élan spirituel qui doit mener l’homme vers son créateur ; mais il n’aura pas la faculté innée de surmonter ses faiblesses car n’étant pas le fils d’Héra, qui personnifie l’amour fidèle, la jalousie de cette dernière l’affaiblit et crée ce coté affectif de l’homme source de dérèglement.

Son cycle empiéta sur l’ensemble du pourtour méditerranéen. Les Phéniciens l’assimilèrent au dieu exterminateur de Tyr, hellénisant au V° siècle celui-ci en Héraclès-Melquart, qui conserve par ailleurs des influences égyptiennes : les statuettes le figurent doté d’un pagne et d’un couvre-chef caractéristique, dans la posture typique du « dieu abattant », retrouvée dans les tombeaux des Ptolémée.

Héros le plus populaire de tous, Héraclès a été chanté par Homère, Hésiode, surtout au V° siècle par Pindare, Sophocle, Euripide, par Théocrite au III° siècle. Ovide brièvement, Apollodore plus en détail contèrent toute la vie du héros. Le voyageur Pausanias raconte des épisodes locaux, Virgile donne vie aux mythes sans y croire. Le romain Sénèque (4-65) a écrit un Hercule furieux, un Hercule sur l’Oeta où ce stoïcien montre la grandeur du héros face à l’impitoyable adversité de la fatalité et des dieux. En jurant «par Hercule », les Romains de l’Antiquité saluait dans le héros un homme respectueux de la parole donnée. Ils ajoutèrent au mythe l’épisode du géant Cacus, la destruction du roi Faunus qui massacrait les étrangers venant sur ses terres, la fondation d’un sanctuaire à Rome par le roi Evandre qui avait reçu Héraclès avec bienveillance… L’Hercule romain est moins redoutable que le grec, il porte la massue mais aussi la lyre et accompagne le cortège des muses et d’Apollon musagète.

Au XV° siècle, les humanistes espagnols ont tenté de donner une lecture chrétienne du mythe. L’héroïsme d’Héraclès combattant les démons, repoussant fatalité et Destin imposés par des dieux inhumains, préfigurerait l’avènement du christianisme. Les historiens des religions ont comparé Héraclès, « fils de Dieu et devenu Dieu lui-même », au Christ, le faisant parfois même apparaître comme un rival.

Au XVII siècle en France Jean Rotrou fit jouer un «Hercule mourant » adapté de Sénèque. En Suède Georg Stierniel écrivit un long poème allégorique à la manière des précieux et des baroques en l’entourant de personnages emblématiques (dame Plaisir, filles Paresse, Vanité, Luxure…). Haendel donna une suite d’oratorios où il chante plus les souffrances que les faits d’armes du héros : « Hercules », repris par l’Opéra National de Paris en 2003.

La popularité d’Héraclès en Occident tient à ce qu’il apparaît comme l’incarnation du héros sans peur et sans reproche, et à ce que ses tortures sous la tunique de Nessus, sa mort sur un bûcher, son apothéose parmi les dieux de l’Olympe en font un conte pour tous les temps et tous les âges. Fort et humain, courageux et fragile, c’est l’un des personnages les plus subtils de la mythologie. Héros solitaire, picaresque, pionnier, il fait penser à un personnage de Western de la mythologie de l’Ouest américain, accomplissant des prouesses inouïes, paraissant impossibles, survivant à tout et sauvant des vies. Ses douze travaux font rêver chasseurs, agriculteurs, éleveurs, chercheurs de trésor, aventuriers de tout poil.

Son nom est quasi devenu un nom commun, et l’on dit d’un costaud à la force prodigieuse qu’il est « un Hercule de foire ». Les écrivains se sont servis de son nom et de son mythe : Chateaubriand stigmatisait les officiers émigrés à Bruxelles et environnés de femmes en les comparant à « des Hercules filant la quenouille aux pieds de leurs Omphale », hommes faibles séduits par des femmes dont ils deviennent les esclaves.

Les astronomes lui ont dédié une constellation, personnifiée sur les cartes célestes imagées du XVIII° siècle par un Hercule combattant, genou fléchi, tenant d’une main sa massue et de l’autre un bouclier fait de la peau du lion de Némée.

Les géographes dès l’Antiquité ont mordu dans sa légende en faisant du détroit de Gibraltar « les colonnes d’Hercule », rappelant la tradition légendaire d’une colonie de Phéniciens installée là, dont Héraclès aurait été le chef. Les colonnes élevées ici marquaient symboliquement les limites du monde. Plus généralement, l’expression prend une acception figurée désignant les limites au-delà desquelles la pensée ne peut plus rien concevoir.

Les sportifs, nous l’avons vu, en font le créateur des jeux d’Olympie, alors que les dirigeants purent apprécier « le sang d’Hercule » pour se désaltérer aux JO de 2004.


:étoile2: Héraclès et la Médecine :


Les médecins rendirent aussi hommage à Héraclès. Le professeur Brune dans son « Histoire universelle de la médecine » rappelle que « c’est avec Héraclès que l’on assiste à la naissance des premiers principes d’hygiène : il nettoya les écuries d’Augias, détruisit les oiseaux du lac Stymphale et tua l’Hydre de Lerne, tous symboles de l’assèchement des marais d’Argolide et de la prévention des fièvres. Héraclès a découvert les vertus sédatives des bains chauds. Il aurait aussi découvert plusieurs plantes à vocation médicinale. Il était malade, sujet à des crises probablement d’épilepsie, décrites avec une grande précision par Diodène de Sicile ». Il précise aussi « que le centaure Chiron, qui aida Héraclès, fut le premier à semer des plantes médicinales et enseigna Asclépios, lui apprenant à soigner les maladies par la parole, les herbes et le couteau. Pacon, fils d’Asclépios, guérit Hadès qu’Héraclès avait blessé ». Asclépios lui-même aurait soigné Héraclès d’une blessure à la main à Sparte.

:étoile2: Récapitulatif des victimes d’Héraclès (quelques-uns/unes, hors Travaux)

:bouton2: Linos : coup de tabouret ou de lyre après une réprimande

:bouton2: Eurypylos. Roi de l’île de Cos, tué par Héraclès à qui il refusait l’entrée dans la cité.

:bouton2: Les Géants : Cycnos, fils d’Arès, Antée, fils de la Terre ou de Poséidon, Alcyonée, Porphyrion, Ephialtès et d’autres achevés par les flèches d’Héraclès après que Zeus les eu écrasés de rochers.

:étoile2: Les centaures :

:bouton2: Eurytion, violeur de Mnésimaché, fille de Dexaménos et fiancée d’Héraclès

:bouton2: Les centaures amis : le bon Pholos et Chiron «par erreur »

:bouton2: Nessus violeur de Déjanire

:bouton2: Busiris, roi d’Egypte, fils de Poséidon

:bouton2: Les Pygmées, fils de la Terre, livrés à Eurysthée

:bouton2: Emathion, fils d’Eos (l’aurore) au retour des Hespérides

:bouton2: L’aigle fils d’Echnida dévorant le foie de Prométhée (dans le Caucase, retour des Hespérides)

:bouton2: Lycaon, fils d’Arès, roi des Chrestoniens, en allant vers les Hespérides

:bouton2: Sylée le vigneron (pendant l’esclavage chez Omphale)

:bouton2: Lityersès le Moissonneur, le coupeur de têtes des passants exploités (fils de Midas)

:bouton2: Les deux fils de Borée, qui avait conseillé aux Argonautes de l’abandonner sur la cote d’Asie Mineure

:bouton2: Nélée roi de Pylos, Fils de Poséidon et de Tyro, qui avait refusé de le purifier après le meurtre d’Iphitos.
Héraclès blesse Hadès et Arès, tue le fils Périclymène, épargne le fils Nestor

:bouton2: Les Molionides, Eurytos et Cyéatos, fils de Poséidon, neveux d’Augias

Source:Auteur : Dr Robert Loire - Professeur d'Anatomo-Pathologie - Lyon - France

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