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Grimorn Habitué(e) à ces lieux

Sexe:  Inscrit le: 23 Sep 2007 Messages: 115
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Posté le: Dim Sep 21, 2008 12:39 am Sujet du message: Temple et Divination |
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Temple et Divination
On s'accorde à dériver templum de la racine *tem- (gr. temein, lat. temnere) ayant le sens de couper, diviser. D'après H. Usener, templum et temenos viendraient d'un radical *tempes-, qui aurait donné par dérivations parallèles tempus et templum, c'est à dire l'idée de temps engendrée par l'idée de lieu (cf. extemplo, tempestas, etc.).
La façon de percevoir les signes est basée sur la situation et la position de l'objet observé par rapport à l'observateur.
La division de l'espace était donc la première étape que devait opérer l'augure romain. Pour se faire, il devait suivre des règles traditionnelles, afin de créer un temple, c'est-à-dire un espace orienté, limité et divisé.
La théorie du temple telle que nous la connaissons dans les ouvrages antiques semble une invention étrusque. Elle était consignée dans les libri rituales, qui expliquaient la manière de fonder des villes, d'installer un camp, de consacrer autels et sanctuaires, mais aussi de partager les peuples en curies, tribus, centuries, ou d'ordonner des armées, ou encore de diviser la durée en siècles (saecula), laps de temps mesurés par la science divinatoire.
La division de l'espace, suivant les règles hiératiques, s'opère à l'aide du bâton recourbé, ou lituus (qui se retrouve sur certains dieux égyptiens, mais est encore utilisé à notre époque dans le catholicisme…).
Dans la conception classique, l'univers est un vaste temple à trois étages : le temple céleste, le temple terrestre, et le temple souterrain. Ainsi, dans l'enceinte d'un sanctuaire, trouvait-on souvent des autels spécifiques à chacun des étages : autel supérieur (surélevé), autel mitoyen, autel inférieur (souvent un bassin de terre ou un trou dans le sol, voire un puits, comme celui qui était recouvert par la lapis manalis, ou Portail d'Orcus, à Rome).
Pour un rituel augural, le devin étrusque devait d'abord diviser un champ circulaire par deux lignes qui se croisaient à angle droit au-dessus de sa tête. La ligne du méridien s'appelait l'axe, ou pivot (cardo), du temple ; l'autre s'appelait "ligne en dix" (decumanus), parce que son intersection perpendiculaire avec la première figurait le chiffre romain X. Une de ces lignes divisait le temple en parties droite (dextra) et gauche (sinistra) ; l'autre, en parties antérieure (antica) et postérieure (postica).
L'opération s'accompagnait de prières ou formules sacramentelles (precationes augurales). Ces formules étaient adaptées à chaque temple particulier, parce qu'on y mentionnait des éléments locaux de la topographie, signifiant les limites du lieu inauguré. C'est ce qu'on appelait "énoncer les lieux" (effari loca), ou encore "concevoir le temple (concipere templum).
Il est dit qu'un temple doit avoir angulos adfixos ad terram, et l'on voit toujours les devins fixer les points extrêmes des lignes directrices.
Varron (Ling. lat., VII, 8 ) donne la formule utilisée pour l'auguracle du Capitole :
«Que mes temples et lieux réservés soient comme je vais les énoncer correctement avec ma langue. Que ce vieil arbre, quel que soit celui que j'entends désigner par là, termine le temple et lieu réservé sur la gauche. Que ce vieil arbre, quel que soit celui que j'entends désigner par là, termine le temple et lieu réservé sur ma droite. Entre ces points, je limite mon temple par les lignes, par la vue, par la pensée, de la façon la plus exacte qu'il m'est possible.»
L'effet d'une telle formule était de "délivrer" les lieux de toute servitude profane (loca liberata et effata).
Le devoir des augures romains était de maintenir les temples "libérés et définis" ; pour ce faire, ils effectuaient des renouvellements d'inauguration à intervalles déterminés.
Après avoir tracé le temple, l'augure devait constater qu'il y avait silence. Le silence augural est plus que la simple absence de bruit. «Il faut cependant être expert pour reconnaître le silence ; dans le cas des auspices, on appelle ainsi l'absence de tout défaut (vitium). Reconnaître un tel silence est le fait d'un augure achevé.» (Cicéron, Divin., II, XXXIV) Ce silence servait d'une part de garant que tout était en ordre pour commencer, et d'autre part de "table rase" dans certaines pratiques rituelles centrées sur les murmures de la matière ou sur les voix des dieux.
Ensuite, l'auspiciant prononçait la formule qui convenait : d'une part les invocations nécessaires, d'autre part la legum dictio, ou stipulation, qui signifiait les signes attendus et la région dans laquelle ils devaient apparaître.
Il pouvait alors contempler l'espace restreint et divisé qu'il avait devant lui.
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J'espère que ceci pourra être utile à quelques-uns. Peut-être cela permet-il de relier des éléments disparates de magie dite moderne (cercles, temples, autels).
p.s.: il est important de savoir, lorsqu'on pratique ce genre de rites, qu'on risque de se faire grignoter par Desdémone. |
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Ar Karv Du ~*Modérateur*~

Sexe:  Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 694 Localisation: Mälm
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Posté le: Dim Sep 21, 2008 1:57 am Sujet du message: |
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Merci c'est tout simplement passionnant  _________________ Que sait de la nuit celui qui est endormi ?
Il se fait tard, je me souviens, j'attend l'étoile du matin |
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Grimorn Habitué(e) à ces lieux

Sexe:  Inscrit le: 23 Sep 2007 Messages: 115
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Posté le: Dim Sep 21, 2008 5:28 pm Sujet du message: |
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