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[Extrême Orient] Le Shintoïsme

 
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Kalaxa
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MessagePosté le: Ven Avr 14, 2006 9:01 pm    Sujet du message: [Extrême Orient] Le Shintoïsme Répondre en citant

Origines

Le Shintoïsme (ou Kami-no-Michi en pur japonais), souvent abrégé en Shintô, et qui signifie "Voie des Kami", est la religion indigène du Japon. Ses racines semblent remonter à la nuit des temps, même s'il n'est pas établi formellement depuis quand cette religion existe.

Certains historiens ont fait la relation avec la culture Jomon, datant de 11000 ans, dont les adeptes vénéraient des figurines femelles. D'autres sources font remonter son apparition à 700 ou 300 avant J-C, époque de la culture Yayoi, qui possédait des caractéristiques qui rappellent certains aspects fondamentaux de la foi Kami.

Plus tard au cours de l'époque Kofun un peuple nomade d'Asie centrale introduisit les symboles majeurs du Shintoïsme à savoir les trois trésors sacrés: le Sabre, le Miroir du Soleil et les Joyaux d'Amaterasu.


Le Sabre, le Miroir du Soleil et les Joyaux d'Amaterasu © Japanese Civilization

C'est au cours de cette période que la dynastie impériale s'affirma au sein d'une population qui était organisée en clans et c'est à la même époque que furent construits les sanctuaires d'Izumo et d'Isé.
Cela aboutit à la création du culte de l'empereur, qui fut relégué à un rôle symbolique sous le long règne des Shôgun (XIIème- XIXème siècles).

En 1868 après plus de 250 ans de Shôgunat Tokugawa, la restauration Meiji replaça l'empereur sur le trône et en 1871, le Shintô devint religion d'état. Pendant cette période, tous les prêtres Shintô devinrent des employés du gouvernement et les croyances et pratiques furent contrôlées par le bureau des temples de Tokyo. Le terme Shintô date de cette époque.

Le Shintô d'état prit fin en 1945 et l'empereur renonça à toute prétention à la divinité. La constitution japonaise de 1947 interdit explicitement à l'état toute participation aux affaires religieuses.

Le Shintô redevint alors ce qu'il avait été, un ensemble peu structuré de temples dédiés à un nombre infini de Kami. Bien qu'il existe un panthéon de dieux et de déesses comme Amaterasu qui sont vénérés dans tout le Japon, les Kami appartiennent presque toujours en propre à leurs communautés respectives.

Ce qui caractérise le Shintô est son caractère local. Chaque temple est autonome et possède au moins un ou deux rituels spécifiques.

Le Shintô est également remarquable par le fait qu'il s'agit d'une religion n'existant qu'au Japon. Il n'y a jamais eu d'effort de prosélytisme. Du fait qu'il rassemble un ensemble assez hétéroclite de cultes, il est quasi impossible de bien le définir.


Les Formes

On peut distinguer 4 formes fondamentales du Shintoïsme :

Le Shintoïsme Populaire
Le Minkan Shintô est pratiqué dans les villages et dans les foyers. Les phénomènes naturels et les cycles agraires y jouent un rôle prépondérant de même que les lieux, terre, eau, montagne et forêt. Le culte, destiné notamment à chasser les démons et obtenir une terre féconde est pratiqué différemment selon les régions.

Le Shintoïsme des Sanctuaires
Le Jinga Shintô est une religion à l'organisation rigoureuse qui s'imposa pendant l'époque Meiji. 218 sanctuaires nationaux et 110 000 sanctuaires régionaux furent édifiés. Il en existe encore 80 000 aujourd'hui. Il s'agissait alors plus d'une idéologie politique que d'une véritable religion où les prêtres ne recevant qu'une instruction minimale, étaient surtout des agents de propagande du pouvoir. A partir de 1945 se développa un Shintoïsme académique (Fukko Shintô) qui possède une doctrine élaborée et se préoccupe de recherches littéraires.

Le Shintoïsme d'Etat
Le Kokka Shintô était étroitement lié au Shintoïsme Impérial (Koshitsu Shintô). Le Tennô, nom donné à l'empereur, était vénéré en tant que descendant de la déesse solaire Amaterasu et des ancêtres impériaux. On mettait l'accent sur la divinité de l'empereur puisqu'il était issu de la lignée directe de la déesse du soleil. Ce Shintoïsme devenait un véritable culte national professant la pureté éthique et la sincérité du cœur intègre. Cette forme de Shintô et son application à des doctrines ultra nationalistes et expansionistes, l'empereur étant un dieu, il devait gouverner le monde, conduisit au fanatisme le peuple japonais avec les conséquences que l'on connait lors du second conflit mondial.

Le Shintoïsme Sectarien
Le Shûha Shintô qui comprend aujourd'hui 13 sectes reconnues et une centaine de sous-sectes issues du Shintoïsme Populaire depuis le XIXème siècle. Ces sectes, en grande partie ésotériques, furent fondées par des personnages charismatiques durant les temps de crise. Un exemple est le Tenri-Kyô (Vérité Céleste) qui repose sur le concept Shintô fondamental de Kami et sur la notion que l'univers et tout ce qu'il contient est animé par une hiérarchie de divinités.


L'Esprit du Shintoïsme

Dans le Shintoïsme, trois grandes valeurs priment :
- Le culte de la nature.
- La pureté rituelle.
- la communion de l'homme avec les Kamis.

Le culte de la nature
Le Shintoïsme ne connaît pas l'au-delà qui serait un monde de récompense ou de punitions. Il se pratique selon un rituel dont la nature représente la notion principale. Il s'agit de réaliser l'harmonie grâce à un profond attachement intérieur pour la nature, une grande sensibilité notamment envers sa beauté esthétique. L'objectif est de ne jamais lui nuire quelles que soient les circonstances. D’après Thomas Immoos ; "Le caractère sacré de la nature et de la vie constitue le fondement du Shintoïsme":

Le Shintoïsme considère que l'univers est formé par le jeu d'énergies indestructibles apparaissant en un changement constant dans les phénomènes naturels et que ceux ci sont des divinités qu'il convient de vénérer pour obtenir leurs faveurs. L'empereur auquel était attribué les fonctions de grand prêtre était capable de maîtriser ces énergies de la nature. Aujourd'hui encore, l'empereur du Japon récite des prières tourné en direction des quatre points cardinaux durant une cérémonie qui a lieu la nuit du nouvel an, afin de rétablir l'ordre de l'univers et d'assurer la prospérité de l'année qui commence.

La pureté rituelle
La pureté rituelle et son reflet dans l'âme humaine grâce à la valeur capitale qu'est le Makoto, la sincérité intérieure, est un élément essentiel du Shintoïsme qui en devient une "religion de la purification". Au travers de la pureté intérieure, le Shintoïsme recherche la simplicité dans la vie et l'harmonie avec la nature. A l'origine il semble que les japonais pensaient que les Kamis s'offensaient de la souillure que représentaient la mort, les blessures, la menstruation et l'enfantement. Il s'ensuivit l'apparition de nombreux rites de purification destinés à apaiser les Kamis et à gagner leur protection contre la sécheresse, les inondations et autres catastrophes naturelles.

Les fidèles shintoïstes se purifient toujours avant de pénétrer dans l'enceinte d'un temple. Celle ci contient un abreuvoir de pierre plein d'eau pure et une louche de bambou avec laquelle les fidèles se lavent les mains et se rincent la bouche purifiant ainsi leurs corps à l'intérieur et à l'extérieur pour se rendre digne de se trouver en présence des dieux.

L'Ô-haraï (purification rituelle) est un rituel au cours duquel le prêtre agite une branche de sakaki sacré au dessus de la tête du fidèle. Celui ci est alors débarrassé de la pollution qu'il a accumulé et son équilibre interne restitué lui permet de renouer des relations harmonieuses avec le monde extérieur. L'Ô-haraï s'effectue aussi sur des emplacements de construction ou des objets pour éliminer les esprits malins qui pourraient s'y trouver.


Ô-haraï (Purification Rituelle) © Vocabulary of Shintoism

La communion de l'homme avec les Kami
Les croyances et pratiques shintô sont centrées sur le culte des Kamis, divinités qui contrôlent presque tous les aspects de la nature et de la vie humaine. Selon les textes il existerait une infinité de Kamis depuis les esprits qui animent les éléments du monde physique jusqu'aux dieux et déesses eux même, en passant par les ancêtres immédiats de la famille.

La divinité la plus importante est Amaterasu (celle qui fait resplendir les cieux), Kami du soleil qui est à la fois chef du panthéon et ancêtre divine de la famille impériale. Elle est vénérée à l'Ise-Jinzû.

Parmi les principaux Kami on trouve Hachiman, empereur guerrier semi légendaire et les 7 dieux de la chance dont chacun incarne une caractéristique désirable. On ajoute souvent de nouveaux noms à la liste des principaux Kamis, par exemple l'empereur Meiji (1868-1912) sous le règne duquel le Japon passa de l'état de pays arriéré à celui de puissance mondiale et le premier Shôgun Tokugawa (1543-1616). Mais même certains lieux sacrés sont considérés comme Kami dans la mesure où ils sont censés animer les éléments du monde physique. On peut donner comme exemple le Fuji, montagne la plus sacrée du Japon. Ceux qui l'escaladent accomplissent un acte de dévotion. Il en va de même pour ceux qui visitent la cascade de Nachi, considérée comme un puissant Kami.

Il n'existe pas de véritable dichotomie du bien et du mal dans le Shintô.
En effet, il faut savoir que les Kami ne sont pas tous bienfaisants. Le Shintô reconnaît également l'existence de nombreux démons (Oni) responsables d'une infinité de maux.
Tous les phénomènes animés ou inanimés sont censés posséder à la fois des caractéristiques bonnes ou mauvaises. Aussi les Onis sont ils des personnages ambivalents. Dans tous les cas on considère les malheurs infligés par les Onis comme la conséquence d'une perturbation momentanée de l'ordre des choses et non comme la manifestation d'une force du mal proprement dite. Les Onis existent sur terre et dans un enfer souterrain appelé Jigoku. Les Onis ont à la fois des caractéristiques négatives mais aussi positives.


Textes Sacrés

Suite à une demande de l'empereur Temmu, en 682, de collecter les faits marquants de son pays, les mythes d'origine du Japon ont été regroupés en 712 dans un livre appelé Kojiki, ("Notes sur les choses anciennes") qui est devenu le livre sacré du shintoïsme.

Le Kojiki est le premier texte écrit en japonais; il est composé de trois livres :
- le premier décrit les diverses générations de dieux,
- les deux autres comportent les généalogies des empereurs mais aussi des scènes de leur vie.

Un autre texte a été publié après le Kojiki, appelé Nihongi ou Nihon Shoki ("Chroniques du Japon"), qui reprend à peu près les mêmes scènes, mais qui parle pour la première fois de la Chine.


Panthéon

Les divinités shinto sont originellement trois dieux du Ciel : Ama no minaki nushi, Takami-musuhi et Kami-musuhi.

Ils ont de nombreux enfants, mais deux particulièrement "actifs", qui sont Izanaki et Izanami
Eux même créèrent les îles, les montagnes, les fleuves puis, plus tard, Amaterasu, déesse du Soleil, Tsuki-yomi, dieu de la Lune et Susanoo, dieu de la Mer, qui se partagent le monde mais non sans lutte de pouvoir.

Leurs enfants poursuivent les démêlés, et ainsi de suite, jusqu'à l'arrivée du premier empereur, Jimmu-tenno, au 4ème siècle avant J-C.

La divinité shintô la plus célèbre est sans conteste Amaterasu.


Les Kamis

Au Japon, dans la religion traditionnelle du Shintoïsme, les esprits défunts ou kamis sont l'objet d'un culte quand ils ont accédé au rang de divinité, de par leur importance. Mais déjà "les kamis de la famille, du clan, du village et de la nation (esprits des ancêtres de l'Empereur) peuplent le ciel, les arbres, les pierres (nature), les outils aratoires, les instruments de cuisine (culture). Ils président aux joies et aux peines de leurs successeurs. Ils les récompensent et les châtient éventuellement. En revanche, ils ont besoin des hommes qui facilitent leur existence (offrande d'une épée aux guerriers, d'un miroir aux femmes) ". Ils représentent le lien entre la divinité et l'homme, entre l'au-delà et l'ici-bas.

Quand le développement de la culture du riz stratifia la société japonaise, entre le IIIè siècle avant J.-C. et le IIlè siècle de notre ère, on rajouta au panthéon des kami les esprits des chefs puissants et des glorieux ancêtres. A cette époque, il semble que les Japonais pensaient que les kami s'offensaient de la souillure que représentaient la mort, les blessures qui saignent, la menstruation et l'enfantement. Il s'ensuivit l'apparition de nombreux rites de purification destinés à apaiser les kami et à gagner leur protection contre la sécheresse, les inondations, les tremblements de terre, les épidémies et autres catastrophes naturelles.


Les Temples et Lieux Sacrés

Le Shintô étant une tradition très ancienne, les temples reflètent l'évolution de l'histoire et de la technologie du Japon. Au début, les Jinja étaient de simples autels en plein air, souvent taillés à même la roche, sur lesquels on déposait des offrandes. Avec le temps, ces autels furent enfermés dans un espace clos et finirent par ressembler aux entrepôts de céramique de la culture Yayoi. Ces temples furent construit afin de conserver le corps du Kami (Shintaï) ou le Mitama-shino qui est un objet support.

Le temple le plus sacré du Shintô est le Ise-Jingû qui renferme le miroir impérial. Il constitue un exemple de cette phase ancienne de l'architecture Shintô. Le Shintô subit une transformation lorsque le Bouddhisme fut introduit au japon vers la fin du VIème siècle. Non seulement la théologie shintoïste s'adapta à cette foi étrangère et subit également l'influence du Confucianisme et du Taoïsme, mais on commença à construire des temples typiquement chinois, aux couleurs vives et aux ornements élaborés, ce qui marqua une rupture significative avec la simplicité d'Ise.

Les temples modernes vont des minuscules Jinja à de vastes ensembles de sanctuaires comme le Meiji-Jingû de Tokyo et le Temple Heïan de Kyoto en passant par des temples de moyenne importance, les Taïsha. Mais la plupart sont situés au milieu d'arbres et de jardins, ce qui reflète l'importance de la nature dans la croyance shintoïste.

Pour entrer dans l'enceinte d'un temple, les fidèles franchissent le Torii (portail) qui représente le seuil séparant le monde séculier extérieur du monde sacré des dieux. Il est généralement orné de Goheï, offrandes faites de bandes de papier arrangées 2 par 2 qui symbolisent la présence de Kami. La corde sacrée, ou Shimenawa, qui peut être tendue sur le Torri est un autre signe de la sainteté du lieu.

Le temple lui même se compose généralement de 2 éléments principaux: le Honden (sanctuaire) qui referme l'effigie du Kami et le Haïden (oratoire) où les fidèles déposent les offrandes. Les sanctuaires ne sont pas des lieux de prières au sens occidental, les fidèles n'y pénètrent jamais.

Certains temples sont très simples ne comportant que le Honden alors que d'autres sont immenses incluant parfois une arène de Sumô, la lutte sacrée, ou un théâtre de . Le sanctuaire est délimité par un petit mur.

Les rituels sont célébrés par des prêtres (Kannushi) qui peuvent être des deux sexes. Leur fonction est héréditaire et peut se transmettre soit au fils ou à la fille mais également à l'épouse. Ces prêtres sont simplement des paroissiens (Ujiko) instruit du rite, élus et rétribués par la communauté. En dehors des rituels, leur vie est tout à fait normale sauf pour les prêtres affectés à de grands sanctuaires qui occupent leurs fonctions à temps plein. Pour devenir prêtre, un paroissien peut suivre les enseignements d'un autre kannushi ou recevoir une formation à l'université. Il existe plusieurs niveaux selon le degré d'instruction suivi comme les Gûji, prêtres en chef ou encore les Negi, chargés du rituel.


Torri du temple shinto de Miyajima


Rites & Pratiques

De nombreuses fêtes ou matsuri donnent l'occasion aux pratiquants de se retrouver dans les sanctuaires (fête de l'An neuf, fête des poupées, fête des garçons, fête des enfants) rendant le monde terrestre aussi important que le monde céleste.

La cérémonie de mariage est encore souvent pratiquée selon le rite Shintô. Le rituel de purification est effectué par un prêtre shinto à l'aide d'une branche de sakaki sacré.

Le sumo, sport national japonais, provient d'un rituel Shintô rendant hommage aux kami.

Des pèlerinages sont organisés dans les sanctuaires, pour demander la protection des dieux et faire des requêtes très personnelles.


Fêtes

* Ganjitsu [du 1er au 3 janvier]
Nouvel An japonais. Décorations, réjouissances et visites aux temples shintô.

* Seijin no Hi [2e lundi de janvier]
Fête nationale qui marque le passage à l'âge adulte des jeunes gens atteignant leur vingtième année.


Seijin no Hi © Ambassade du Japon à Sydney

* Shûbun no Hi / Higan [équinoxe de printemps]
Fête du Printemps. Visites des temples et des cimetières.

* Hanamatsuri [Avril]
Festival des Fleurs.

* Midori no Hi [29 avril]
Journée verte.

* Kodomo no Hi [5 mai]
Jour des enfants.

* O-bon [du 13 au 15 juillet]
Les esprits des morts sont accueillis avec des danses pour trois jours dans les maisons et les villages.

* Umi no Hi [3e lundi de juillet]
Jour de la mer.

* Keirô no Hi [3e lundi de septembre]
Jour des personnes âgées.

* Shubun no Hi / Higan [équinoxe d’automne]
Fête de l’Automne. Visites des temples et des cimetières.



Sources : Shintô & Shintô & Shintô & Shintô
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Nymphadora
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MessagePosté le: Ven Avr 14, 2006 10:32 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Magnifique topic Kalaxa! Shocked Et vraiment très complet!
Je me suis intéressée au Shintoïsme lorsque j'étais au lycée, de par ma profonde passion pour le Japon et tout ce qu'il peut englober (et qui remonte à ma plus tendre enfance), mais aussi, et surtout, dans le cadre des tout 1ers TPE. Si j'avais eu ce sujet sous la main à l'époque je ne me serai pas embêtée à chercher ailleurs! Laughing

Merci beaucoup pour ce condensé d'informations que je cours imprimer!
:bisous:

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Kalaxa
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MessagePosté le: Sam Avr 15, 2006 11:48 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Nymphadora ! Smile

Je comprends ta passion car, lors de mes recherches, j’ai découvert des choses vraiment très intéressantes sur le Japon et ça m’a donné envie d’en savoir plus, d’où ce topic !
^_^
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Galanodel de Bray
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MessagePosté le: Sam Avr 15, 2006 3:28 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci kalaxa, comme toujours, c'est très interessant. Moi aussi je commence à m'interesser au japon, vu que nous avons une japonnaise dans notre classe, et ce qui est surprenant, c'est qu'elle à 36 ans, et qu'elle fait physiquement le même âge que nous Laughing Laughing Laughing

De plus, je me suis rendu compte que beaucoup de choses ne se faisaient pas au japon, comme éternuer, extrèmement mal vu, et se faire la bise, pour se dire monjours, ou de se sérrer la main, ne se fait pas, même pas pour leurs parents.

C'est une civilisation un peu complex, mais très interessante à étudier Wink
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Kalaxa
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MessagePosté le: Sam Avr 15, 2006 9:32 pm    Sujet du message: Répondre en citant

En effet, des tas de petites choses qui nous paraissent normales sont considérées comme malpolies (voir pire) au Japon. Je ne le savais pas pour le fait d’éternuer, j’ai plutôt étudié le côté relations d’affaires, mais je suis d’accord avec toi ; c’est une civilisation complexe qui a beaucoup à nous apprendre.
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Mr corpse
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MessagePosté le: Lun Oct 26, 2009 12:12 am    Sujet du message: Répondre en citant

je tient d'abors a féliciter la personne pour cet article tres complet (meme si elle n'est plus sur le forum) cependant j'aimerais ragouter ma goute dans ce vase Wink


Métaphysique et spiritualité
L'origine de l'Homme dans ce contexte cosmogonique n'est pas clairement établie. Mais la famille impériale base sa légitimité charismatique (au sens de Max Weber) sur son origine déclarée comme divine (le premier empereur, Jimmu, serait le petit-fils de Ninigi-no-Mikoto, que la déesse Amaterasu a envoyé sur Terre par les kami pour fonder la nation japonaise).

Le respect des ancêtres et le sentiment de communion avec les forces de l'univers et les générations passées sont les bases spirituelles du Shinto. La priorité accordée au groupe et à la solidarité est un des principes éthiques les plus anciens et les plus importants de la société japonaise. Bien qu'hérité en partie de la culture chinoise, ce principe s’est vu énormément renforcé par le fait que le shinto insiste depuis des siècles sur la vénération des esprits ancestraux, le respect de la solidarité familiale et clanique. D’une égale importance est la tradition mettant l’accent sur la pureté, personnelle et rituelle, et sur la vénération de la nature. Ces principes, qui ont profondément influencé la vie japonaise, jouent un rôle important dans le Japon moderne. En effet, tous ceux qu’on voit prendre soin des sanctuaires shintoïstes locaux ont souvent été à l’avant-garde dans la préservation du milieu naturel. Mais voyons plus en détails les principes fondamentaux du shinto.

Personnage Sacré
Bien que le shinto n'ait pas de fondateur connu, un certain nombre d’individus y ont joué un rôle essentiel : Ō no Yasumaro (en) (太 安万侶,), qui compila le Kojiki, Motoori Norinaga (en), le grand lettré shintoïste du XVIIIe siècle, Miki Nakayama (中山 みき,), fondatrice du tenrikyō, ou encore de nombreux bouddhistes comme Kobo Daishi qui le premier intégra les kami dans les temples comme protecteurs et émanations des boddhisattvas ; une tradition shinto/bouddhiste, le suijaku (en) se développa ainsi très tôt dans le courant tantrique. Les écoles de Kamakura avec Hōnen ou Nichiren développèrent aussi une relation qui leur est particulière avec le shintoïsme. Il faut également citer le personnage de l’empereur qui devint, après 1868, l’incarnation de la nation japonaise et dont on croyait qu’il était un descendant direct de la principale divinité du shintoïsme, Amaterasu la grande déesse solaire.

Tsumi, tatari et kegare
Innombrables, les kamis sont partout, se cachant sous les formes les plus diverses, aux endroits les plus inattendus. Il convient donc de se montrer à leur égard d’une prudence extrême, d’autant que les plus petits sont parfois les plus susceptibles. Leur caractère est ambigu, comme la nature elle-même. Tous, y compris les meilleurs d’entre eux et les plus grands, possèdent un « esprit de violence », arami-tama (荒御魂,), qu’il faut se concilier ou neutraliser par des rites appropriés. Certains sont même dangereux dans leur principe, tels les « dieux des épidémies » ou les « dieux des insectes », prédateurs du riz. Tous peuvent vous frapper d’un tatari (祟り,). L’on a voulu donner à cette notion, aussi archaïque sans doute que le concept même de kami, une valeur morale en en faisant un châtiment, une malédiction (les dictionnaires bilingues donnent généralement ces traductions), infligés par le dieu à l'auteur d'une faute (tsumi). C’est là une conception moderne inspirée par le bouddhisme, qui a traduit par tsumi l’idée d’« action mauvaise », qui obscurcit l’entendement de l’homme et fait obstacle à l’illumination, donc au salut. Le synonyme ancien de tsumi est, en réalité, kegare (汚れ, kegare? « souillure »). Et les définitions anciennes qui en sont données ont un caractère plus physique que moral : c’est ainsi que le contact de la mort, du sang, des excréments provoque une souillure rituelle ; mais la vie en société entraînera un élargissement de cette notion de tsumi, et l’on qualifiera ainsi certaines infractions sociales (destruction d’une digue de rizières).

Dans son principe toutefois, le tsumi, comme le tatari qui en est la conséquence quasi automatique, semble devoir être défini d’une manière à la fois plus vague et plus générale. De nombreux exemples, même récents, montrent en effet que l’on peut être frappé par un tatari pour peu que l’on ait empiété, fût-ce inconsciemment, sur le domaine d’un kami ; le tsumi est en somme la transgression de certaines limites, non toujours formellement interdites ni précisées, mais chargées d’un potentiel magique redoutable dû à la simple présence du kami.

Pour illustrer cela on peut prendre le film de Hayao Miyazaki : Le voyage de Chihiro. L’héroïne, Chihiro, pénètre en effet sur le territoire de kamis et autres fantômes, elle se voit donc condamnée à rester dans le monde des démons à jamais. On pourrait aussi citer nombres d’exemples de récits populaires relatant des kami habitant auprès des ponts et poursuivant les personnes qui ne leur ont pas rendu hommage. L’imprudent peut être, à la limite, foudroyé par le simple contact d’un objet ou d’un être kami, parfois même contre la volonté de ce kami. Un proverbe encore usité – dans le sens, il est vrai, de : « Il ne faut point se mêler de ce qui ne vous regarde pas » – conserve la trace de cette croyance : « Sawaranu kami ni tatari nashi » (« Il n’est point de tatari du fait d’un kami que l’on ne touche point »).

Purification
Pour échapper aux conséquences d’un tatari imprudemment encouru, il convient de « purifier » son entourage (祓う,) ou soi-même (清む,). Ces deux termes sont employés aussi bien pour traduire des actions banales comme « balayer, nettoyer, laver », et, de fait, il s’agit essentiellement, à l’origine, de nettoyages symboliques et d’ablutions rituelles. Dans certains cas, et notamment quand la souillure est due au contact de la mort, il convient d'observer certaines abstinences (忌み,), au cours de retraites plus ou moins prolongées. Purifications et abstinences sont également recommandées à titre préventif lorsque l'on prévoit un contact inéluctable avec un kami ; la préparation d’une fête impose souvent des rites de ce genre aux participants. Ces rites immunisent en quelque sorte contre le pouvoir maléfique du kami. D’autres sont destinés, en revanche, à conférer à celui qui en use un pouvoir contraignant sur le kami. Là est peut-être l'explication du terme qui désigne, de nos jours encore, le prêtre du shinto (神主,), le « maître », le « possesseur d’un kami », en d’autres termes : celui qui connaît les rites qui donnent prise sur les forces surnaturelles.
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sylphide
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MessagePosté le: Mar Oct 27, 2009 9:11 am    Sujet du message: Répondre en citant

waouuuu chaque pays a ses mystères et ses croyances, ses traditions.
Je comprend pourquoi ils aimes la ZEN ATTITUDE, ils sont en contact et s'occupent de la nature alors ils vivent en âge plus avancé.
Je les envie Crying or Very sad
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Mr corpse
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MessagePosté le: Sam Déc 19, 2009 6:39 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Precision texte sacre et fondateur du shinto

Indépendamment de son polythéisme et de son animisme, le Shintoïsme ne possède pas les caractéristiques des grands monothéismes tel qu'un créateur unique, un fondateur historique, une sainte écriture révélée, une dogmatique, un système éthique codifié. Mais les mythes d'origine du Japon ont été compilé en 712 dans un ouvrage appelé le Kojiki (livre des choses anciennes) considéré comme la "bible" du Shintô. Il semble vraisemblable qu'il ait été écrit par de fervents bouddhistes imprégnés de culture chinoise et que son objectif ait été plus d'ordre politique que religieux, à savoir donner une légitimité à la dynastie régnante. Le Kojiki a été réalisé sous l'impulsion de l'impératrice Gemmyo qui chargea le lettré O no Yasumaro de sa rédaction.
Le Kojiki est le premier texte écrit en japonais, bien qu'utilisant encore la graphie chinoise. Il contient les traditions et les mythes les plus anciens de l'archipel nippon mais triés, réformés, corrigés, pour atteindre le but que l'empereur lui avait assigné.
Le Kojiki est composé de trois livres :
- Le premier livre rapporte de nombreux épisodes des différentes générations de dieux qui peu à peu prennent possession du "pays des 8 grandes îles" qui est alors le pays des dieux.
Aux origines, il existait trois divinités au ciel : Ame no minaka nushi, Takami-musubi et Kami-musubi qui ont eu beaucoup d'enfants, dont le couple Izanagi et Izanami, qui ont créé les fleuves, les montagnes, les îles et les Kami. En donnant naissance au dieu du feu, Izanami se brûle, est tuée par cet enfant naissant et doit partir pour les enfers. Pour se purifier des traitements subits aux enfers, elle fait ses ablutions dans une rivière. C'est alors que naît de son œil gauche Amaterasu, la déesse du soleil, de son œil droit Tsuki-yomi, le dieu de la lune et de son nez Susanoo le dieu de la mer. Izanami partage le monde entre ses trois enfants : la plaine céleste à Amaterasu, le royaume de la nuit à Tsuki-yomi et la plaine marine à Susanoo. Nigini, le petit fils d'Amaterasu, descend sur terre pour régner et rencontre la fille du dieu de la montagne "belle comme les arbres en fleurs". Il la demande en mariage et le dieu de la montagne accepte. Mais ce dernier envoie en même temps sa fille aînée comparable au rocher éternel et fort laide. Nigini, ne supportant pas sa laideur, la renvoie à son père : la légende indique que c'est pour cette raison, ayant refusé ce symbole de l'éternité, que les empereurs ont une vie brève, semblable à celle des fleurs.
Différents épisodes se succèdent dans le Kojiki, jusqu'à l'avènement du premier empereur humain semi légendaire, Jimmu-Tenno qui aurait vécu selon la tradition au IVème siècle avant J.C.

- Les deuxième et troisième livres sont composés de généalogies des empereurs. C'est le temps de l'histoire qui par la continuité illimitée de la lignée dynastique, assure une sorte d'éternité. On y trouve des anecdotes vivantes et d'un style enjoué et raconte quelques épisodes moraux de la vie des empereurs. Parfois elles sont accompagnées de ballades populaires prises dans le folklore traditionnel. Elles donnent à l'ensemble un accent d'authenticité et favorisent son ancrage dans la communauté.

Un autre ouvrage, le Nihongi ou Nihon Shoki (chronique du Japon) fut écrit en 720. Il rapporte les mêmes mythes que le Kojiki, mais il apporte une place plus importante aux relations avec le continent et parle de la Corée et de la Chine. Il donne souvent plusieurs versions de la même légende, peut être pour exposer les différentes versions que détenaient chacun des clans composant le pays de Yamato, ou par souci d'objectivité. Il comprend aussi des légendes venues d'autres provinces, tirées de chroniques régionales, les Fudoki.

Outre ces deux ouvrages que l'on peut qualifier d'officiel, on dispose, pour se faire une idée du Shintô, d'un très volumineux recueil de poèmes, le Man'Yôshû. L'empereur Junnin ordonna en 760 la réalisation de cet ouvrage regroupant toutes les poésies connues. Ces poésies datant du VIème, VIIème et VIIIème siècles ont des auteurs très divers allant de la cour impériale aux simples paysans. Elles sont toutes empreintes de sentiments très forts envers la nature et évoquent parfois les coutumes du pays, ou invoquent les Kami.

Kojiki

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